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«Maladresse éducative» et comportements inadaptés soulignés au procès Max de Guibert
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«Maladresse éducative» et comportements inadaptés soulignés au procès Max de Guibert

Un article rédigé par Auberi Maitrot - RCF Sarthe,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Les auditions des victimes se poursuivent devant le Tribunal correctionnel du Mans. Le Père Max de Guibert est mise en examen pour agressions sexuelles sur 9 jeunes garçons.

Christian a la quarantaine, en costume bleu, il se présente à la barre émue. La voix tremblante il raconte un après-midi au presbytère de Mamers. Le Père Max de Guibert lui demande de prendre une douche avant une séance photo. Il réalise un « travail d’étude » sur les évolutions à la puberté. Pendant cette douche Christian décrit des attouchements. S'en suit une séance photos où le jeune homme de 14 ans pose nue. Le curé reconnaît les clichés pris dans une salle de bain pour je cite « mettre à jour des diapos sur l’évolution des caractères secondaire des enfants à la puberté. »  Il indique à la cour que cela entre dans le cadre d’une formation CLER pour devenir conseiller conjugal et formateur à la vie. Le prêtre semble se perdre dans ses explications, il ne sait pas quoi répondre lorsque la Présidente lui dit « Vous conviendrez que photographier des enfants nus dans un presbytère c’est étrange? » Y’a-t-il eu une ou plusieurs séances photos? Les débats s’attardent sur des détails de date. La défense cherche à savoir comment la victime a pu continuer à faire des activités avec le curé après avoir subi une agression. Christian explique que le Père de Guibert était « plus qu’un simple prêtre c’est comme un second père mais il m’a volé ma nudité. » Son frère aussi fait partie des victimes mais il n’a pas souhaité venir témoigner.
 

«Une maladresse éducative»
 

Hervé s'avance. Son récit est clair et son débit rapide. Il y'a 26 ans, un mercredi après-midi dans le collège Saint-Paul de Mamers, le curé fait du soutien scolaire avec la victime. L’adolescent n’a pas fait ses exercices de mathématiques. Les deux hommes se rendent la chambre de l’internat. Le prêtre demande plusieurs fois au jeune homme de se déshabiller. Il lui fait retirer son caleçon et exige qu’il s’allonge sur le ventre. Le P. Max de Guibert lui inflige trois fessées en lui faisant la morale sur sa scolarité. Des « maladresses éducatives » répond le prêtre. Maitre Stefan Squillaci s’emporte quand la cour s’interroge « sur le déshabillage répété des victimes aux moments des sévices». Pour Hervé.S « la satisfaction dans le regard du Père Max» ne laisse pas place au doute, « c'est à la fois violence et sexuelle». 
 

Une agression reconnue a demi-mots mais une faiblesse de la part de l'eglise

La cinquième victime n’est pas présente. En 1995 le fils du sous-préfet de Mamers est en confession avec le P.Max de Guibert. Il affirme que le prêtre glisse sa main dans son pantalon, l’oblige à se dévêtir avant de lui imposer des attouchements. Le jeune homme raconte rapidement les faits à sa famille qui alerte l’évêché. Max de Guibert a reconnu les faits devant Mgr Gilson, évêque de l’époque, qui choisit de ne pas informer Rome. La cour souligne une « faiblesse » de la part du Diocèse à cette époque. Ensuite le prêtre est déplacé de Mamers à Bonnétable où il prend la tête de la paroisse. Une procédure est lancée en 2008 auprès du Vatican en lien avec la congrégation de la doctrine de la foi. Mgr Le Saux poursuit l'instruction de ce dossier. Max de Guibert est ensuite déplacé vers la Pastorale de la Santé. A partir de 2011, Max de Guibert n'a plus le droit d'officier auprès de mineurs. Il est ensuite déplacé vers la Pastorale de la Santé et avant d'être nommé en 2014 à la tête des paroisses de Parigné-L’êveque et du Grand Lucé. Malgré les consignes de prudence de l’Église, le curé continue d’assister à des camps scouts jusqu’en 2015.

 

 
 

 

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