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Irène Frain "La fille à histoires"
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Irène Frain "La fille à histoires"

Un article rédigé par Anne-Marie VERGNON - RCF Saint-Étienne,  -  Modifié le 17 juillet 2023
En quarante-deux chapitres, la romancière livre au lecteur sa vérité, à l’âge où l’enfance décante de toutes ses frayeurs ou autres blessures.

« Comment en suis-je venue à écrire ? Je revois ma mère. Je l'entends. Elle avait un don inouï pour les histoires. C'était sa façon de conjurer la souffrance, la vie difficile. Elle m'a ainsi ouvert ces portes invisibles qui transfigurent le monde et font jaillir l'espoir. Dès ma naissance, pourtant, elle m'avait rejetée. Les circonstances. Et un secret qui faillit me détruire. Pour m'en sortir, je suis devenue sa plus fervente écouteuse. Si bien qu'un jour, dans ses histoires, j'ai voulu "mettre mon grain de sel", comme elle disait. Elle a refusé. M'a interdite d'histoires. Je me suis rebellée. Je me suis inventé des mères de papier, des mondes rien qu'à moi. » (Irène Frain)

Chronique de Jacques PLAINE publiée dans L’Essor

Irène Frain - La fille à histoires – Editions du Seuil – 18 €
 
Irène Frain, agrégée de Lettres Classiques enseigna le latin et la littérature latine à l’université de la Sorbonne nouvelle à Paris de 1975 à 1981. Elle est - depuis sa création en 2002 - membre du Jury de notre Prix « les Soleils de Nucéra ». Auteur du Nabab en 1982 elle a publié depuis plus de 35 romans et biographies, et aujourd’hui son autobiographie.
 « Dix-huit mois avant ma naissance, ma mère est encore une jeunesse. Et trois ans après, elle est vieille, sans qu’aucun deuil, maladie ou accident soit venu bouleverser sa vie…Elle souffrait d’une fatigue qui n’était pas celle des gens fatigués ».
Des photos sont là pour en témoigner, oui sa mère a bien changé depuis le jour où elle l’a mise au monde. Pourquoi ? Allez savoir. Ses parents avaient déjà deux filles et rien ne pouvait expliquer cet étrange comportement. Et pourtant ! Et pourtant la petite Irène en est sûre, sa mère ne se comporte pas avec elle comme avec ses deux sœurs. Oui elle en est certaine sa mère ne l’aime pas. Elle ne l’aime pas au point qu’elle-même à quatre ans voulut changer de mère et que du jour au lendemain elle s’est mise à donner du « maman » à la voisine. Une pauvre femme en mal d’enfant et toute heureuse de l’aubaine.
 Alors ? Alors il faudra attendre pour savoir, attendre la mort de ses parents et ouvrir la valise. Celle en «carton noir et cabossé » que lui avait confiée son père un jour de grand chambardement. Celle qui dormait dans un recoin de grenier et dont la seule vue « lui donnait la chair de poule ». Celle enfin qui contenait la correspondance de guerre de ses parents quand l’un était en Allemagne et l’autre en Bretagne.
 « Comme le tabernacle à l’église, elle me semblait receler un secret effrayant ». Quand elle l’ouvrira, elle comprendra. Une révélation. Tout s’éclaire. Parler ou se taire ? « Je t’interdis d’écrire sur notre famille ! » lui avait lancé sa mère.  Ses quatre frères et sœurs opteront pour le silence. Elle, « la fille à histoire » deviendra le « diable-écrivain ».
 Une recherche éperdue d’amour auprès de celle qui n’avait qu’un défaut celui de ne pas l’aimer et même de la considérer comme une étrangère. Ne répondra-t-elle pas à une amie qui lui téléphonait « Non, je ne peux pas te parler, Irène Frain est là. »

   


 

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