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Ils scannent la cathédrale d'Angers pour en faire un double numérique en 3D
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Ils scannent la cathédrale d'Angers pour en faire un double numérique en 3D

Un article rédigé par RCF Anjou - RCF Anjou,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Depuis lundi, deux géomètres scannent le moindre recoin de la cathédrale d'Angers. Ils vont en faire un double numérique en 3D, dont les mesures précises seront utiles en cas de travaux.
2019 RCF Anjou 2019 RCF Anjou

La cathédrale d’Angers aura bientôt son double numérique en 3D. Depuis lundi 24 juin, deux géomètres scannent le moindre recoin de l’édifice. Il y en a pour deux semaines d’un travail minutieux. A la demande de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), les cinq cathédrales des Pays de la Loire vont être numérisées. Celle d’Angers est la première. Il y en a pour plus de 100 000 euros.

L’objectif est d’obtenir des mesures précises de l’édifice, utiles en cas de travaux de restauration ou de reconstruction. La Drac assure que la décision a été prise bien avant l'incendie de Notre-Dame-de-Paris, qui est aussi passée entre les mains de l'entreprise Art Graphique & Patrimoine, qui est aujourd’hui à l’œuvre à la cathédrale Saint-Maurice.

Des mesures au millimètre près

Casque sur la tête, Benjamin Sadier, géomètre, installe son scanner laser sur un trépied, au centre du chœur. Il appuie sur le bouton, et l’appareil commence à tourner lentement sur lui-même. « Le faisceau laser balaie l’ensemble de la pièce pour acquérir la donnée 3D, explique-t-il. Le scanner prend des mesures au laser sur environ 360°. Cela permet d’avoir un nuage de points, numérique, de l’ensemble du bâtiment, avec une précision d’un millimètre. Y est associé un appareil photo qui permet de coloriser l’ensemble du modèle. »

Chaque relevé numérique dure 4 à 6 minutes selon la taille de la pièce. Il faut en faire en des centaines de points pour avoir une image de toute la cathédrale. « Pour avoir un relevé exhaustif, il faut aller partout, parce que l’appareil ne mesure que ce qu’il voit, explique Benjamin Sadier. Il est comme vous et moi, il ne voit pas à travers les murs, les meubles, les boiseries... donc il faut qu’on ouvre toutes les portes, qu’on monte sur toutes les échelles, qu’on aille sur le toit, dans les combles… Il faut vraiment qu’on aille partout. »

Visiteurs en 3D

Pour aller plus vite, les géomètres font tourner quatre scanners à la fois. « Ah, vous venez d’être mesuré en 3D ! » s’exclame Benjamin Sadier, alors que l’appareil vient de finir son tour. C’est l’une des difficultés de ce travail, dans un lieu ouvert au public. « C’est vrai qu’on est dans une cathédrale qui vit, il y a plusieurs messes par jour, beaucoup de visiteurs aussi, constate le géomètre. En plus, avec la canicule, je pense qu’il y a beaucoup de gens qui en profitent pour venir se mettre au frais. Quand nos appareils de mesure fonctionnent et qu’il y a du public, en fait on relève ces personnes en 3D, et après il faut les enlever dans le modèle numérique. »

Ce modèle est obtenu grâce à un logiciel qui compile tous les relevés 3D. « Pour qu’il puisse les relier entre eux, on installe de petites sphères blanches en plusieurs points de l’édifice, montre Benjamin Sadier, en pointant l'une de ces sphères, perchée sur un balcon. Elles apparaissent dans le champ des relevés photographiques et servent ainsi de référentiels spatiaux. »

Des fresques du XIIIème siècle

Le clone numérique de la cathédrale d’Angers devrait être prêt d’ici à quelques semaines. Son objectif est double : « D’une part, il peut servir, dans le cadre de travaux, à établir des plans, avoir un ensemble d’éléments pour poser un diagnostic. D’autre part, il y a une fonction de médiation culturelle. Cela permet notamment de pouvoir faire des restitutions virtuelles de l’édifice à telle ou telle époque, etc. »

Au fond du chœur, le géomètre a pu scanner une découverte récente : des fresques du XIIIème siècle, cachées derrière un coffre en bois. « Quand je vois ça, c’est vraiment incroyable, s’extasie-t-il. C’est assez rare, c’est même très rare, de voir des fresques aussi bien conservées. Elles sont belles, il y a les couleurs d’origine, elles ne sont pas du tout passées puisqu’elles ont été à l’abri de la lumière grâce au coffre. On vient travailler pour ça, pour ces moments d’émotion. Ça, pour moi, c’est mon salaire en fait ! » L’image numérique en couleurs de ces fresques pourra servir de base à leur restauration.

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