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Épisode 1 : Au départ des vignes du Médoc

Épisode 1 : Au départ des vignes du Médoc

Un article rédigé par Ness Ladaycia - RCF Bordeaux, le 11 mars 2024  -  Modifié le 26 mars 2024
Boire la Bible dans le bordelais épisode 1 Au départ des vignes du Médoc

Première escale de Marie-Aude Henneresse et ses chroniqueurs dans ce premier épisode de “Boire la Bible dans le bordelais”. Entre eau douce et bain salé, sous les caresses du souffle de l'océan, les châteaux classés et le crissement des graviers : bienvenue au départ des vignes du Médoc !

Vous découvrirez les spécificités de ce terroir viticole girondin sur lequel un édifice religieux, Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, a inspiré une gravure sur plaque de laiton accrochée dans l'église Saint Rémi à Bordeaux.

Nous terminerons par une déambulation devant des mosaïques de cette église, qui nous délivrent un message biblique que son curé nous dévoilera. 

Dans cet épisode mêlant histoire, spiritualité, vignoble et terroir aquitain, l’eau, salvatrice et précieuse, en est le fil conducteur. Un jeu de piste agrémenté de musique.

Marie-Aude Henneresse et le Père Francis Aylies devant les mosaïques de l'église Saint Rémi de Bordeaux. RCF 2023 © Marie-Aude Henneresse et le Père Francis Aylies devant les mosaïques de l'église Saint Rémi de Bordeaux. RCF 2023 ©

LE TERROIR 

Nous commençons l’excursion avec la découverte du terroir viticole médocain. L’œnologue et ingénieur agronome Franck Dubourdieu nous parle de cette terre et son vin qu’il analyse pendant cette première partie de cinq minutes.

Aussi grand que la Bourgogne, le territoire médocain borde l’Océan Atlantique en côtoyant l'estuaire de la Gironde depuis Bordeaux. Ces terres sont voisines de l’emblématique Garonne qui se fraie un chemin entre les cépages bordelais, avant de se jeter dans les eaux salines et vivaces de l’Atlantique. De nombreux châteaux, grandioses, font remarquablement partie du paysage incrusté de réserves naturelles et d’éminents ceps faisant la fierté et le bonheur régional.

Carte vinicole du pays girondin, Wikimédia ©

Le cabernet sauvignon gouverne sur les terres médocaines. Ce cépage noir, associé à d'autres cépages, offre des grands crus reconnus mondialement. “Le plus grand vin du médoc connu remonte à la fin du XVIIᵉ siècle” nous explique Franck Dubourdieu.

Le célèbre vignoble portant fièrement l'appellation de Médoc se déploie sur une bande de terre de 80 kilomètres de long pour trois kilomètres de large. Cette bande de terre est, exprime Franck Dubourdieu, “une succession de croupes et de dépressions. Croupe, c'est une élévation du sol qui amène, qui va amener la plante au-dessus de la nappe. La dépression, c'est le fond du jalle. Elle va couler l'eau, et les croupes vont s'essorer dans ce qu'on appelle les jalles, qui se jettent dans la Garonne”. Une jalle est le nom donné au cours d’eau qui sillonne les terres médocaines.

Rangs de vignes et grappes, Pixabay ©

“La vigne, pour l'agriculture, la culture en général, il lui faut souffrir (pour croître)” Franck Dubourdieu.

 

Ce sol chéri par les viticulteurs et les amateurs de vins, porteur de cépages aimés, c’est les dépôts de graves qui en assurent l'épanouissement. “Le sol, globalement, est constitué dans les croupes par des dépôts de graves, c'est-à-dire de silice, de cailloux” poursuit notre œnologue. C'est cette matière, la grave, qui est l'élément favorable pour la vigne, parce que la vigne n'a pas besoin d'argile”, car, comme il l'exprime poétiquement, la vigne, “pour l'agriculture, la culture, il lui faut souffrir”, afin de croître, et donner des fruits.

LA GRAVURE

Deuxième halte de notre périple, au-delà des vignes, toujours dans le ravissant Médoc, sur la commune de Soulac-sur-Mer. Nichée à quelque 100 kilomètres de Bordeaux, dans un panorama longeant sept kilomètres de plages de sable fin, se dresse la basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres. 

Façade de la basilique de Soulac-sur-Mer, Wikimédia.

C’est Frédéric Clanet, graveur, dans les cinq prochaines minutes, qui nous la présente. “Quand nous revenons de la plage, nous marchons tout droit, et, si les portes sont ouvertes, nous rentrons avec le soleil couchant dans la nef”, détaille l’artisan sur son passage à Soulac-sur-Mer.

Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, enracinée dans les limites du vignoble, est représentée sur une gravure qu’il a réalisée dans l'église Saint Rémi de Bordeaux. C’est ici que nos deux chroniqueurs s'arrêtent pour l’observer. Plusieurs piliers sont ornés de ces gravures en laiton qui balisent “un petit chemin lumineux le long de la nef”, nous dit Frédéric Clanet. Ces plaques sont “un travail artistique, avec une vocation décorative et évocatrice”

 

Sur la gravure de Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, des vagues fluides s’étendent de part et d’autre de la plaque, jusqu'à son presque sommet, où trône dignement la basilique. Elle rayonne, divinement. 

Gravure de Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres, Frédéric Clanet, RCF 2023 ©

Au centre, couvert par les flots, une masse informe, creuse et immatérielle s’étire, tentant de rejoindre le rivage dominé par Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres. “Je voulais créer cette chose, qui est une ombre, sous les océans, ne pouvant pas franchir la surface, parce que l'Église est là pour la maintenir, dans les abysses”, poursuit-il.

Cette gravure radieuse, “fait partie d'un ensemble de petites œuvres placées comme des ex-voto sur les piliers de l'église Saint Rémi”, commente-t-il.

Chacune des plaques témoigne du travail de la vigne et du vin effectué par les moines du XIe et XIIe siècles. Elles représentent un élément architectural et historique implanté sur les terres pourpres girondines empruntées par Marie-Aude Henneresse et ses chroniqueurs tout au long de ce podcast.

LES MOSAÏQUES ET LA THEMATIQUE

La joyeuse balade se poursuit dans l’église Saint Rémi avec le Père Francis Aylies, curé de cette église. L’eau, source de vie, s’expose sur les deux mosaïques présentées dans la deuxième partie de cet épisode. Chacune représente une partie du cycle de l'Ancien ou du Nouveau Testament. Ici, l’eau est le fil conducteur qui guide nos pas vers des paroles bibliques, dans un cheminement spirituel.

Mosaïque "Les Coupes de Seder", église Saint Rémi de Bordeaux, RCF 2023 ©©

Au centre de l’une d’elle, des fragments nuancés de bleus attirent l'œil : c’est la mer Rouge qui s’ouvre. A gauche, sur cette mosaïque, des pyramides se dressent, un fouet s’agite au-dessus d’un esclave. A droite, quatre coupes, remplies de vin, sont accompagnées par cinq personnages dans une ambiance festive. 

C’est la mosaïque intitulée “Les coupes de Seder”, qui évoque le moment de célébration de Pessah durant la Pâque.

“Le Seigneur a ouvert la mer et nous avons pu traverser, passer la mer, pour trouver un lieu de liberté". Père Francis Aylies.

 

Quatre coupes, pour les quatre verbes du chapitre 6 de l’Exode : “Je vais vous faire sortir,  vous délivrer, vous racheter et faire de vous mon peuple”, dit le Père Francis Aylies, reprenant le texte du pentateuque. “Cette présence de la mer Rouge qui s'écarte pour laisser traverser le peuple, poursuit-il, est vraiment le récit le plus important dans la foi hébraïque. Et évidemment dans notre foi chrétienne. Dieu ne nous laisse jamais tomber. L'eau représente comme un lieu où il n'y a pas de chemin, mais en ouvrant l'eau, il y a un chemin qui se fait”.

Le Père Francis Aylies précise les aspects spirituels et symboliques de la mosaïque en détail dans l’audio dès la onzième minute de ce podcast. Au passage, il nous rappelle le respect que nous devons consacrer à l’eau, cette force pure à préserver, car, “se préoccuper de l'eau, c'est une urgence, parce que le désert avance”. 

Un clin d'œil musical est à retrouver à ce moment dans l'épisode. 

Océan et vagues

Passons à la seconde mosaïque. Deux arbres se dressent. Sur la gauche, des petits cercles rouges forment trois grappes de raisins soutenues par les ceps. Un personnage se tient debout, au-dessus de la vigne. Il brandit frénétiquement une hache sur l’arbre planté au milieu de la mosaïque. 

Au pied de cet arbre, qui est un figuier, un autre personnage figure. Vêtu d’une tunique d’un orange flamboyant, il l’arrose. Le contraste est frappant entre celui qui tente de porter un coup au figuier, et, le personnage orange abreuvant les racines du figuier.

À droite de la mosaïque, se trouve le deuxième arbre : c’est le même figuier, portant du fruit, un an plus tard. 

Elle décrit la parabole de Jésus, du figuier stérile, écrite en Luc chapitre 13. 

Mosaïque "Le figuier sec", église Saint Rémi de Bordeaux, RCF 2023 ©

Le propriétaire d’un terrain demande à un vigneron de couper un figuier, ne portant pas de fruit, qui prend racine sur son domaine. Le vigneron, lui répond : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” (Luc 13, 6-9).

“Merveille d'une parabole, déclare le Père Francis Aylies. Elle exprime la confiance dans la possibilité de changer, d'avoir à un moment donné une vie un peu sèche. Et puis, notre vie peut devenir remplie de fruits. Un an après. Tout ça, c'est grâce à un travail.” Comme le vigneron arrosant le pied du figuier, nous sommes amenés à entretenir notre vie spirituelle, à la nourrir de la parole de Dieu, de Dieu, et de sa grâce. Car, nous sommes chacun porteur de doux fruits qui prennent naissance au fil du temps. 

Les explications approfondies du Père Aylies sur la mosaïque du figuier sec et la parabole se trouvent à partir de la vingtième minute de l’épisode.

 

Omniprésente dans la Bible et sur la planète, l'eau est une précieuse alliée pour la vie. Elle imprègne nos terres, nous abreuve, nous imbibe de force et de grâce pour que chacun puisse croître et donner du bon fruit. La garder pure est un enjeu pour chacun de nous et la planète. Nous avons besoin de préserver cette ressource pour vivre…. et mûrir, tel un bon vin ! 

Marie-Aude Henneresse et le Père Francis à l'église Saint Rémi de Bordeaux, RCF 2023 ©

Étape suivante du voyage : l’Entre-Deux-Mers ! Un article vous attend pour le second épisode de "Boire la Bible dans le bordelais". Marie-Aude Henneresse, Franck Dubourdieu, Frédéric Clanet et le Père Francis Aylies poursuivent l’aventure avec nous. Les grappes de raisins seront le fil conducteur de cette excursion viticole du terroir bordelais. À écouter sans modération.

J'en profite pour rappeler à nos lecteurs que les mosaïques sont à retrouver en photos et en explications détaillées sur le site Saint Rémi. MOSAIQUES | Saint Remi 4 (saint-remi-de-la-vigne.com)

 


BONUS : LES COULISSES DE LA CRÉATION DU PODCAST 

Pour chacun des articles, retrouvez un bonus inédit sur la réalisation de ce podcast, que nous confie Marie-Aude Henneresse.

 

Pourquoi ce titre ? “C’est à prendre au sens propre et au sens figuré. En visite à Saint Rémi à Bordeaux, nous allons parler de raisins, de vin et des œuvres d’art qui font référence à ce que la vigne nous dit de la Bible. Mais “boire” la Bible, c’est aussi au sens de “croire des mots, savourer des messages qui se trouvent dans la Bible” ; c’est comparer la parole de Dieu à un nectar précieux qui fait vivre, revigore, redonne des forces. 

C’est enfin un peu provocateur, car c'est “encourager à boire” ces boissons-là, celles qui font la richesse du bordelais et aussi, surtout, celle qui jaillit de la source divine. 

Dieu nous parle à travers le Beau et le Bon. La vigne nous évoque aussi bien du vin produit dans nos terroirs bordelais, qu'elle peut inspirer des artistes, nous ramener à des moments de l’histoire de notre département, et même, être reliée à des passages de la Bible.”

 

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