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Poesie Russe 3/5
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Poesie Russe 3/5

Un article rédigé par Odile HOW SHING KOY - RCF Saint-Étienne, le 22 novembre 2017  -  Modifié le 28 février 2024

Vladimir Maïakovski – 1893-1930 est un poète, dramaturge et futuriste soviétique;il devient rapidement un des meneurs du mouvement futuriste, nouvelle poésie qui révolutionne les codes.
 Le 14 avril 1930 , le poète harassé, qui par défi jouait aussi à la roulette russe, se tire une balle dans le cœur.
Odile HOW SHING KOY a choisi de vous lire un extrait d’un poème
écrit en 1920, tiré de l’anthologie poétique 1915-1930
150 000 000 (extrait)
«  Voix humaines,
                        voix de bêtes,
                                               cris de rivières,
chantons vos louanges dans les cieux.
Chantez tous et écoutezle requiem solennel de l’univers.
Vous, venus de jadis
affamés au long d’années,
annonçant la nouvelle du paradis d’aujourd’hui, 
vous,
qui aux millénaires avez donné 
à chanter,
              à boire,
                         à manger.
Vous, femmes,
nées pour porter écharpes
d’hermine,
vous parant le corps de hardes,
tombées à demi mortes
en attendant le pain
au long de queues sans fin.Vous,
légions de gosses aux lésions osseuses,
hordes de jeunes tordues par le jeûne,
ceux qui ont vécu jusqu’à l’âge,
et ceux
qui n’ont pas vécu jusque-là.
Vous,
        les bêtes,
                      saillant des côtes,
oubliant l’avoine mangée par les hommes,
travaillant, traînant quelqu’un ou quelque chose
jusqu’à ce que les coups à jamais vous assomment.
Vous,
fusillés sur les barricades de l’esprit,
pour que les jours d’aujourd’hui se chantent,
qui captiez l’avenir d’une ouïe inassouvie
peintres,
             chanteurs
                            et chantres.
À vous qui,
au milieu de vapeurs et fumées,
avec votre vie tenant à un fil,
parmi le fer rouillé et les pignons grinçants,
travailliez quand même, 
à l’ouvrage quand même.

À vous les paroles des gloires immortelles,
qui ne fanent jamais, chaque année fleurissant,
gloire à vous qui êtes nos martyrs,
millions d’Ivan vivants,
                                  Ivan de briques1
                                                         et autres Ivan ! »
La parade universelle se dispersait sans heurts, — 
les malheurs d’autrefois n’émeuvent pas les âmes. 
Les années
avaient
orchestré le chagrin dans le calme,
et l’avaient lancé comme un chant dans les airs.
L’écho des voix bourdonne encore
qui parlent des morts
de regrets étemels.

Et déjà
les gens
par les artères lustrées
prolongeaient la minute épanouie de gaieté.
Et vas-y, roule, sur un air d’ovation,
fleuris, terre, moissonne et sème.
Elle est pour toi
la sanglante Iliade des révolutions.
Ces années de disette sont ton Odyssée.
 

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