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Jean-Noël Blanc "Des opéras de lumière"
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Jean-Noël Blanc "Des opéras de lumière"

Un article rédigé par Anne-Marie VERGNON - RCF Saint-Étienne, le 11 mars 2017  -  Modifié le 28 février 2024

« Deux hommes, deux vies. L’un, Ravier, peintre novateur et à l’écart des modes, l’autre, Thiollier, industriel et photographe estimé. Tout les sépare : situation sociale, caractère, et presque 30 ans d’écart en âge. Pourtant une amitié naît, se développe, s’installe. Pourquoi, comment ? La  biographie éclaire mal les mystères de l’existence. Pour comprendre, il faut un roman. »
 

Chronique de Jacques PLAINE publiée dans L’Essor

 
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Malgré une trentaine d’années d’écart, François-Auguste Ravier né à Lyon en 1814, peintre amoureux de la luminosité des paysages, précurseur des impressionnistes et Félix Thiollier, né à Saint-Étienne en 1842, industriel, collectionneur et photographe, ont partagé une profonde amitié qu’évoque ici le roman de Jean-Noël Blanc. 
 « Je ne crois pas à la vérité d’une biographie » écrit Jean-Noël Blanc «une biographie déçoit toujours, parce qu’elle ne sait pas laisser vivre les silences, c'est-à-dire les ombres. Elle veut tout éclairer.» C’est donc à travers un roman, où il avoue tricher un peu - tout « en respectant les faits » - qu’il nous fait entrer dans l’intimité de François-Auguste Ravier et de Félix Thiollier. Deux amis que tout - ou presque - oppose mais qui communient ensemble dans les prés et les bois de l’un ou de l’autre, en chassant à la billebaude le lièvre et la perdrix.
 François-Auguste Ravier, allergique aux études de droit mais aussi au commerce de berlingots et de pralines que pratique son père (ancien notaire reconverti dans la limonade), ne rêve que de peinture. La peinture, rien que la peinture, celle de l’ombre et de la lumière, de la nature et des arbres, des sous bois et des ciels. Surtout des ciels. Admirateur de Turner, il se lie d’amitié avec Corot mais foncièrement asocial refuse la vie parisienne, les mondanités, les honneurs.
 Félix Thiollier lui a un père officier. Un père qui a fait Le beau mariage : il a épousé une Testenoire Lafayette. Toute la famille monte à Paris. Quai de Béthune, dans l’île Saint-Louis. Rapidement Félix se lasse de la capitale. Revient à Saint-Étienne et à vingt-deux ans se lance dans les affaires puis à trente-sept, fortune faite, lève le pied et vit de ses rentes. Il se passionne alors pour la photographie, la peinture (même si ses tableaux font sourire Ravier), l’édition et publie son chef d’oeuvre « Le Forez pittoresque et monumental ».
 Formidable et belle amitié d’un artiste visionnaire et d’un collectionneur, un amateur éclairé qui va essayer - sans y parvenir - de sortir un peintre exceptionnel de son « ailleurs ». L’histoire d’un très grand paysagiste qui va s’ingénier à vivre dans sa bulle….et mourir dans l’anonymat. Qui sait aujourd’hui que Ravier était le nom d’un peintre ?

 

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