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La question des parents : cadeaux de Noël, quelles limites fixer ?

La question des parents : cadeaux de Noël, quelles limites fixer ?

Un article rédigé par Vincent Belotti - RCF, le 13 décembre 2023  -  Modifié le 17 décembre 2023
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C'est bientôt Noël et malgré l'inflation, nombreux sont les parents à vouloir faire plaisir à leurs enfants. Mais pourquoi ce besoin de les gâter ? Y-a-t-il des régles à fixer ? Et faut-il encore leur faire croire au Père Noël ? L'éclairage de Marie Costa, coach parental et le témoignage de Laurie-Anne, maman de trois filles.

©Pixabay ©Pixabay

"Moi, pour Noël, j’ai commandé des livres d’aventure. Moi, des figurines et un jeu vidéo. Pour moi, ce sera un ballon de rugby. Et moi, une petite boîte avec un casier spécial pour ranger tous mes secrets !" Des idées, les enfants n’en manquent pas. Mais faut-il satisfaire toutes les "commandes" ? Décryptage au pied du sapin !



Le Père Noël ne connait pas la crise. 124 euros par enfant. Selon une étude Kidexpo menée en septembre dernier, c’est en moyenne ce que les parents ont l’intention de débourser cette année. Un montant en légère baisse par rapport à 2022, mais qui reste conséquent malgré l’inflation. Normal pour Marie Costa : "On a envie de voir l’émerveillement des enfants quand ils ouvrent leurs cadeaux et se dire que je suis un parent aimant et aimé de mes enfants". Une façon aussi pour certains de rattraper les moments d’absence pendant l’année. "Même si la valeur d’un cadeau n’a rien à voir avec la valeur de son amour" estime la coach parental. Pour sa part, Laurie-Anne a choisi de ne pas tout condenser à Noël, en offrant à ses deux jumelles des cartes cadeau à utiliser pendant toute l’année.

Mais comment savoir ce qui fera plaisir ? La liste de Noël permet aux parents d’avoir des idées. Mais c’est aussi moment d’échange. "Les enfants ont évolué, ont d’autres rêves, d’autres envies. C’est un bon moyen de les redécouvrir.", considère Marie Costa. Et d’entamer la discussion si le souhait n’est pas approprié à l’âge. Le cas du fameux portable. "Chaque année, mes jumelles le réclament" déclare Laurie-Anne. "Et pour elles, à 9 ans, c’est encore trop tôt !" D’où l’intérêt d’expliquer pourquoi on ne veut pas ou pourquoi on ne peut pas. "En général, elles comprennent", souligne la maman. Quitte à renouveler la demande l’années suivante !

 

La règle des quatre cadeaux

 L'enfant est-il pourtant toujours maître de ses choix ?  Pas évident, avec l'influence de la pub, des catalogues et aussi des petits camarades. Comment alors discerner ce qui pourra vraiment le satisfaire ? Un repère : la règle de quatre cadeaux, venue d’Angleterre. Le principe, rappelé par Marie Costa : "un premier cadeau de la liste qui fait vraiment envie, un second qui correspond à un besoin, un troisième pour un livre ou une activité à partager et le quatrième qui se portera, comme des chaussures ou un vêtement ." Une formule bien dans l’air du temps, puisque qu’elle permet d’éviter la surconsommation et de faire des économies !

Quatre cadeaux. Mais faut-il pour autant respecter une stricte égalité dans le nombre et les montants versés à chaque enfant ? Non, pour Marie Costa : "C’est quand on commence à faire pareil qu’on compare avec son voisin.". Et il y en aura toujours un pour se sentir lésé ! Mieux vaut respecter les besoins et l’âge de chaque enfant "Ton grand frère a envie d’un vélo cette année. Mais toi, plus tard, pour ton anniversaire, tu auras aussi un gros cadeau." Un équilibre que Laurie Anne maintient pourtant pour ses jumelles. " Le même cadeau à chacune d’elle, à part peut-être une couleur différente." Par contre, aucune restriction pour la petite dernière, ce que ses grandes sœurs acceptent très bien.

 

Le Père Noël, mythe ou réalité ? 

Reste cette éternelle question : faut-il continuer à faire croire au Père Noël ? Magie traditionnelle pour les uns, mensonge commercial pour les autres. Les avis sont partagés. Pour Louis*, 10 ans, "Trahir la confiance d’un enfant, ça ne se fait pas !" Julie*, 8 ans, a vite compris la supercherie en voyant les paquets dans les placards de ses parents. Et les filles de Laurie-Anne ont même éclaté de rire en découvrant la vérité. "Elles ont même trouvé très fort le fait qu’on ait pu garder un secret aussi gros pendant si longtemps !" sourit leur maman. Le conseil de Marie Costa : "Faites votre choix. Mais sachez respecter les croyances des autres." Et de citer cette grand-mère anglaise confiant à sa petite-fille « Plus tard, tu seras toi aussi le Père Noël !" Conclusion de Léo*, très pragmatique : "Père Noël ou parents, peu importe : l’essentiel, c'est qu’il y ait des cadeaux !"

Des cadeaux. Oui. Mais est-ce vraiment la priorité à Noël ? Pas sûr. Pour Marine* 10 ans, ce qui compte le plus, c’est l’ambiance familiale : "On est tous ensemble, on parle et fait des blagues !" Même sentiment pour Victor*, 8 ans: "L’an dernier, il y avait une fondue bourguignonne. Et celui qui perdait son morceau de viande, il avait un gage !"  Une joie que confirme Laurie-Anne pour ses filles : "Elles savent qu’elles vont retrouver leurs cousins, partager des bons moments pendant plusieurs jours , ce qui est bien différent d’un anniversaire." Noël, source aussi d’apprentissages. "C’est l’occasion de gérer une frustration quand on n’a pas tout reçu, renchérit Marie Costa. "D’apprendre aussi la gratitude, à savoir dire merci." En bref, de "vrais cadeaux" qui resteront une fois les paquets déballés ... et oubliés !

* Prénoms d'emprunt

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