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Veaux, vaches, cochons : le mythe de la France rurale
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Veaux, vaches, cochons : le mythe de la France rurale

RCF,  -  Modifié le 7 mars 2018
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Le Salon de l’Agriculture a fermé. Adieu veaux, vaches, cochons. La France est triste, comme un lendemain de fête. Avec les Charolaises, les Montbéliardes et les Normandes, avec ces vaches en transhumance à Paris, on s’était rêvé en habitants d’un pays de Cocagne, où broutent tranquillement les troupeaux, où les arbres verdissent, où les fleurs fleurissent, et où les paysans labourent.

Il y a peu encore, la France était un pays rural, un monde de fermes et d’agriculteurs. Mais les années 1960 marquent la fin du village, la fin de cette France des campagnes. Désormais, c’est la ville qui est en charge du destin national, et les campagnes ne sont plus que des périphéries urbaines. L’uniformisation de la culture, des manières de parler, de s’habiller et de vivre a fait le reste : impossible de nos jours de distinguer réellement les citadins des non-citadins. C’en est définitivement fini du village.

Et pourtant, la France rêve toujours au son des clochers et au rythme des moissons. Et pourtant les Français continuent à faire pousser le bonheur dans les prés. A croire que la vie à la campagne serait comme dépositaire d’un idéal, d’une authenticité, que la vie urbaine n’a pas. En harmonie avec la nature, au diapason des saisons, à l’abri des excès et de tous les artifices de la ville, nous serions plus heureux. Dans une société à taille humaine, où tous se connaissent, où tous se saluent, où l’on n’est jamais seul mais jamais importuné non plus, où le voisin est un camarade : voilà ce que serait le vrai vivre-ensemble.

Tout ça pendant que dure le Salon de l’Agriculture, la France réactive le mythe rousseauiste non pas du bon sauvage mais du villageois heureux. Car rousseauistes nous sommes, et rousseauistes nous resterons.

La France est un pays de citadins qui a la nostalgie de la campagne. Et, à la suite de Rousseau, nous entonnons : « L’extrême inégalité, l’excès de travail, les aliments trop recherchés des riches, la mauvaise nourriture des pauvres, les fatigues, l’épuisement », voilà ce que nous a apporté la ville. Hélas, le Salon de l’Agriculture a fermé. Adieu veaux, vaches, cochons.  

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