"Un plan spécifique, concret, précis" et surtout "financé" pour faire face à la surpopulation du parc pénitentiaire. C'est ce qu'a promis ce lundi (8 août) Manuel Valls, lors d'une visite à la maison d'arrêt de Nîmes, qui détient le record français de surpopulation carcérale. Un plan qui devrait être présenté par le gouvernement cet automne.
Le Premier ministre, accompagné du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, a également relevé la situation "particulièrement critique" de cette maison d'arrêt, qui accueille à l'heure actuelle 406 détenus. Sa capacité théorique étant de 192 places. Mais la situation concerne aussi l'ensemble du parc pénitentiaire français, composé de quelques 188 établissements. Près de 70 000 personnes y sont incarcérées, pour une capacité d'accueil de seulement 58 311 places.
Parmi les pistes avancées par le Premier ministre pour remédier à cette situation, le "réaménagement de plusieurs établissements vétustes, comme La Santé à Paris, en cours de réfection complète", mais aussi "l'ouverture de nouveaux établissements, comme Beauvais ou Valence". Mais, et Manuel Valls l'a précisé, "il reste cependant encore beaucoup de travail à faire":
En juin dernier, Manuel Valls s’était rendu au centre pénitentiaire de Caen et avait annoncé la construction d’une prison de 550 places d’ici 2019.
Mais là où le Premier Ministre annonce un plan financé à moyen-terme, Adeline Azan, la contrôleur général des lieux de privation de liberté, préfère penser au long-terme. Selon elle, l’accroissement du nombre de centres de détention n’est pas la solution pour lutter contre la surpopulation carcérale.
"La prison doit être la dernière des solutions" déclare-t-elle. Si Adeline Azan regrette le recours trop rapide à la prison, elle s'interroge également sur l'utilité des très courtes peines. "Est-ce que cela a un sens de mettre quelqu'un en prison un ou deux mois ?" demande-t-elle, rappelant que ce type de sanction peut avoir des conséquences très lourdes sur la personne incarcérée: perte de son emploi, de son logement et de sa famille. Pour elle, il serait plus judicieux de mettre ces personnes en probation avec un suivi accentué.
Adeline Hazan, contrôleur général des lieux de privation de liberté:
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