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Un camion sillonne les déserts médicaux pour proposer des téléconsultations en ophtalmologie
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Un camion sillonne les déserts médicaux pour proposer des téléconsultations en ophtalmologie

Un article rédigé par Marion Bastit - RCF Anjou,  -  Modifié le 17 décembre 2021

Depuis début novembre 2021, un camion sillonne le Maine-et-Loire pour proposer des téléconsultations en ophtalmologie aux patients des déserts médicaux, avec des médecins du CHU d'Angers. Reportage à Beaufort-en-Vallée.

Dans le camion, une orthoptiste examine les patients, qui auront le diagnostic de l'ophtalmologue du CHU d'Angers en visioconférence. ©RCF Anjou Dans le camion, une orthoptiste examine les patients, qui auront le diagnostic de l'ophtalmologue du CHU d'Angers en visioconférence. ©RCF Anjou

Depuis début novembre 2021, un camion sillonne le Maine-et-Loire pour proposer des téléconsultations en ophtalmologie. Objectif : permettre aux patients des déserts médicaux d’accéder sans délai à une consultation avec un spécialiste du CHU d’Angers.

 

Le camion s’arrête chaque jour de la semaine dans une commune différente. Le mercredi, il se gare sur le parking de l’hôpital de Beaufort-en-Vallée, 7 000 habitants. Mercredi 15 novembre 2021, une vingtaine de patients se sont succédés toute la journée.

 

Tous les mercredis, le camion de l'entreprise TOM stationne sur le parking de l'hôpital de Beaufort-en-Vallée. ©RCF Anjou

 

A l’intérieur du camion, l’orthoptiste Anaïs Gourlaouen reçoit Rébecca, 18 ans. « On va commencer par faire des photos du fond de vos yeux, lui explique-t-elle. Vous allez regarder œil par œil dans l’appareil, comme si vous regardiez dans un trou de serrure. »

 

Six mois d'attente pour voir un ophtalmo

 

« Vous ne les portez plus, vos lunettes ? » lui demande l’orthoptiste. « Là je les ai perdues, confie Rébecca, et je voudrais passer aux lentilles. » D’habitude, la jeune femme est suivie à l’hôpital de Saumur, mais il y a six mois d’attente, alors sa mère Emmanuelle a décidé de l’emmener ici.

 

« Au niveau des délais, c’était quand même plus rapide qu’un ophtalmo classique, et puis on a pris rendez-vous sur Doctolib, c’est très pratique, apprécie-t-elle. On habite à Longué, où le camion vient le mardi, mais ça ne collait pas avec les horaires de Rébecca, donc on est venues ici. »

 

L'ophtalmologue du CHU d'Angers suit tous les examens en direct à distance. ©RCF Anjou

 

Les examens finis, Rébecca arrive au dernier test, celui de la vision de loin, avec des lettres à lire. « R… Z… C… N…B », déchiffre-t-elle en plissant les yeux. « Il n’y a pas de grande différence avec votre ancienne correction », constate l’orthoptiste.

 

Diagnostic en visioconférence

 

« Je vais dire au médecin qu’on a terminé les examens », annonce-t-elle. Quelques secondes plus tard, le visage du Docteur Laurie Mourozeaux, ophtalmologue au CHU d’Angers, apparaît sur l’écran de son ordinateur.

 

« Alors, au niveau de la vue c’est parfait, diagnostique-t-elle. Par contre pour les lentilles, pour une première prescription, il faut faire un examen de la cornée avec des gouttes, et un contrôle après pour voir si tu tolères bien les lentilles, donc il faudrait un rendez-vous en présentiel. »

 

Le Dr Laurie Mourozeaux, ophtalmologue au CHU d'Angers, délivre son diagnostic aux patients en visioconférence. ©RCF Anjou

 

En attendant, Rébecca se voit donc prescrire des lunettes. Elle est quand même contente de cette téléconsultation. « C’est pareil que quand on va à l’hôpital ou autre, ça ne change rien, sauf que c’est plus facile d’avoir un rendez-vous. »

 

C’est pour ça que Nadia est venue de Seiches-sur-le-Loir, à 25 kilomètres de là, plutôt que de patienter pour voir son ophtalmo. « Les délais étaient de huit mois à un an, et j’avais un besoin assez urgent, donc je suis venue ici. J’ai eu mon rendez-vous en une semaine, donc c’est quand même fort agréable. »

 

« L’enjeu, c’est de garantir l’accès aux soins en zone rurale, surtout pour les patients qui ne sont pas mobiles », explique Maximilien Courtois, le directeur de l’entreprise TOM, qui a créé ce camion de téléconsultation début 2019 en région parisienne.

 

Eviter les retards de diagnostic

 

« Il y a des personnes âgées qui attendent un an pour consulter, parce que personne ne peut les conduire en ville, constate-t-il. Or certaines pathologies comme la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge, NDLR) ou le glaucome nécessitent un dépistage précoce. »

 

« Si c’est dépisté assez tôt, ces pathologies peuvent être traitées, souligne-t-il. Mais un retard de diagnostic, c’est une perte de chances pour le patient, car la vision perdue ne peut pas être retrouvée. » S'il s'avère que le patient a besoin d'être opéré, il sera pris en charge au CHU d'Angers, où il pourra retrouver le même ophtalmologue que lors de sa consultation.

 

Le camion de téléconsultation en ophtalmologie s’arrête chaque semaine à Chemillé, Longué-Jumelles, Beaufort-en-Vallée et Doué-la-Fontaine, et une semaine sur deux à Martigné-Briand et à Rochefort-sur-Loire. Un cabinet de téléconsultation fixe est aussi disponible au Pôle santé de Baugé. La prise de rendez-vous se fait sur Doctolib.

Reportages Un camion sillonne l'Anjou pour proposer des téléconsultations en ophtalmologie
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