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Trêve des confiseurs, quelle est l'origine de cette expression ?
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Trêve des confiseurs, quelle est l'origine de cette expression ?

RCF,  -  Modifié le 21 décembre 2018
Chaque jour apprenez-en plus sur les mots avec Jean Pruvost !
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Trêve et confiseur, deux mots, l’un rassurant et inquiétant, la trêve, on y déclare l’arrêt des hostilités, mais c’est hélas parfois provisoire, et l’autre joyeux avec les confiseurs qui font penser à quelques ravissements du palais. Deux mots d’origine bien différente que nous allons donc passer à l’étamine.

Il s’agit d’une locution, enregistrée dans nos dictionnaires, définie comme, et je cite le Petit Robert, l’ "arrêt de l’activité politique, diplomatique, pendant les fêtes de Noël, du nouvel an", c’est une extension de l’usage du mot trêve en tant qu’ "interruption dans une lutte quelconque". Cette expression apparue au XXe siècle, se rattache à ce qui relève du moment des fêtes où doivent régner les confiseurs, gages de cadeaux et de douceurs, en devant faire oublier provisoirement les hostilités. Évidemment, si c’est durable, c’est encore mieux.

D’où vient le mot trêve ? En rien du latin, mais d’une langue germanique, le francique que parlaient nos ancêtres les Francs, où on retrouve le mot treuwa désignant un contrait, un traité. On le retrouve ainsi emprunté en français sous la forme trive au XIIe siècle puis sous la forme actuelle, trêve, au début du XIIIe siècle.  La définition  en est offerte sans difficulté par l’abbé Furetière en son Dictionnaire universel publié en 1690 : "Suspension d’armes, cessation d’hostilités entre deux partis ennemis" avec des exemples rassurants : "On fait souvent des trêves pour parvenir à la paix". Ou encore : "Les Trèves de longues années tiennent lieu de paix entre des Princes dont on ne peut terminer les différents". On le dit aussi, précise Furetière, "des disputes & procès". Inquiétant cependant, ce propos de Guez de Balzac : « On dit de l’Université, que c’est un pays où il n’y a ni paix ni trêve ». Mais heureusement, la trêve se dit aussi en matière de douleurs : « Sa goutte luy a donné quelque trêve dans la belle saison. » C’est bien venu à Noël !

Utilisons la formule ancienne "Trêve de raillerie ou Trève de plaisanterie" , pour dire, insiste Furetière, "Ne parlons point de ces choses-là". D’ailleurs les cruciverbistes proposent bien des définitions pour le mot trêve avec celle- ci qui va mettre tout le monde d’accord : "spécialité de confiseur" et "coupe feu". y compris celui de la goutte. Excellente trêve des confiseurs à tous !  

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