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Stéphane Jacquot: "en France, il faut que la peine soit visible"
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Stéphane Jacquot: "en France, il faut que la peine soit visible"

Un article rédigé par Antoine Bellier - RCF,  -  Modifié le 30 octobre 2018
Stéphane Jacquot plaide pour une nouvelle justice. Diverses propositions qu’il détaille dans un essai intitulé « Pardonner l’irréparable » (éd. Salvator).
Fanny Cohen-Moreau RCF Fanny Cohen-Moreau RCF

Après avoir conseillé Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sur les questions de justice durant leurs campagnes présidentielles respectives, Stéphane Jacquot s’est tourné vers Emmanuel Macron. Il est aujourd’hui le fondateur de l’Association Nationale de la Justice Réparatrice, et l’auteur d’un essai intitulé « Pardonner l’irréparable » (éd. Salvator).
 

La justice a ses limites

"La justice et le travail judiciaire ont leurs limites. Après un délit ou un crime, il y a un jugement. Après ce jugement, hélas, il y a une limite. Il y a d’un côté le détenu qui exécute une peine. Et la victime qui se retrouve seule. La justice réparatrice, c’est une justice qui répond aux victimes qui ont souvent besoin d’avoir une réponse pour se reconstruire, qui est la question du passage à l’acte. Cette justice est peu développée en France mais elle a pris une forme officielle dans la loi de 2014, la loi dite Taubira" explique Stéphane Jacquot, ancien conseiller Les Républicains sur les questions de justice, fondateur de l’Association Nationale de la Justice Réparatrice.

"On pourrait imaginer aller plus loin dans la réparation des victimes. Cette justice réparatrice peut prendre plusieurs formes : une rencontre entre un auteur et une victime, un échange de courrier. Je pense que l’on pourrait demander à l’auteur, après sa condamnation, ou pendant l’exécution de sa peine, d’écrire un courrier qui serait annexé dans son dossier pénal à l’intention de sa victime, ou de la famille de sa victime, qui serait une forme d’acte de reconnaissance de sa victime" ajoute le fondateur de l'Association Nationale de la Justice Réparatrice.
 

Repenser le rôle de la peine

Une manière pour Stéphane Jacquot de s’éloigner des trop nombreux enjeux durant les procès. "Il y a d’un côté la défense qui fait en sorte que la personne qui sera condamnée le soit le moins possible. C’est parfois un peu faussé. Et en France, malheureusement, la victime n’est pas reconnue comme telle. Ce genre de concept permet de mieux reconnaître la victime" lance-t-il également.

Aujourd’hui, cette justice réparatrice  n’est pas vraiment populaire. "Il y a un gros travail de promotion à faire. Mais il y a un gros travail à faire sur le rôle de la peine. Pour nos citoyens, hélas, s’il n’y a pas une peine de prison, il n’y a pas d’exécution des peines. On voit bien la difficulté de faire exécuter un travail d’intérêt général. Il faut que la peine soit visible. Et là où il y a un changement culturel à faire, c’est que l’on puisse donner un véritable statut aux peines hors les murs. La solution n’est pas de construire des places de prison supplémentaires, mais de se dire qu’il y a en prison des personnes qui n’ont pas leur place" estime-t-il.

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