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SNCF: le Premier ministre a dévoilé les axes de sa réforme
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SNCF: le Premier ministre a dévoilé les axes de sa réforme

Un article rédigé par Pauline de Torsiac - RCF,  -  Modifié le 27 février 2018
Le Premier ministre a dévoilé lundi 26 février dernier la stratégie qu'il va utiliser pour mener la réforme de la SNCF. Un chantier explosif auquel vient de s’atteler le gouvernement.

Cette réforme a été inspirée en partie des recommandations du rapport remis la semaine dernière par Jean-Cyril Spinetta. Ouverture à la concurrence, changement de statut de la SNCF ou encore stratégie de desserte ferroviaire, l’ancien PDG d’Air France suggère au gouvernement plusieurs pistes pour moderniser le système ferroviaire.

Une chose est sûre, il s’agit d’une réforme orchestrée sur un terrain miné que le gouvernement entend bien mener tambour battant. La réforme de la SNCF est sur les rails et le gouvernement n’a pas l’intention de perdre du temps, comme l'a rappellé lundi 26 février dernier le Premier ministre. 
 

Les ordonnances, une déclaration de guerre pour les cheminots

Pour ne pas perdre de temps le gouvernement aura finalement recours aux ordonnances, une méthode expérimentée pour réformer le Code du travail. De quoi faire grincer des dents les syndicats qui y voient un manque de concertation. Pourtant, pour Edouard Philippe, les ordonnances ne sont pas incompatibles avec le dialogue.

Il n'en reste pas moins que pour les organisations syndicales, c'est une véritable déclaration de guerre que vient d'effectuer l'exécutif. Pour les syndicats, le gouvernement franchit une première ligne rouge en faisant le choix du recours aux ordonnances.  Il y a donc un désaccord sur la méthode mais aussi un désaccord sur le fond. L’autre ligne rouge franchie par le gouvernement selon les syndicats, porte sur la  question du statut des cheminots.
 

Mettre fin au statut de cheminot pour alléger la facture de la SNCF

Edouard Philippe l’a confirmé, le statut à vie des cheminots et bien c’est terminé. Si les anciens cheminots garderont ce statut les petits nouveaux n’en bénéficieront pas. Rappelons qu’aujourd’hui, 92 % des 150 000 salariés de la SNCF possèdent ce statut qui leur assure la garantie de l’emploi, un régime de sécurité sociale et de retraites spécifique. Un régime plus avantageux qu’un salarié lambda. Alors forcément, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Des réformes qui ont pour but notamment d'alléger la dette énorme de la compagnie ferroviaire. Cette dernière se chiffre aujourd'hui à près de 50 milliards d'euros. Edouard Philippe a d'ailleurs annoncé que l'Etat "prendrait sa part de responsabilité" sans en préciser les détails. Compte tenu des contraintes budgétaires, rien ne paraît cependant envisageable avant la fin du quinquennat.
 

Les syndicats préparent la riposte

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, la CFDT, la CGT, l'Unsa et SUD-Rail ont prévu de se réunir mardi 27 février pour préparer la riposte. La CFDT-Cheminots ne veut pas attendre la grève du 22 mars pour "réagir" à la "provocation" du gouvernement. Elle proposera aujourd’hui aux trois autres syndicats  de lancer un appel à la grève reconductible à partir du 12 mars. Ce jour-là, la direction de la SNCF fêtera les 80 ans de la compagnie. Tout un symbole.

Sur la question du statut de l'entreprise, Edouard Philippe écarte l'idée du rapport Spinetta de transformer la SNCF en société anonyme. Par contre, comme le suggère  l'ancien patron d'Air France, Matignon compte transformer le statut de l'entreprise, en "société nationale à capitaux publics". Un changement qui ne cache pas une privatisation de la SNCF a assuré le Premier ministre.

Pas de suppression des petites lignes

Quant aux élus locaux, ils s’inquiétaient du sort des petites lignes vouées à disparaître comme le laissait entendre le rapport Spinetta. Sur ce point, les élus sont rassurés. Le gouvernement ne supprimera pas les petites lignes comme le préconisait le rapport Spinetta. On ne décide pas la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables a ainsi déclaré Edouard Philippe.  Dans bien des territoires, le rail est au cœur de la stratégie des régions pour le développement des mobilités a ajouté le Premier ministre.

La concertation portera, tout au long du mois de mars, sur l'ouverture à la concurrence sur les TGV et les TER, d'ici à 2019. Autour de la table  les régions, les syndicats, les usagers et les entreprises. A partir de mi-mars, une nouvelle série de discussions démarrera avec "les représentants de toutes les entreprises ferroviaires et les organisations syndicales".

En question notamment l'organisation de "la nouvelle SNCF". Et puis le dossier sensible du recrutement au statut pour les cheminots sera au centre d'une troisième série de discussions lancées à partir de début avril. "L'échéance" de cet arrêt du recrutement au statut de cheminot devrait être déterminée.

La SNCF devra ensuite présenter, "avant l'été", "un projet stratégique d'entreprise" dans lequel seront garanties à la fois une meilleure qualité de service pour les usagers de transports, et une gestion plus efficace et un nouveau contrat social avec les cheminots. 

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