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Sida: l'épidémie n'est toujours pas maîtrisée
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Sida: l'épidémie n'est toujours pas maîtrisée

RCF,  -  Modifié le 1 décembre 2017
Membre du Conseil National du Sida, le docteur Gilles Raguin fait le point sur le VIH qui continue à faire des milliers de victimes alors la mobilisation semble s'essoufler.
2017 CNS- Gilles Raguin déplore le manque d'intérêt général pour l'épidémie du sida qui continue pourtant de progresser 2017 CNS- Gilles Raguin déplore le manque d'intérêt général pour l'épidémie du sida qui continue pourtant de progresser

Il fait partie des médecins français qui ont vu émerger le sida dans les années 1980. Le docteur Gilles Raguin a exercé aussi bien à l’hôpital Saint Antoine de Paris qu’au sein d’ONGs pour soigner les malades infectés. Il a également travaillé au sein d'institutions publiques et d'organisations internationales mobilisées dans la lutte contre le Sida.  Il est actuellement membre du Conseil national du sida (CNS) et du Conseil d’Administration du Sidaction. A l'occasion de la ​Journée mondiale de la lutte contre le sida, il fait le point sur l'épidémie dans le monde en 2017.

 

L'épidémie continue à progresser

Si dans le monde environ 38 millions de personnes sont porteuses du sida, les progrès pour lutter contre le VIH ont avancé en trente ans. Désormais, la durée de vie d’une personne affectée par le VIH est la même qu’une personne non atteinte, pourvu qu’elle ait débuté son traitement à temps "C'est la très grande bonne nouvelle, affirme le Dr Gilles Raguin avant de tempérer toutefois, l’épidémie de sida n’est pas maitrisée et continue à progresser."

Le CNS recense "une nouvelle affection toutes les 7 secondes". En commun accord avec d'autres pays, la France a établi un objectif d'ici 2020:  "optimiser le taux de dépistage de l'infection VIH et celui de l'efficacité de sa prise en charge". Or, relève le Dr Raguin, "actuellement, seulement la moitié des personnes infectées prend un traitement". 

 

Manque de mobilisation et de moyens

La raison? "Il y a moins d’argent sur la table pour atteindre les objectifs de baisse de l'épidémie, explique-t-il. Le sida n’est plus le seul enjeu de santé public, et doit partager avec d'autres grandes causes nationales, comme le cancer."

 

"Il y a moins d'argent sur la table pour atteindre les objectifs de baisse de l'épidémie"

 

De fait, les campagnes de sensibilisation de lutte contre le Sida ne rencontrent plus l'intérêt dont elles ont pu bénéficier il y a quelques années encore. "On n'est pas loin du but de contrôler l’épidémie. Il ne faudrait pas que l’engagement politique pour dépister et déstigmatiser la maladie disparaisse."

 

L’accès aux soins reste la grande difficultés pour les malades africains

Autre obstacle pour arrêter l'épidémie : l'accès au soin. Parmi les populations les plus touchées par le virus, les deux tiers sont en Afrique. C'est aussi le continent où les défis sanitaires et de pauvreté sont les plus grands. "En Afrique se trouvent la moitié des séropositifs de la planète, estime le Dr Raguin. Mais les sytèmes de santé sont en mauvais état dans beaucoup de pays."

 

"On a les outils qui sont disponibles, encore faut-il que les gens qui en ont besoin puissent y accéder"

 

En parallèle des centres de traitement, toute la difficulté consiste donc à monter un sytème d'accès aux transports jusqu'aux centres de distribution, et de gérer les ruptures de stock.

 

Les populations les plus touchées

En France, on recense 6000 nouvelles infections chaque année. Même dans un pays où le système de santé est envié dans le monde entier, le Dr Raguin constate que "la situation n’est pas parfaite." Et de pointer du doigt les dépistages tardifs qui augmentent les risques de contaminations, notamment chez les personnes de 50 ans et plus.

 

"Plus on est pauvre, plus on risque d'être infecté"

 

Dans les grandes villes si la population homosexuelle reste très touchée, les pauvres et les migrants sont des cibles privilégiées du virus. "En France, 50%  des migrants  originaires d’Afrique subsaharienne et porteurs du VIH ont été contaminés en France". Le département français le plus touché reste la Guyane, "territoire vaste qui souffre d'un mauvais système de santé", déplore le Dr Raguin. Ailleurs, l'Asie centrale et l'Europe de l'Est comportent de nombreuses victimes en raison des trafics de drogue. 
 

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