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Pour faire vivre la ruralité, Jean-François Leroux mise sur l'excellence
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Pour faire vivre la ruralité, Jean-François Leroux mise sur l'excellence

RCF,  -  Modifié le 24 février 2017
A l'occasion de seconde journée spéciale "Territoires de Fraternité", à Troyes, RCF reçoit Jean-François Leroux, écrivain et historien, très engagé dans la valorisation du patrimoine local.

L'excellence est fondamentale

RCF a lancé vendredi sa seconde journée spéciale "Territoires de Fraternité". Quatre journées au total, pour proposer des clés de réflexion pour faire un choix éclairé, avant les prochaines élections présidentielles. Après Brest le 3 février dernier, RCF  passe toute la journée de ce vendredi à Troyes, autour de cette thématique "quel avenir pour les territoires ruraux ?"

A cette occasion, Thomas Pasquier, de RCF Aube-Haute Marne, a reçu Jean-François Leroux, écrivain et historien. Ancien maire de Bar-sur-Aube, entre 2001 et 2008, il est le fondateur et président de l'association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux. Jean-François Ledoux a passé sa vie entre Clairvaux et Bar-sur-Aube, afin de défendre la valorisation du patrimoine local.

Jean-François Leroux est un acteur engagé pour la survie du territoire local. Il est un témoin privilégié du déclin de ce territoire, représentatif du monde rural en France. Mais pour faire vivre les campagnes dans les prochaines années, il ne manque pas d’idées. "L’excellence est vraisemblablement un élément fondamental pour survivre. Qu’il s’agisse du domaine agricole, industriel, touristique. La ruralité a une certaine chance. La plupart des habitants deviennent des urbains et la nostalgie de la ruralité est une vraie opportunité dans les zones rurales. Mais faut-il encore y découvrir des lieux d’excellence. Comme à Clairvaux par exemple" explique-t-il.

 

"Les maires se défoncent pour leur territoire"

Pour redynamiser les territoires ruraux, il faudra compter à la fois sur les habitants, et sur leurs élus. "On ne peut rien faire sans les habitants. Cela dit, ce n’est pas suffisant. Les habitants des zones rurales ne pourront aboutir que s’ils sont aidés. Encore faut-il ne pas aider n’importe comment. Les élus peuvent aider, le mécénat, les associations. Il n’en reste pas moins vrai que c’est une politique d’aménagement rural encouragée par le pouvoir local. Les maires qui en général adorent leur territoire se défoncent pour ces derniers. Ils ont une bonne reconnaissance des populations. Mais il faut que l‘Etat et les ministères viennent aider les élus locaux et les initiatives locales à être professionnelles, pour tirer vers l’excellence" ajoute l’ancien maire de Bar-sur-Aube.

Pour ce spécialiste de la ruralité, "il faut revenir à des politiques du territoire rural, telles que le Moyen-Age les connaissait. Ce sont des politiques extraordinairement structurées, pensées, fabriquées par un pouvoir qui n’hésitait pas à organiser les choses pour que le territoire vive dans sa plénitude" . De là à créer un ministère de la ruralité. "La ruralité est présente dans tous les ministères. Mais la coordination des ministères sur la ruralité serait peut-être meilleure s’il y avait un organisme, voire un ministère qui encadrerait cela" précise-t-il.

 

L'égalité entre les populations rurales et urbaines

"Dans les zones rurales négligées par les flux modernes, moins il y a d’habitants, plus ils sont intéressants" a un jour écrit Jean-François Leroux. "Je faisais allusion à une réflexion de Claude Levi-Strauss, qui avait une maison en Haute-Marne, et qui avait un jour eu une réflexion sur l’adéquation qui doit exister entre le niveau de population et un territoire. On ne peut pas imaginer que du jour au lendemain, on injecte dans des territoires des populations nouvelles pour combler les villages et les maisons vides. Il y a une vraie politique d’aménagement du territoire à mener" relate Jean-François Leroux.

Pour ce dernier, "il faut accepter que la majorité de la population mondiale soit urbaine, et que la population rurale soit moins importante. Sans pour autant mettre de côté l’égalité dont doivent bénéficier les populations rurales, notamment sur l’accès aux soins etc. S’il n’y a pas de services d’urgence dans la ruralité, cela veut dire que les ruraux ne sont pas égaux. Même chose pour le réseau Internet."

 

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