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Police: Les syndicats attendent la mise en œuvre des annonces de Bernard Cazeneuve
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Police: Les syndicats attendent la mise en œuvre des annonces de Bernard Cazeneuve

RCF,  -  Modifié le 27 octobre 2016
Luc Poignant, membre du syndicat Unité police SGP-FO, donne son point de vue sur les annonces du ministère de l'Intérieur et le mouvement de colère des policiers dans la rue depuis 10 jours.
Police crédit Rama Police crédit Rama

Après plus de 10 jours de mobilisation policière, les syndicats ont été reçus mercredi 26 octobre par le président François Hollande. Après l'entrevue, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé des moyens supplémentaires pour l'achat de matériel. Certaines tâches indues vont aussi être supprimées pour les policiers. Le gouvernement devrait engager une réflexion sur les règles de légitime défense. L'Etat promet également une aggravation des peines pour les outrages à agent.

250 millions pour l'équipement

Luc Poignant, membre du syndicat Unité police SGP-FO, reçoit favorablement l'annonce des 250 millions d'euros promis par Bernard Cazeneuve. Le ministre de l'Intérieur débloque la somme pour rénover les locaux et acheter du matériel. Le ministère envisage d'acheter de nouveaux véhicules, des gilets pare-balle, un nouvel armement et de faire des travaux dans certains commissariats.

Mais pour le syndicaliste, la mesure ne répond qu'à une partie des revendications. "Le pan managérial a été oublié", indique-t-il. "Rien ne va changer concernant la pression de la hiérarchie ou la politique du chiffre et pourtant, cela ne coûte rien", peste-t-il. La politique du chiffre rapporte plusieurs milliers d'euros aux chefs d'après Luc Poignant. "Pourtant, les missions ciblées n'ont souvent rien à voir avec le caractère sécuritaire que la police doit apporter aux citoyens", explique-t-il. 

La légitime défense en débat

La question des règles de légitime défense a été soulevée pendant les manifestations policières. Pour Luc Poignant, "il faut que les magistrats aient l'obligation de prendre en compte la situation si un agent fait usage de son arme. Ils doivent juger le cas en fonction de la globalité de l'environnement", presse le syndicaliste. Il poursuit : "aujourd'hui, l'application du texte par les magistrats pose problème."

Luc Poignant s'interroge aussi sur la formation des policiers.  "Il faut peut-être modifier les axes de formation. L'utilisation de l'arme est souvent qualifiée de dangereuse administrativement", détaille-t-il. "Psychologiquement, il ne faut pas que les policiers aient peur de se servir de leur arme. Il faut qu'ils puissent l'utiliser pour se défendre avant d'être blessé", ajoute-t-il. Le ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas se montre pour l'instant réticent à changer les règles de légitime défense.  

"Une jonction entre la rue et les syndicats"

Le syndicaliste se félicite par contre des annonces sur la fin de certaines tâches indues. "Une bonne nouvelle" selon Luc Poignant si les déclarations du ministre "se manifestent très vite". Les gardes statiques de policiers devant les préfectures ou les tribunaux vont être supprimées et remplacées par de la vidéo-surveillance ou des effectifs privés. 

Le ministère de l'Intérieur va aussi aligner juridiquement les outrages à agents de la force publique sur celui des magistrats. Les prévenus encourront donc un an de prison et 15 000 euros d'amende. Mais Luc Poignant ne sait pas si les mesures vont clamer la grogne dans la rue. "Les syndicats n'ont pas la mainmise sur le mouvement", explique-t-il. Il espère en revanche qu'une "jonction" se fasse entre la colère de la rue et les organisations syndicales.

"On en est arrivé là parce que les syndicats, accusés de noircir le tableau, n'ont pas été écouté pendant des années", indique Luc Poignant. Il réfute toute politisation des, ou du moins, de son syndicats. "Aujourd'hui, on est dans une situation difficile mais la négociation ne peut se faire sans les organisations syndicales", conclue-t-il. 

 

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