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Parole, un mot d'une grande force !
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Parole, un mot d'une grande force !

RCF,  -  Modifié le 3 janvier 2019
Chaque jour Jean Pruvost vous propose un mot en lien avec l'actualité.
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Parole, voilà un mot d’une grande force, qui peut être léger ou profond, au singulier ou au pluriel avec des sens différents, c’est un mot qui mérite une belle radiographie. De la parole du Christ à la parole donnée, de la chanson célèbre de Dalida, "paroles, paroles", au pluriel, à "ma parole", il y a bien des étapes distinctes.

Au tout départ, il y a le grec parabolê, qui signifiant comparaison, par juxtaposition, et qui du coup a pris aussi le sens moderne de parabole. En passant en latin parabola a supplanté le mot verbum et cela dans l’ensemble des langues romanes grâce à sa fréquence d’emploi dans la langue religieuse. Il désignait tout discours grave, et donc par extension la parole. Il faut avoir en tête cependant qu’en grec, on retrouvait dans parabolê, le verbe ballein, lancer, jeter. En somme mettre en avant par la parole.

C’est à la fin du XIe siècle que le mot parole entre en français en tant que moyen d’exprimer la pensée par le langage articulé. On disait par exemple qu’on mettait à parole quelqu’un, c’est-à-dire qu’on le faisait "parler". À la même époque la parole a aussi été considérée comme le langage oral en tant qu’élocution plus ou moins bonne. On disait ainsi que quelqu’un pouvait s’exprimer à pleine parole, voulant dire à haute voix.

Et dès le début du XVIIe on évoque l’ "art de la parole", entendons l’éloquence. Dès 1165, était aussi enregistré le fait de donner sa parole, faire une promesse, d’où croire sur parole. Et toujours à la même époque, avec encore un autre sens de ce mot décidément riche de sens distincts selon les contextes, la parole représenta "une pensée remarquable" et bien sûr un peu plus tard, en fonction de ceux qui en abusaient, ce fut aussi synonymes de "phrases creuses".

Heureusement, la "parole de Dieu" comme la "parole religieuse" ne s’est pas érodée. Dieu y veille lit-on chez Furetière en 1690. "Dieu a dit, écrit Furetière à l’article parole, ; qu’on luy rendra compte de chaque parole oiseuse". Et j’aime assez un autre exemple donné par Furetière : "On lâche souvent une parole qu’on voudroit bien après retenir". Et ajoute-t-il, "On dit hyperboliquement, j’expliuqerai cela en trois paroles". Aujourd’hui on dirait : "en trois mots". Bon, nos amis verbicrcistes disent que la parole, c’est "le vêtement de la pensée". Alors habillons-nous bien, en fonction de la saison. Bien couvert en ce moment !   
 

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