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Nancy : un village d'enfants pour les orphelins de la police
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Nancy : un village d'enfants pour les orphelins de la police

Un article rédigé par Magali Santulli - RCF Lorraine Nancy, le 1 août 2022  -  Modifié le 1 août 2022

Née de la volonté de soutenir les familles de policiers endeuillées, Orphéopolis accompagne près de 3 000 orphelins, de l’enfance jusqu'à l’entrée dans la vie active, en leur apportant un soutien financier, matériel et psychologique. Cela se traduit notamment par la mise en place de villages d'enfants, dans lesquels les jeunes pensionnaires sont accompagnés dans leur deuil et retrouvent un équilibre de vie.  

 

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Orphéopolis, orphelinat mutualiste de la police, est une institution fondée par trois policiers en 1921. Depuis cent ans, sa mission reste la même :  accompagner les familles endeuillées de policiers et soutenir les orphelins déstabilisés par la perte de leur(s) parent(s). “Orphéopolis accompagne près de 3 000 orphelins, de l’enfance jusqu'à l’entrée dans la vie active, en leur apportant un soutien financier, matériel et psychologique, explique Stéphane Boutelière, président d’Orphéopolis. Cet accompagnement se traduit tout d'abord par une intervention, dès le décès, auprès de la famille, avec une photographie de la situation et des mesures immédiates à prendre, notamment la mise en place d’un suivi pour l’orphelin."

 

Faciliter la reconstruction 

Ce suivi se déroule de deux manières, selon le besoin de l’enfant. “Nous privilégions autant que possible un accompagnement auprès du parent restant, avec toute la palette d’aide matérielle et financière dont nous disposons, ainsi qu’une présence régulière d’un policier accompagnateur social, détaille Stéphane Boutelière. Nous avons sept accompagnateurs en France et 680 policiers correspondants bénévoles dans tous les services et directions de la police”. Dans le cadre de cette veille sociale, les accompagnateurs identifient parfois des situations nécessitant une prise en charge de l’enfant dans l’un des centres d’accueil, appelé village d’enfants. Le but : aider les orphelins à surmonter la période de deuil et retrouver un équilibre de vie.

 

Retrouver un équilibre

Il existe aujourd’hui trois villages d’enfants en France permettant de prendre en charge à 100% des orphelins : un village à Agde, un autre à Bourges et un à Nancy qui a ouvert en 2009. “La présence de l'enfant dans l’un de nos villages se déroule sur du plus ou moins long terme, selon la décision du parent restant ou de la famille. Car nous pensons que cela peut permettre une reconstruction plus facile”, poursuit Stéphane Boutelière. Ces villages sont financés par les fonds propres de la police, mais aussi par des dons. “Ce type de prise en charge va permettre à un enfant plus touché, qui a subi un plus grand traumatisme - et pour lequel il y a besoin d’un soutien psychologique et d’un encadrement pédagogique et éducatif plus important -, une reconstruction plus rapide. Dans ce projet pédagogique et éducatif, on retrouve plusieurs volets : prise en charge du deuil, santé, scolarité et socialisation.  

 

La vie au village de Nancy

Le village d’enfants de Nancy est une enceinte fermée dans laquelle se trouvent quatre maisons. “Chaque unité de vie peut accueillir jusqu’à neuf enfants en respectant leur âge et en gardant les fratries ensemble. Dans chaque maison, on retrouve une équipe pédagogique et éducative composée d'éducateurs spécialisés et d'assistants de vie”. Le village est aussi composé d’un bloc de direction avec une salle commune dans laquelle les jeunes peuvent passer des moments conviviaux ensemble. “Une petite vie s’installe, un peu à l’image d’une vie traditionnelle familiale”. Les jeunes sont scolarisés, font du sport ou profitent d’activités culturelles à l’extérieur du village. Ils sont actuellement au nombre de 24 à Nancy, majoritairement des adolescents et préadolescents. 

 

Préparer la vie de futur adulte 

Dès leur arrivée au village, les jeunes sont encouragés à être autonomes, afin de préparer leur vie du futur adulte. Lorsque les jeunes quittent le village, leur suivi ne s'arrête pas. S’ils sont majeurs au moment de leur départ, nous les aidons à s’insérer dans la vie active. Nous les accompagnons par exemple pour l’obtention de leur permis de conduire, leur création d’entreprise, etc. S’ils continuent leurs études, nous cherchons pour eux des solutions d'hébergement”. A Nancy, deux maisons au sein du village sont réservées à ceux qui suivent un parcours universitaire. “Nous possédons également trente-et-un studios étudiants sur l’ensemble de la France, et nous sommes sur un programme d'acquisition pour doubler cette capacité d’accueil”. 

 

22 V'la les flics !

Stéphane Boutelière est formel : les villages d’enfants apportent des résultats très positifs. “Les trois villages à Agde, Bourges et Nancy répondent actuellement aux besoins d'Orphéopolis. Mais nous avons un projet d’ouverture d’un quatrième village en stand by, dans le nord de la France, et que nous pouvons réveiller s’il le faut”. En attendant, Orphéopolis a collaboré avec les éditions Lajouanie sur la parution d'un recueil de vingt-deux nouvelles écrites par vingt-deux auteurs policiers ou ex-policiers, et préfacé par Olivier Marchal. Les droits d'auteurs seront reversés à l’institution. Des récits intenses avec un fil rouge : l'enfance.

 

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