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Nancy : un « village de l’insertion » pour sortir les sans abris de la rue
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Nancy : un « village de l’insertion » pour sortir les sans abris de la rue

Un article rédigé par Milan Tinnirello - RCF Lorraine Nancy, le 22 janvier 2022  -  Modifié le 22 janvier 2022

   La ville donne leur chance à quinze d’entre eux. Ils habiteront au 24 rue de Crosne, à côté du pont de Malzéville, à Nancy. Une initiative de l’association Accueil et Ré-insertion Sociale de Nancy. Objectif : leur donner un toit, les guider, les ré-insérer dans la société, en trois ans, voire plus si l’opération est renouvelée. 

L’entrepôt, qui va servir de village à quelques personnes sans domicile fixe nancéiennes pendant trois années. ©Milan Tinnirello / RCF L’entrepôt, qui va servir de village à quelques personnes sans domicile fixe nancéiennes pendant trois années. ©Milan Tinnirello / RCF

-3 degrés dehors. Souvent de la pluie, ou de la neige. Les doigts gelés, le bout du nez rouge. L’hiver est rude en Lorraine. À Nancy, difficile de trouver un abri au chaud dehors, pour ceux qui vivent à la rue. Si, il y a bien l’ancienne Maison du Vélo, reconvertie en accueil de nuit. Mais y dormir, c’est aussi le risque de se faire voler ses affaires par les autres sans abris. Certains préfèrent donc oublier. C’est vers ceux-ci que l’Accueil et Ré-insertion Sociale a décidé de faire un pas. Ceux qui ne prennent plus la peine de venir, qui abandonnent. 

 

   « C’est un lieu de vie à destination des grands marginaux, qui ne recourent pas aux dispositifs sociaux classiques » dit Aline Maitresse, directrice du pôle urgence et territoire de l’ARS, emmitouflée dans son manteau noir. Elle va s’occuper des pensionnaires du petit village de l’insertion, logés dans un entrepôt d’une ancienne industrie, non chauffé. 

 

   Le plus dur va être de les convaincre. « Il y a très peu de sans domicile fixe qu’on ne connaît pas à Nancy » assure Valérie Jurain, présidente du comité exécutif de l’association. « On a en charge le dispositif du 115, un numéro que tout le monde peut faire pour trouver un hébergement d’urgence, on fait aussi des maraudes depuis des années » continue l’enseignante de métier. « On peut voir sur le terrain que certains sont prêts à rentrer dans ce dispositif ». Mais attention, pour en faire partie, il faut respecter certains critères, définis par l’ARS.  « On fait un diagnostic. Il y a des critères, qui nous permettent de dire « cette personne-là, ce serait intéressant de la faire rentrer dans ce village de l’insertion pour que la sortie soit positive » »

 

Huit algecos et deux caravanes

 

  « Ca fait rêver d’habiter en caravane ! » s’exclame Valérie Jurain, dans un sourire. Deux caravanes sont disponibles dans l’entrepôt. Elles pourront abriter quatre pensionnaires en tout. « C’est plus difficile d’y habiter de manière pérenne, donc ça demandera des règles plus strictes » tempère-t-elle. À l’intérieur des caravanes : canapés, sanitaires, lits… De quoi vivre paisiblement dans le village. Les caravanes peuvent même accueillir des couples. 

Dans un algeco, un petit frigo, des toilettes, un lit et une armoire. ©Milan Tinnirello / RCF Dans un algeco, un petit frigo, des toilettes, un lit et une armoire. ©Milan Tinnirello / RCF

  Outre les caravanes, huit blocs blancs, les uns à côté des autres : les algecos. Contrairement aux caravanes, « ce sont des habitats individuels » précise Aline Maitresse. « Quelque part c’est une chambre, avec des sanitaires. On a souhaité garder un aspect semi-collectif dans l’espace de restauration, de cuisine ». Pour manger, rendez-vous dans un plus grand algeco. Un espace de cuisine y est disponible et des tables y sont disposées, pour partager un moment. « Ils pourront aussi amener leurs animaux. C’est très important ! » souligne la responsable. « Chaque espace de vie est chauffé. Mais le hangar de 1500m2 c’est impossible. C’est comme un village. Vous sortez de chez vous (des chambres), vous êtes dehors » explique la directrice, la buée sortant de son masque. L’hiver risque tout de même d’être difficile pour le petit village de quinze habitants… 

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