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L'Europe au menu de l'Assemblée plénière des évêques à Lourdes
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L'Europe au menu de l'Assemblée plénière des évêques à Lourdes

Un article rédigé par Jean-Baptiste Le Roux - RCF,  -  Modifié le 5 novembre 2018
Après avoir abordé les questions de pédophilie dans l'Eglise, les évêques réunis à Lourdes se penchent aujourd'hui sur l'Europe, à la veille des prochaines échéances électorales.
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Les évêques poursuivent leur assemblée plénière d'automne à Lourdes. Après une journée consacrée à la pédophilie dans l'Eglise avec des réunions entre évêques et victimes de prêtres pédophiles, la Conférence des Evêques de France réunie en Assemblée plénière à Lourdes se penche sur les questions européennes.

Quel message vont porter les responsables catholiques concernant le Vieux Continent, à la veille d'échéances électorales importantes, et dans un contexte de défiance vis-à-vis de la construction européenne, et des décisions de Bruxelles ? Pour y voir plus clair, les évêques de France ont invité Enrico Letta, ancien Premier ministre italien, président de l'Institut Jacques Delors et doyen de l'Ecole des affaires internationales de Science Po Paris. Il répond aux questions de Pauline de Torsiac, envoyée spéciale de RCF à Lourdes.
 

Vers des élections européennes clivantes

"L’année 2019 va être très importante. Le Royaume-Uni va sortir. Pour la première fois on va avoir des élections européennes centrées sur l’Europe. La montée des populismes va faire en sorte que l’Europe sera au centre. On aura un changement de majorité au Parlement européen. Il va y avoir pour la première fois le changement de toutes les positions de tête de l’Union européenne. Et l’Allemagne va chercher de prendre le leadership de l’Union européenne" explique Enrico Letta.

"Le scrutin sera clivant car pour la première fois on va discuter de l’avenir de l’Europe. On a l’idée que le Brexit a influencé la vie de l’Union européenne. Il faut que le débat sur les politiques européenne soit un débat sur ces politiques, et non par sur l’existence de l’Europe. Le point essentiel, c’est la place de l’Europe dans le monde" ajoute l'ancien Premier ministre italien.
 

Les Etats membres européens ont fait faillite

Concernant la crise migratoire, Enrico Letta estime que "les États membres européens ont fait faillite, pas les institutions européennes. Ce sont eux qui n’ont pas voulu de donner du pouvoir au niveau central. Ils ont voulu gérer cela en totale souveraineté, et voyez aujourd’hui le désastre. On n’est pas en condition pour avoir une politique migratoire commune. On est tous débordés par le sujet. Il faut un mix entre délégation de pouvoir au niveau central et contrôle au niveau national".

Pourtant, aujourd’hui, certains citoyens se sentent éloignés de l’Europe. "Il y a sûrement un problème institutionnel européen, mais la question clé est que les gens se sentent dépossédés du pouvoir de décider. En Europe, on dit que c’est la faute de Bruxelles.  Mais les supporters de Trump disent la même chose au sujet de la démocratie américaine. Aux Philippines, au Brésil, c’est pareil et pourtant il n’y a pas d’Europe. Il ne faut pas jeter l’Europe avec le rôle de nos démocraties. La vérité c’est que le monde a changé avec le numérique et la globalisation. Toutes les décisions sont prises et on ne sait pas où" estime encore l'homme politique.
 

L'importance du rôle de l'Eglise

Concernant le rôle de l’Église, "on s’attend à un rôle fondamental. L’Église a un rôle social essentiel dans un monde dans lequel on perd le sens. Le sens de la communauté, d’être partie de quelque chose de plus important, tout cela, c’est l’Europe. Les valeurs, l’attention aux droits de l’homme, aux droits du travailleur, aux droits des familles, l’attention liée au fait que dans nos sociétés, le sens des liens est en train de se perdre. Dans ce sens-là, le rôle de l’Église et des évêques est très important" conclut Enrico Letta.

Enrico Letta, ancien Premier ministre italien, président de l'Institut Jacques Delors et doyen de l'Ecole des affaires internationales de Science Po Paris:

 

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