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Les services de secours au bord de l'asphyxie
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Les services de secours au bord de l'asphyxie

Un article rédigé par Jean-Baptiste Le Roux - RCF,  -  Modifié le 31 août 2018
​Deux organisations syndicales des services de secours du Bas-Rhin ont interpellé le Premier ministre dans une lettre ouverte, où elles dénoncent la saturation de leurs services.
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Les syndicats urgentistes sont à bout. Deux organisation syndicales des services de secours du Bas-Rhin ont alerté dans une lettre ouverte adressé au Premier ministre, sur leur situation, proche de la saturation. Elles dénoncent d'un côté la hausse constante des appels, de l'autre, la baisse des moyens humains et matériels, le tout associé aux dysfonctionnements des services.

Au bout de la chaine, ils déplorent également une dégradation générale de la qualité de réponse des services d'urgences. Aussi, pour Cyril Grandpré, président du Syndicat autonome des sapeurs-pompiers professionnels du Bas-Rhin, cette situation place, de fait, la population en danger.
 

Cyril Grandpré, président du Syndicat autonome des sapeurs-pompiers professionnels du Bas-Rhin:


 

"Tout le monde trouve son cas urgent"

"Les gens, quand ils font le 15 ou le 18, tombent sur un opérateur qui les renseigne. S’il y a une urgence vitale, l’opérateur envoie des moyens sur le terrain. S’il n’y a pas d’urgence vitale, l’opérateur des pompiers doit transférer l’appel au médecin urgentiste pour savoir quel sera le moyen le plus adapté. Le problème, c’est que tout le monde trouve que son cas est urgent et important, et tout le monde veut aller à l’hôpital. On n’a plus assez d’ambulances, et on n’arrive plus à couvrir les demandes au secours. Dans le Bas-Rhin, nous avons trois mois d’avance par rapport à 2016 en nombre d’interventions" explique-t-il notamment.

"Il faudrait que l’on arrive à avoir le même langage. Entre les centres d’appels du 15 et du 18, on n’a pas le même langage. Ensuite, que ce soit un opérateur du centre 15, et du centre 18, on doit avoir les mêmes formations, le même cursus professionnel. Enfin, il serait grand temps que l’on arrive à avoir des plateformes communes, que l’on soit dans la même salle, sur le même logiciel. On serait plus efficace. Il faudrait impérativement que le gouvernement prenne ses responsabilités et se rende compte que le service de secours, cela n’a pas de prix" ajoute Cyril Grandpré.
 

CYRIL GRANDPRÉ, PRÉSIDENT DU SYNDICAT AUTONOME DES SAPEURS-POMPIERS PROFESSIONNELS DU BAS-RHIN:


 

"Il faut plus de monde dans les centres d'appels opérationnels"

Ce dernier pointe également du doigt le manque d'information auprès du public, et les différences dans la manière de travailler entre Samu et pompiers. "Il faudrait réinformer le public, expliquer ce qu’est une urgence, expliquer ce que le Samu peut apporter comme soins, ce que les pompiers peuvent apporter comme soins. On n’a pas besoin d’avoir tous des médecins urgentistes qui viennent à notre domicile. Au niveau des personnels, pour faire face à plus d’appels, il nous faut plus de monde dans les centres d'appels opérationnels, que ce soit au centre 15 ou au centre 18" lance le président du Syndicat autonome des sapeurs-pompiers professionnels du Bas-Rhin.

"Il faut savoir que dans le département du Bas-Rhin, on ne travaille pas encore ensemble, et de la même façon. La seule interface qu’il y a entre les deux, c’est le téléphone. Il est grand temps de travailler ensemble, pour être plus efficace. La population, quand elle fait le 15, le 18, ou le 112, elle a besoin d’avoir une réponse opérationnelle rapide et adaptée" conclut Cyril Grandpré.

Une situation inquiétante qui ne concerne pas que le Bas-Rhin. Les syndicats et les profesionnels de l'urgence plaident aussi pour une meilleure information du public pour qu'ils ne saturent pas inutilement les pompiers et au bout de la chaine les urgences des hôpitaux. 

 

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