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L'Eglise et le politique
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L'Eglise et le politique

RCF Anjou,  -  Modifié le 12 octobre 2020
L’Église peut-elle intervenir dans le champ politique ? La question revient régulièrement dans les débats. Depuis la parution de l’encyclique du pape François, dont je parlais à cette antenne lundi dernier, le débat connaît un vif rebondissement.
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Certes la vie chrétienne se nourrit de la messe du dimanche et les activités paroissiales sont nécessaires à la vie de l’Église, mais si on pensait pouvoir s’y cantonner en se donnant bonne conscience, l’interpellation de l’encyclique « Tous frères » peut sonner les cloches. Car l’engagement dans le domaine politique, en tant que citoyen actif, fait partie de notre vocation ; face aux crises de nos sociétés, nous sommes des êtres politiques appelés à prendre position et agir. L’Évangile donne La lumière de Dieu : « vous êtes la lumière du monde », dit Jésus à ses disciples (Mt 5, 14). Cette affirmation éclaire le politique comme service du bien-vivre ensemble auquel chacun doit prendre part. Dans cette définition, on est loin des luttes partisanes auxquelles la politique est réduite trop souvent. Nous en sommes chacun responsable. Dans les faits, la tentation du pouvoir exacerbé ou la soif de domination peuvent sommeiller ou s’exprimer en chacun de nous. Là aussi, nous avons besoin de la lumière de Dieu pour faire le clair.

On entend bien, dès les mots du titre « Tous frères » de l’encyclique, sa raison d’être : l’appel à vivre l’Évangile de Jésus en plein monde. L’encyclique peut inspirer les mots et la mise en œuvre de la belle devise de la République française : « Liberté, égalité, fraternité ». On sait bien que cette noble cause politique est un défi : liberté de prendre des décisions fruits d’un discernement communautaire et éclairé par l’Esprit ; égalité en droit, et aussi dans une juste redistribution des biens, notamment pour ceux qui manquent de quoi vivre en dignité ; fraternité enfin dans nos relations sans laquelle nous ne sommes pas vraiment humains. En vivant ainsi, nous offrons nos mains à l’amour de Dieu vivant dans le monde.

Alors oui, comme le souligne le pape, la fraternité universelle est entravée par certaines tendances du monde actuel, « les ombres d’un monde fermé ». Par exemple ; les rêves et les actions dans le sens d’une Europe unie ont connu, dans les dernières décennies, certain succès évidents, notamment dans le sens de la paix sur notre continent – et les promesses liées à l’Union Européenne sont toujours d’actualité. Mais, globalement, des signes d’un recul sont là, dicté avant tout par des logiques économiques et financières partisanes et à courte vue. Le diagnostic peut être fait tant à l’échelle d’un ensemble de pays qu’au niveau de la Planète toute entière : « tandis qu’est déguisé en rationalité ce qui ne représente que des intérêts particuliers [...} dans cette culture que nous développons, culture vide, obnubilée par des résultats immédiats et démunie de projet commun, « il est prévisible que, face à l’épuisement de certaines ressources, se crée progressivement un scénario favorable à de nouvelles guerres, déguisées en revendications nobles » » (Tous frères, § 17). 

Face à un monde dans laquelle s’affaiblit la dimension communautaire de l’existence et sans projet pour tous, Tous frères ouvre un horizon de sens et d’engagement politique, pour chacun de nous. 

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