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L’Adoration des Bergers, une toile de maître dans l’église du village ?

L’Adoration des Bergers, une toile de maître dans l’église du village ?

Un article rédigé par Jacques de Chauvelin, Melchior Gormand - RCF, le 14 décembre 2022  -  Modifié le 14 décembre 2022
Sacré patrimoine - Agir avec la Sauvegarde de l'Art Français L’Adoration des Bergers, une toile de maître dans l’église du village ?

Jacques de Chauvelin de La sauvegarde de l'art français nous parle d’une œuvre d’art qui a fait débat parmi les historiens de l’art.

© La Sauvegarde de l'Art français © La Sauvegarde de l'Art français

Une sacrée histoire


Il s’agit d’une Adoration des Bergers du XVIIe siècle conservée dans l’Essonne. Ce qui est frappant avec cette œuvre, c’est le contexte un peu inattendu de sa redécouverte : lors d’une visite à l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d’Évry, une historienne de l’art est interloquée par une grande toile conservée un peu à l’écart dans le bras sud du transept. Elle y reconnaît le style de Simon Vouet, premier peintre du roi Louis XIII, et se lance dans un travail de recherche et d’identification de l’œuvre. Elle découvre ainsi un dessin préparatoire, conservé au Fogg Art Museum (Harvard Art Museums), signé du maître et qui préfigure la composition d’ensemble. Grâce à son travail et à celui d’autres historiens de l’art spécialisés, les zones d’ombre autour de la toile se dissipent peu à peu, et l’attribution à l’école de Vouet, sinon au maître, ne fait plus de doute.


Comment cette toile s’est-elle retrouvée dans la petite église d’Evry ?


C’est un mystère mais l’on peut avoir quelques hypothèses : autrefois église paroissiale du village d’Evry, l’église jouxtait le château de Petit-Bourg (aujourd’hui disparu). Il se pourrait que la toile ait été offerte par les châtelains, mais là encore difficile à prouver puisque la ville ne conserve pas de trace du don ou de l’acquisition de l’œuvre. La trace la plus ancienne de la présence de l’Adoration des Bergers dans l’église est une carte postale du XIXe siècle. L’œuvre est également citée comme toile du maître-autel dans une note de l’historien Francis Martin en 1886. C’est un peu court pour remonter plus de 300 ans en arrière, et l’énigme reste sans réponse pour le moment.


Un débat qui a suscité du mécénat en sa faveur


La Sauvegarde de l’Art Français était au rendez-vous puisqu’elle a accordé un mécénat de 12 000€ pour la restauration de la toile tandis que le débat a permis de mieux la mettre en valeur et mieux la faire connaître auprès des habitants de la ville. Ils peuvent depuis quelques mois admirer la composition restaurée : les bergers viennent assister, étonnés et émus, à la présentation par Marie de l’Enfant qui vient de naître. Les attitudes élégantes, les gestes maniérés, la fraîcheur des couleurs sont caractéristiques du peintre, tandis que l’Enfant est représenté en petit blondinet potelé. Des touches de réalisme cru, dans la représentation de la chèvre ou de la musculature des bergers, rappellent par ailleurs les débuts de Vouet sous influence caravagesque. 


Un vrai bijou d’art visible gratuitement


Sachez par ailleurs que la Sauvegarde a permis de restaurer six toiles figurant cette scène de la Nativité, et qu’une souscription vient d’ouvrir pour en sauver une autre, cette fois dans l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris, pour une restaurer une Adoration des Bergers réalisée à la fin du XIXe siècle par le peintre William Bouguereau !

 

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