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La radulaline A, l'herbicide écologique
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La radulaline A, l'herbicide écologique

Un article rédigé par Christian Vadon - RCF,  -  Modifié le 24 juin 2021
3 questions à La radulaline A, l'herbicide écologique
Bastien Nay, membre du CNRS et d'autres chercheurs viennent de découvrir une molécule naturelle qui pourrait, à terme, remplacer les herbicides actuels vivement critiqués.
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Qu’est-ce qu’on entend par radulaline ?

"La radulaline, ou plus précisément dans le cadre de nos recherches c’est la radulaline A, c’est une petite molécule qui est extraite d’une plante en l’occurrence l’hépatique, c’est une mousse végétale. C’est une petite molécule que nous avons obtenu par synthèse chimique et cette obtention nous a permis d’accéder à cette molécule pour la tester sur son activité phytotoxique qui a été découverte sur une plante appelée Arabidopsis thaliana, une plante-modèle."
 

Alors en quoi ses propriétés pourraient remplacer les herbicides de synthèse tels qu’on les utilise actuellement ?

"C’est un peu difficile à dire parce que y’a beaucoup d’herbicides efficaces à l’heure actuelle donc c’est toujours difficile de rivaliser. Comme c’est aussi difficile de rivaliser avec les molécules actuelles qui sont produites en grande quantité par des moyens très efficaces évidemment. Du point de vue de nos activités, par contre ce sont des molécules naturelles, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne soient toxiques ça c’est des choses qu’il faut absolument qu’on teste pour améliorer et développer cette molécule. Mais par contre, ça veut dire qu’on pourrait utiliser des plantes qui l’a contienne pour traiter des parcelles de terre."
 

C’est-à-dire qu’elle pourrait être plus vertueuse que le glyphosate par exemple ?

"À vrai dire, je ne rentrerais pas dans la polémique du glyphosate parce qu’il y a beaucoup de passion autour de ça. Le glyphosate, c’est une molécule très efficace donc comme je vous ai dit, c’est très difficile de rivaliser avec. Maintenant, c’est une molécule alternative, complémentaire qui pourrait peut-être s’adapter à d’autres pratiques."
 

Vous avez déposé un brevet, quels sont les objectifs à terme des travaux que vous allez continuer ?

"C’est un projet qui en est à ses balbutiements, on est à son tout début. On a synthétisé la molécule, on vient de découvrir son activité donc il reste maintenant à la développer et le développement c’est bien évidemment l’étude de sa toxicité, son impact environnemental. Évidemment aussi, une étude sur la toxicité sur l’Homme. Il faut qu’elle soit totalement dépourvue de toxicité. Ensuite, il faut qu’on développe et qu’on étudie l’action de cette molécule pour essayer de comprendre comment elle fonctionne."

"Donc ça c’est ce qui va être réalisé avec mon collègue Emmanuel Beaudoin. C’est l’une des prochaines tâches à venir dans ce projet. Je pense que ça va prendre plusieurs mois mais ça peut durer plusieurs années. D’autant plus que c’est une étude réalisée dans un laboratoire académique et qu’on n’a pas les moyens des industriels bien évidemment."

C’est pourquoi vous communiquez, dès à présent, est-ce que vous n’avez pas peur d’ouvrir des espoirs notamment du côté des écologistes pour supplanter un jour ces herbicides très chimiques ?

"On communique sur la découverte qu’on a faite. Après effectivement, ça ouvre des opportunités. Des espoirs on peut en avoir mais ça dépendra de jusqu’où on pourra aller dans cette entreprise."

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