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La colère du monde agricole, une vocation en péril
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La colère du monde agricole, une vocation en péril

Un article rédigé par Pauline de Torsiac - RCF, le 30 janvier 2024  -  Modifié le 30 janvier 2024
L'actu chrétienne La colère du monde agricole, une vocation en péril

Le mouvement de colère des agriculteurs se poursuit ce lundi 29 janvier 2024. Des blocages sont en cours autour de Paris ainsi que plusieurs grandes villes, comme Lyon. L’Eglise soutient le mouvement mais cela ne fait pas tout. 

©  pokelin amado pixabay © pokelin amado pixabay

Le mouvement de colère des agriculteurs se poursuit ce lundi 29 janvier 2024. Des blocages sont en cours autour de Paris ainsi que plusieurs grandes villes, comme Lyon. L’Eglise soutient le mouvement mais cela ne fait pas tout.

"Ma prière à moi, c'est de prendre soin au quotidien de la terre,  de mes bêtes" Isabelle Alvergnas, agricultrice.


Détresse, colère, les agriculteurs poursuivent leur mobilisation. Ils se sentent méprisés, oubliés : salaires de misère,  hausse des charges, normes administratives toujours plus strictes, les agriculteurs et éleveurs sont à bout. La semaine dernière, ils ont reçu le soutien de l’Eglise catholique. De la Bretagne, à Amiens en passant par Bayeux Lisieux, Chartres ou encore le Languedoc, les évêques défendent la profession dont la mission est vitale. Des déclarations qui ne suffisent plus à remonter le moral d’Isabelle Alvergnas. Avec sa fille et ses deux fils, cette agricultrice chrétienne exploite une ferme familiale dans les Monts du Lyonnais. L’activité principale est la production de lait en agriculture bio et des fromages de vache. "Les évêques et tout le monde prient pour nous mais ça ne suffit pas" regrette Isabelle Alvergnas.

C'est pas à coup de prières qu'on sauve le monde c'est en agissant au quotidien. Ma prière à moi,  c'est de prendre soin au quotidien de la terre,  de mes bêtes. 

On travaille tous les dimanches, parce que le marché c'est le dimanche et que le dimanche il faut être présent pour vendre. Ca  vous coupe de toute la société chrétienne vous ne pouvez plus participer au culte vous êtes coupés socialement on fait comment pour continuer à être dans ce groupe de gens ?"

Le métier d'agriculteur, une vocation 


Et si à 60 ans, Isabelle ne prend pas part au mouvement, elle le soutient depuis son exploitation. Quand elle regarde dans le rétroviseur, elle voit les crises qui se succèdent. Et pour elle, ce sont les paysans qui en font les frais. Si Isabelle résiste et  garde  la foi, c’est parce que son métier d’agricultrice c’est d’abord une vocation. "Si on était raisonnable on arrêterait de travailler sans gagner notre vie ce qui nous tient c'est la passion de notre métier et la mission qu'on s'est donné et qu'on veut mener au bout.

notre mission c'est de prendre soin de la terre qui nous est confié, de prendre soin des animaux qu'on "élève de prendre soin des personnes qui travaillent avec nous et notre mission c'est de nourrir les autres avec soin.  

"Quelque soit les décisions prises on va continuer et les politiques le savent que les paysans sont accrochés et c'est ce qui leur permet de ne pas transformer radicalement le monde."
Dans la Drôme, l’administrateur diocésain, le père Éric Lorinet, exprime la « solidarité » et le « soutien » des églises du département face au mouvement de colère des agriculteurs. Dans un communiqué publié vendredi dernier,  il « encourage » les « diocésains, prêtres, diacres et les fidèles à être à leur écoute, partout sur le territoire. »

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