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La chaleur ambiante de la météo
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La chaleur ambiante de la météo

RCF,  -  Modifié le 18 décembre 2018
Samuel Grzybowski dans son éditorial parle de la chaleur ambiante de la météo.
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Il fait chaud n’est-ce pas pour un mois d’octobre ? Hier dans Paris quelqu’un m’arrête pour me dire  « Vous vous rendez-compte, il y a en fait des effets positifs au changement climatique » en me montrant son Tee shirt. Je lui ai répondu « Oui enfin ça dépend pour qui, je ne suis pas sûr que dans l’Aude il soit d’accord avec vous. »

En constatant la situation je repensais à l’un des grands maîtres du XXème siècle dont on ignore souvent qu’il n’était pas que militant des droits civiques, mais aussi militant pour la justice sociale et climatique. La clairvoyance de Martin Luther King lui faisait dire dans un discours à New York, un an jour pour jour avant sa mort : « Il est grand temps de passer d’une société orientée vers les choses à une société orientée vers les êtres. Si l’on pense que les machines et les ordinateurs, le profit et les droits de propriété sont plus importants que les personnes, alors le trio de géants – racisme, matérialisme et militarisme – est impossible à vaincre.»

Ces trois menaces me font aussi penser aux trois ruptures de lien dont on parle souvent : la rupture du lien à soi, la rupture du lien aux autres, la rupture du lien à la nature. Ces trois ruptures sont en fait les trois seules menaces d’extinction de l’humanité.

La rupture du lien à soi peut provoquer le suicide, un phénomène qui n’a jamais été aussi important dans toute l’histoire qu’aujourd’hui. Le matérialisme dont parle King est cette perte de sens qui nous déconnecte de nous-même et de la raison profonde de notre existence, qu’il faut trouver à l’intérieur de nous et non pas à l’extérieur de nous.

La rupture du lien à la nature provoque le changement climatique et les dérèglements que nous connaissons aujourd’hui. Le capitalisme auquel King s’opposait dans la révolte des éboueurs de Memphis en 1968 avait déjà commencé à dérégler la planète dans les années 1960. À présent, la menace est immensément plus grave. Sans être pessimiste, la crise écologique a atteint des sommets qui exigent déjà de notre génération d’anticiper le chaos dans lequel nous risquons d’être plongés dans les trente prochaines années. La consommation, le rendement, la croissance sont les premiers coupables du bouleversement sans précédent - et possiblement irréversible - auquel nous sommes confrontés.

La rupture du lien aux autres provoque la guerre. Le racisme dont parle King est l’antichambre de la haine, qui prépare le terrain de la violence. C’est à cette rupture-là que j’ai consacrée toutes mes ressources pendant presque dix années. Comme s’il fallait retisser le tissu déchiré du monde. J’ai tissé, tissé et encore tissé et rencontré tant de tisserandes et tisserands en France et dans le monde.
On voit bien comment ces trois ruptures se nourrissent entre elles. Alors aujourd’hui l’urgence et multiple mais la solution unique : changer nos modes de vie et agir ensemble, tous ensemble !

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