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Eric Piolle, candidat à la primaire écologiste
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Eric Piolle, candidat à la primaire écologiste

Un article rédigé par Violaine Rey - RCF Isère,  -  Modifié le 1 juillet 2021
Le maire EELV a annoncé participer à la primaire écologiste de septembre prochain. Une nouvelle attendue qui fait déjà couler beaucoup d'encre.
Une certaine idée de demain Une certaine idée de demain

Une déclaration tombée plus tôt que prévue

À la veille de l'annonce officielle, les bruits de couloirs s'intensifient et sous la pression médiatique, le maire de Grenoble se dévoile et déclare dans son clip de campagne "Je suis Eric Piolle et je vais vous parler d'espoir".
L'espoir de faire naître une écologie politique, l'espoir de convaincre dans son propre camp, l'espoir de séduire une gauche qui se rangerait derrière lui, l'espoir de devenir Président de la République.

S'il voulait attendre la parution (mercredi 30 juin) de son livre "De l'espoir. Pour une République écologique", le secret de la candidature de l'édile grenoblois n'en portait toutefois que le nom.
Depuis des mois, il refusait de se positionner clairement sur la question, laissant planer le doute.
Et depuis des semaines, il parcourait la France, à l'occasion des régionales, pour apporter son soutien aux écologistes engagés dans la bataille. En Auvergne Rhône Alpes, son nom figurait même en bas de la liste de Fabienne Grébert, à titre symbolique.

 

Des ambitions désormais nationales...

Depuis l'officialisation de sa candidature, le maire de Grenoble poursuit son tour de France des médias.
À chaque micro, devant chaque caméra il dit vouloir "remettre du sens dans la vie politique", "déverrouiller l'avenir", marquer un tournant dans l'histoire française en plaçant l'écologie comme thème central d'une nouvelle gouvernance.
L'ancien ingénieur de l'entreprise HP compte profiter de ses diverses expériences pour faire de l'économie la pierre angulaire de son programme, à l'instar du social ou de la solidarité. 
 

... Qui pourraient séduire ?

Avant de se lancer dans la "mère des batailles", Eric Piolle devra convaincre dans son propre camp.
Lors des primaires, du 16 au 19 septembre puis du 25 au 28 septembre, il affrontera Sandrine Rousseau, ex porte parole nationale d'EELV jusqu'en 2016 et Yannick Jadot, le député européen qui a déclaré sa candidature quelques heures après le maire isérois.
En cas de succès, Eric Piolle compte bien faire de l'oeil aux partis de gauche. Une alliance est possible. Il en est convaincu. Il l'a déjà expérimenté à Grenoble où le conseil municipal est constitué d'un "arc humaniste", une coalition PS, France Insoumise, écologistes et mouvements citoyens.

L'autre défi sera donc de convaincre une gauche, qui peine depuis 5 ans à se reconstruire, de se ranger derrière lui pour éviter éparpillement des voix et duels fratricides face à une droite bien installée dans le paysage politique français.
À ce jeu là, sur le papier, le candidat grenoblois a toutes ses chances, les élections régionales l'ont prouvé: face aux maigres résultats de sa liste PS, Najat Vallaud Belkacem avait retiré sa candidature et appelé à voter EELV.
Toutefois l'enjeu est différent et les ententes à échelle nationale ne sont jamais simples, les deux bords de l'échiquier politique l'ont déjà vécu à leurs dépens ces dernières années.
 

"Je suis un meneur, pas un homme providentiel"
                                                             Eric Piolle, 30 juin 2021, Paris

 

À Grenoble, la candidature du chef de file divise

Du côté des habitants, il a les supporters de l'élu local qui le soutiendront dans sa bataille et puis il y a ceux qui, mécontents de sa politique actuelle, ou inquiets de son départ, voit cette candidature d'un mauvais oeil.
Même son de cloche du côté des politiques isérois. Alain Carignon, grand rival grenoblois de l'élection 2020, est rapidement monté au créneau, dénonçant un maire abandonnant son bastion aux profits de combats nationaux.
Ressenti similaire pour Emilie Chalas, elle aussi candidate à la mairie de Grenoble et députée LREM. Les ambitions nationales de l'isérois dénotent à son sens d'une "trajectoire d'un homme politique assez ordinaire [...] assez décevant."

Au sein même de la municipalité le malaise s'installe et une question est sur toutes les lèvres : "Qui pour prendre la suite en cas de victoire aux primaires ?".
Au delà de son rôle de maire, Eric Piolle incarne la figure du rassemblement local, un abandon de poste pourrait sans doute conduire à bien des débats sur la gouvernance du navire en son absence. 
Une problématique d'ores et déjà actuelle, les tours de France du maire ayant laissé la mairie dans un flou qui, dans les couloirs, en fait soupirer certains.
De son côté, Eric Piolle veut clôre le débat et l'affirme "Je suis maire, je le reste". Depuis 2014, il le répète, il ne fera que deux mandats, présidentiable ou non, au nom du renouvellement politique.
 

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