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Environnement: pour Sébastien Bohler, "le cerveau n'est plus adapté à la nouvelle donne"
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Environnement: pour Sébastien Bohler, "le cerveau n'est plus adapté à la nouvelle donne"

RCF,  -  Modifié le 10 février 2020
Surconsommation, addiction, notre cerveau n’est pas écolo et nous pousserait à détruire la planète au nom du plaisir immédiat. C’est la thèse du journaliste Sébastien Bohler.
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Fonte de la calotte glacière, hausse du niveau des océans, augmentation des températures sur la planète. Et si tout cela était dû à notre cerveau ? Est-ce que notre cerveau ne nous pousserait finalement pas à agir comme si de rien n’était ? C’est la théorique que développe Sébastien Bohler, journaliste, rédacteur en chef de la revue "Cerveau et Psycho", docteur en neurosciences, dans son dernier essai, "Le Bug humain" (éd. Robert Laffont).
 

Le résultat de notre intelligence

"On est placé face à nos propres contradictions depuis plusieurs années, face à la prise de conscience de ce qui est en train d’arriver. Malgré tout, on voit que les décisions importantes tardent à être prises. Chaque sommet pour le climat aboutit au même constat : on n’y arrive pas. Individuellement on voit tous que l’on préfère continuer sur nos modes de consommation habituels. Les chiffres en témoignent. C’est assez préoccupant car tout cela est le résultat de l’action de l’être humain. Tout cela est le résultat de notre intelligence" explique-t-il, précisant que l’homme n’aurait pas réussir à produire un tel effet sur l’environnement sans sa capacité à produire des technologies sophistiquées. Premier paradoxe.

Ce paradoxe, va plus loin l’auteur, se niche dans notre cerveau. "Quand on a une contradiction comme celle-là, elle provient d’un défaut dans la structure du cerveau. Les neurosciences permettent aujourd’hui d’ouvrir la boîte noire du cerveau et de regarder comment il fonctionne. Le cerveau est un instrument de puissance, mais tout n’est pas parfait" lance Sébastien Bohler, précisant que le cerveau nous fait osciller entre intelligence, produite par le cortex, et désirs bruts, pulsions, produites par le striatum, qui récompense nos besoins primaires par un shoot de dopamine, l’hormone du plaisir.
 

Education et norme sociale

Résultat des courses, nous mangeons sans limite, nous consommons à tout va, qu’il s’agisse de l’automobile, des technologies high-tech ou du porno. Des mécanismes d’addiction se mettent en route pour satisfaire les pulsions envoyées par le striatum, pour flatter notre ego, nous alimenter en dopamine. "Le cerveau n’est plus adapté à la nouvelle donne. On était une espèce conquérante. Aujourd’hui notre monde est fini" lance-t-il, expliquant néanmoins que le striatum est modelable, et qu’il n’y a pas de fatalité.

D’après Sébastien Bohler, le striatum génère de la dopamine en cas d’assouvissement d’un plaisir personnel. Mais également en cas d’assouvissement d’un geste tourné vers autrui. Pour reconfigurer les circuits du cerveau, il faudra également compter sur la norme sociale, précise le journaliste. "Si tout le monde ne joue pas le jeu, on ne pourra pas reconfigurer les circuits du cerveau. Et les médias sont en première ligne, tout comme les influenceurs, les célébrités et les gouvernants" explique Sébastien Bohler.

Il faut donc croire que parce que l’être humain fonctionne par mimétisme, il a besoin de davantage de modèles, donnant aujourd’hui le bon exemple à suivre. "Le premier levier d’action, c’est l’éducation. On peut tourner une page assez vite en ayant un discours tourné vers les petits, vers l’école. Il faut que du côté des enseignants, des familles, des politiques, il y ait un mouvement d’entraînement" conclut le docteur en neurosciences, même s’il reste sceptique sur la mise en œuvre actuelle de ces nouvelles normes, par les élites.

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