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Du sexisme dans les medias en Maine-et-Loire ? Oui, Messieurs !
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Du sexisme dans les medias en Maine-et-Loire ? Oui, Messieurs !

Un article rédigé par RCF - RCF Anjou,  -  Modifié le 1 mars 2019
Le scandale de la Ligue du LOL libère la parole sur le sexisme qui sévit dans le monde du journalisme. Juliette Cottin,la présidente du Club de la presse en Anjou, témoigne.

Depuis une quinzaine de jours, le scandale de la Ligue du Lol libère la parole sur les comportements sexistes dans le monde du journalisme.Les grands medias parisiens ne sont pas les seuls concernés. Cela existe aussi au sein des rédactions locales de Maine-et-Loire, comme le raconte Juliette Cottin, la présidente du Club de la presse en Anjou.
 

L'humour, une arme redoutable

Cette journaliste indépendante explique comment elle a été victime, à plusieurs reprises, de comportements sexistes de la part de ses collègues journalistes, photographes ou rédacteurs-en-chef. "On y est confronté de manière quotidienne quand on est une femme " explique-t-elle, avant de donner quelques exemples. 

Cela va de petites remarques sur le ton de la plaisanterie, telles que  "aujourd'hui, elle a ses règles, il ne faut pas lui parler", aux commentaires sur sa tenue vestimentaire,  jusqu'aux questions poussées d'un collègue, lors d'un reportage, sur ses pratiques sexuelles: un moment vécu comme "vraiment pas très agréable". 

D'autres femmes lui ont aussi rapporté des expériences similaires. Elle raconte, d'une amie journaliste :  "On lui a demandé si elle savait combien de joueurs il y avait dans une équipe de foot. " Et cela, toujours sur le ton de l'humour, "mais en fait, c'est très condescendant et méprisant", nous dit-elle. 
 

Des formes insidieuses de sexisme

Juliette Cottin dénonce des formes plus insidieuses de sexisme : "Dans les rédactions, on a tendance à attribuer aux journalistes femmes des sujets qui sont dit plus de société comme la santé, l'éducation ou la  culture, alors que la politique, le sport ou l'économie seront reservés aux hommes". 
 

"Sous couvert d'un sexisme "bienveillant",
on réduit les femmes à leur physique, ou à un certain type de sujet"

Pour elle, ces petites remarques "qui paraissent anodines participent finalement à entretenir un système". Bien que la parole des femmes deviennent "de plus en plus libre et entendue" grâce à des mouvements comme  #MeToo, elle dénonce une société patriarcale : "c'est partout et tous le temps". Sous couvert d'un sexisme  "bienveillant", "on réduit les femmes à leur physique ou à un certain type de sujet...". 

D'après elle, cet humour masque "un sexisme endémique, une hiérarchie masculine,  des inégalités salariales, une représentation des femmes dans les médias qui est limitée" : 38 % des journalistes de la presse quotidienne régionale sont des femmes, elles sont 36 % parmi les rédacteurs-en-chef, seulement 26 % pour les chefs de publication. "Tout le reste, ce sont des hommes."
 

En parler ? C'est aider les hommes à sortir d'un système sexiste

Il ne faut pas hésiter à en parler car "sans parole, il n'y aura jamais de conséquences" explique-t-elle, avant d'ajouter qu'il ne faut pas hésiter à se tourner vers des collectifs tels que Prenons la Une. Du côté des médias, "ça peut changer la donne (...) et aider les hommes à se rendre compte de cette domination systémique". Et pourquoi pas... en sortir !

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