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Dimanche, c'est jour de promenade
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Dimanche, c'est jour de promenade

RCF,  -  Modifié le 4 avril 2018
ambadysasi - Pixabay ambadysasi - Pixabay

Il y a quelques semaines, une cheftaine m’a raconté cette anecdote : c’était un dimanche, jour de promenade, jour de sortie en forêt avec les jeannettes et les louveteaux. Une ribambelle d’enfants, avec leurs chemises oranges, qui faisaient un peu de bruit, qui salissaient leurs pantalons et qui se mettaient plein d’oxygène dans les poumons.

Seulement voilà, un grand monsieur, lui aussi habillé en orange, s’est approché et a dit aux enfants : « faut pas rester là ». Oui, il n’avait pas tout à fait la même chemise et, surtout, il portait un fusil. Oh, il a dit cela très poliment, et il est allé rejoindre les autres messieurs en orange qui eux aussi, un peu plus loin, portaient des fusils. C’était embêtant parce que, évidemment, les chefs et les cheftaines avaient préparé leur jeu de piste dans cette parcelle mais vous vous doutez bien qu’ils n’ont pas eu le choix. Ils ont dû partir. Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas eu le choix ? Parce que les adultes habillés en orange avaient des fusils et que les enfants habillés en orange n’en avaient pas.
 
J’aimerais qu’on puisse avoir une journée tranquille par semaine. Une seule. Une journée pendant laquelle on peut aller dans la forêt sans avoir la peur de prendre une balle perdue.

La chasse est un loisir dangereux. Ce n’est pas un problème en soi. Le risque zéro n’existe pas, savoir gérer le risque est quelque chose qui s’apprend. Il y a plus d’accidents mortels dans la pratique de l’alpinisme que dans celle de la chasse, même en proportion des pratiquants. Mais la différence fondamentale, c’est que l’alpiniste ne met pas la vie des autres en danger. Depuis l’ouverture de la saison de chasse 2017-2018, il y a déjà eu trois accidents mortels de non-chasseurs : un promeneur, un enfant de 13 ans accompagnateur de chasse et une femme dans son propre jardin. Et je ne parle là que des accidents mortels. Je ne parle pas des dégâts sur le bétail par exemple.
 
La France est le seul pays d’Europe à ne pas garantir une journée sécurisée par semaine. 7 jours sur 7, pendant toute la période de chasse qui peut durer jusqu’à 9 ou 10 mois - même si c’est bien sûr plus intense en hiver-, on part en forêt avec cette question dans un coin de la tête : « suis-je vraiment en sécurité ici ? »
 
Il faut bien réaliser que, en 2018, en France, un groupe constitué s’accapare, parce qu’il est armé, une partie du domaine public. Evidemment, les chasseurs ne sont pas partout, tous les jours, évidemment que leur volonté n’est pas d’empêcher les autres de profiter de la forêt, mais comme ces autres ne peuvent pas anticiper, comme la nature même de la chasse rend celle-ci mortellement dangereuse, il ne peut pas y avoir de partage équitable.
 
Demander à ce que, le dimanche, jour des familles et des sorties scoutes, on puisse tous profiter de la nature en étant serein, me semble relever du bon sens. Et comme ça, les chasseurs auraient tout loisir ce jour-là de partager aux enfants leurs connaissances et leur apprendre à reconnaître le chant des oiseaux.

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