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Débarquement
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Débarquement

RCF,  -  Modifié le 6 juin 2018
En ce 74e D-day, Jean Pruvost s'intéresse au mot "débarquement".
Pascal Hausherr Pascal Hausherr

"Débarquement", voilà un mot qui évidemment sonne quelque peu militairement et on pourrait dire aussi victorieusement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais en fait on va constater que ce sens précis était déjà présent bien avant le 6 juin 1944. Quant à l’origine du mot, on repère facilement le mot "barque" dans "débarquement" : c’est une première piste…

On pourrait croire que cela signifie "sortir de la barque"… mais en réalité, je vais vous lire ce que dit Littré en 1876, dans la partie réservée à l’étymologie du verbe "débarquer". Il commence par signaler la forme du mot, avec donc le  préfixe - indiquant l’inverse d’une action et bien sûr le mot barque. J’ajouterais juste au passage que ce mot vient de l’italien barica du grec baris, une embarcation égyptienne, et qu’en fait barque n’est entré en français qu’au début du XIVè siècle, pour désigner un petit bateau d’une faible capacité. Force est de constater qu’à la barque n’a pas correspondu un barquement mais un em-barquement. Et c’est là que Littré prend tout son poids en précisant que désembarquer est tombé en désuétude au profit de débarquer. Et Littré de citer Vaugelas déclarant au XVIIe que "Débarquer est plus doux et plus en usage que désembarquer". En fait, il y avait l’embarquement et le désembarquement avant le débarquement. Et dans l’article débarquement, Littré offre en fait, en second, un sens militaire : "Débarquement : Troupes de débarquement, troupes mises à bord des vaisseaux pour être débarquées sur un point et y agir." avec cet exemple : "Une flotte nombreuse, destinée contre Québec et qui portait cinq ou six mille hommes de débarquement entre, l’année suivante, dans le fleuve Saint-Laurent", citation de Raynal, au XVIIIe. En fait on aurait dû dire le désembarquement.

On comprend donc que le mot débarquement est de tonalité militaire depuis un moment. Pas seulement bien sûr, mais dès 1930 existe déjà en effet "le corps, le chaland, la zone, la compagnie de débarquement". Enfin, un exemple de Furetière en 1690 est explicite : "Les ennemis retranchés sur le rivage nous attendoient au débarquement." Alors notre souhait le plus vif c’est qu’il n’y ait plus jamais de débarquement meurtrier… Juste un débarquement de touristes.
 

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