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D'abord "pardonner" puis "pardon" !
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D'abord "pardonner" puis "pardon" !

RCF,  -  Modifié le 8 janvier 2019
Connaissez-vous l'origine du pardon ? Jean Pruvost nous en dit plus !
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On pourrait croire que le verbe pardonner, vient du mot pardon, il n’en est rien, et c’est cela qui est beau, il y a d’abord eu le verbe et du verbe est le mot pardon, c’est un déverbal disent les linguistes. Déverbal à suivre !

Les linguistes nous diraient de "pardonner" que c’est un mot construit, en l’occurrence un verbe latin construit à partir du radical donare, faire don, et du préfixe per. C’est en fait dans un latin assez tardif qu’on retrouve perdonare, au IVe siècle, en précisant tout de suite que donare avait aussi le sens d’offrir une remise, une remise de peine, d’où accorder sa grâce et que le préfixe per, devenu par en français marquait l’accomplissement, la perfection. C’est donc avec le sens d’accorder pleinement sa grâce, que perdonner bientôt pardonner entrait en 980 en français, dans un texte consacré à la Passion, sous la forme perdoner vida, signifiant "faire grâce de la vie" à un condamné à mort.

Au XIIe siècle était attesté le pardon, en tant que la remise, pardon d’un péché, puis le fait d’oublier volontairement une offense, et enfin au milieu du XVIe siècle, par affaiblissement, il fut utilisé comme formule de politesse, « je vous demande pardon ». Ainsi, de laisser la vie à quelqu’un à un synonyme courtois de "excusez-moi", en passant par "juger avec indulgence", tel est l’usage assez varié du mot pardon. Il n’en a pas moins gardé toute sa force lorsqu’il est prononcé solennellement et demandé pour une faute considérée comme grave. En termes religieux, dès le XIIe siècle, il prend le sens d’absolution, « acte de la miséricorde divine qui efface le péché, qui restaure l’homme dans sa relation avec Dieu », écrit précisément l’Académie. Et voici le « pardon des offenses, des péchés » qui en l’occurrence est accordé, par l’entremise du prêtre au cours de la confession.

En Bretagne, depuis 1868, il s’agit ’une fête religieuse, par exemple le Pardon de Sainte-Anne d’Auray. Il y a également le Grand Pardon, la fête juive annuelle, le Yom Kippour, célébrée par le jeûne et la prière. Et puis j’aime particulièrement l’un des pardons évoqués par Furetière e 1690, en tant que « salutation angélique qu’on dit à la Vierge au son de trois petits coups d’une cloche qui sonne le mati, à midi et au soir. Enfin, un peu iconoclaste, vient la définition des verbicrucistes… "Coup d’éponge".

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