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Climat : "Il n'est pas trop tard pour agir. Mais il faut le faire maintenant."
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Climat : "Il n'est pas trop tard pour agir. Mais il faut le faire maintenant."

RCF,  -  Modifié le 7 mai 2019
Dans un rapport publié le 6 mai, le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité tire la sonnette d'alarme, face à l'impact désastreux de la surexploitation de la nature par l'homme.
Illus. Pxsphere Illus. Pxsphere

Un million d'espèces menacées d'extinction, des écosystèmes en sursis... Dans un rapport sans précédent publié le 6 mai le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité tire la sonette d'alarme face à l'impact désastreux de la surexploitation de la nature par l'homme. Le rapport souligne le besoin urgent d'une stratégie pour sauver la nature. Nous avons posé trois questions à Hélène Soubelet, directrice de la fondation pour la recherche sur la biodiversité et secrétaire scientifique du comité français pour l'IPBS. 
 

Alors jusqu'à un million d'espèces seraient à ce jour en danger d'extinction le rapport d'hier créée-t-il le même éléctrochoc que celui du GIEC sur le climat ? 

"Alors je pense que c'est ce qu'on souhaite tous collectivement que les 132 États membres qui ont participé à la plénière de l'IPBES c'était leur objectif, c'est à dire de faire l'état de la science sur la biodiversité pour montrer qu'on est sur une trajectoire dramatique. Nos écosystèmes ne sont plus du tout capables de supporter les pressions humaines, pour que les politiques prennent la mesure des transformations qu'il y aura à engager. "
 

Dans ce rapport est-ce qu'il y a eu des sujets particulièrement clivants, ou au contraire des sujets qui ont fait immédiatement consensus entre les différents intervenants ? 

"Je pense que ce qui a fait consensus immédiatement c'est le fait que l'on était effectivement dans une trajectoire qui amènerait à une sixième extinction de masse, là on y est pas encore parce qu'une extinction il faut qu'il y ait au minimum 80% des espèces qui disparaissent, ça fait consensus, le consensus scientifique il est là. Après, ce qui est le plus difficile c'est de savoir quelles sont les solutions que l'on préconise, que le rapport peut afficher comme étant des solutions qui peuvent être mises en oeuvre sur le terrain."
 

Quelles sont les suites que l'on peut donner maintenant à ce rapport ? 

"Le rapport déjà passe un certain nombre de messages, que l'on appelle des messages clés sur un certain nombre de secteurs, et met en évidence que certains d'entre eux sont majeurs en terme d'impact sur la biodiversité par exemple, la transformation des terres, donc là est visé très clairment le système agricole intensif actuel, également en deuxième pression majeure c'est tout ce qu'on prélève dans les écosystèmes et notamment dans les écosystèmes marins ça amène à des disparitions d'espèces, et au moins à des disparitions de populations, notamment les poissons commerciaux qui sont pêchés, également tout ce qui est le changement climatique, donc en fait , les solutions existent, il faut maintenant qu'on réussisse à les mettre en oeuvre et qu'on réussisse à alerter de façon assez forte à la fois les politiques au niveau national que les acteurs de la société civile, notamment les acteurs économiques, y compris dans la branche financière d'ailleurs, pas que les entreprises classiques, et évidemment les citoyens pour que tout le monde aille dans le même sens. On ne peut pas négliger l'action individuelle, comme levier de transformation. C'est à dire qu'en fait, ce qui va peser sur l'écosystème après l'agriculture et les prélévements de l'environnement, c'est nos modes de consommation qui ne sont pas des modes de consommation durable, donc il faut aussi qu'on apprenne à consommer mieux, consommer de meilleure qualité, consommer différemment, et il n'est pas trop tard pour agir, on est encore à la croisée des chemins, et on peut encore réagir. Mais il faut le faire maintenant. Il faut commencer."

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