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Cheikh Khaled Bentounès: "nous avons tous à revoir notre définition de la paix"

RCF,  -  Modifié le 16 mai 2018
Mercredi 16 mai, on célèbre la première journée internationale du vivre-ensemble en paix, une journée décrétée par l’ONU à l’initiative de la confrérie soufi Alawiyya.
Maghnia Bentounes Maghnia Bentounes

A l’approche du Ramadan, c’est également l’occasion d’évoquer la foi des musulmans et leur place dans la société française. Une place qu’occupe également le soufisme. "Le soufisme est une école ésotérique, qui enseigne l’intériorité. Comment vivre la religion en harmonie par la pratique extérieurement, mais aussi par une quête spirituelle à l’intérieur. Le soufi, c’est celui qui cherche le sens" explique le cheikh Khaled Bentounès, responsable spirituel de la confrérie soufi Alawiyya.
 

"Réconcilier la famille humaine" 

Le cheikh Khaled Bentounès vit actuellement entre la France et l’Algérie. Il est à l’initiative de cette première journée internationale du vivre-ensemble. "Ce que l’on souhaite faire avec cette journée, c’est réconcilier la famille humaine. Montrer que l’humanité incarne à travers les différentes traditions, les différents peuples, les différentes nations, une même réalité, et que nous devons plus que jamais prendre conscience que nous formons une famille. Chaque membre a sa place, et son rôle. Comment nous mettre en synergie pour affronter les défis de l’humanité ?" lance-t-il.

La semaine passée a été marquée par plusieurs attentats dans le monde, remettant en cause l’idée de vivre ensemble en paix. Ce qui pourrait faire passer cette journée pour un vœu pieux. Pas pour le cheik Bentounès. "On peut le voir comme un vœu pieux, mais si on reste les bras croisés, on n’avancera pas. Mais cette journée nous permet d’introduire la culture de paix dans l’enseignement, dans l’éducation de nos enfants. Ce n’est qu’une porte pour mobiliser la communauté internationale pour prendre conscience que la paix n’est pas uniquement une absence de conflit, c’est un état d’être" précise le cheikh Bentounès.

Malgré cette violence aveugle, le cheikh Bentounès croit en la paix. "La paix est un des noms divins. Rien ne peut se faire sans la paix. Elle se conjugue à tous les temps et dans tous les sens. Si il y a absence de paix en nous, l’humain perd sa réalité d’être. Nous avons tous à revoir notre définition de la paix" ajoute-t-il.
 

L'importance de l'éducation dans le vivre-ensemble

En France, le vivre-ensemble semble se crisper ces derniers temps, avec l’essor de tensions entre la communauté juive et la communauté musulmane. "Cela se crispe. Je le dénonce depuis des années. Mais n’oublions pas que la religion juive et la religion musulmane ont vécu des siècles ensemble. On peut prendre l’exemple de l’Andalousie, du Maroc. L’ami et le médecin de Saladin était juif. Il y a eu cet âge d’or et nous l’avons oublié. Il faut plus que jamais aujourd’hui restituer la mémoire. C’est pour cela que l’éducation est importante. C’est tout ce patrimoine qu’on a occulté, pour susciter ces peurs" estime le cheikh Bentounès.

Quand on parle de l’islam en France, on évoque aujourd’hui la radicalisation de certains. Pour le cheikh Bentounès, il ne s’agit que d’une infime partie. "Il y a des musulmans de culture, d’autres plus pratiquants que d’autres. Et il y a aussi un extrémisme qui existe aussi dans d’autres religions" rappelle le guide spirituel de la confrérie Alawiyya.

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