Yann Porte vous invite

Porte ouverte RCF - page 2

présentée par Yann Porte

Le regard d'un citoyen concerné sur son territoire, pour une transition intelligente de la société. 

Une invitation à l'engagement, en partenariat avec Motris.

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Episodes

  • Le comte Jean d'Ogny
    8 février 2026

    Le comte Jean d'Ogny, le passionné d'Alain Fournier (1/2)

    14 min
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    Dans son château de La Chapelle d’Angillon, le comte Jean d'Ogny, m'a fait visiter son musée consacré à Alain Fournier, l'auteur du Grand Meaulnes, tué près des Eparges en septembre 1914. "La Chapelle d'Angilon en Sologne, depuis dix-huit ans je passe mes vacances m’apparaît comme le pays de mes rêves, le pays dont je suis banni - mais je vois la maison de mes grands-parents, comme elle était du temps de mon grand-père : odeur de placard, grincement de porte, petit mur avec des pots de fleurs, voix de paysans, toute cette vie si particulière qu’il faudrait des pages pour l’évoquer un peu. »
    Lettre du 13 août 1905 d’Alain-Fournier à Jacques Rivière.

    C’est à La Chapelle d’Angillon que tout commence, la réalité comme l’imaginaire, puisque Henri-Alban Fournier (devenu en littérature Alain-Fournier) y est né le 3 octobre 1886 et qu’Augustin Meaulnes, le héros de son unique roman, vient de "La Ferté d’Angillon" - alias La Chapelle d’Angillon - lorsqu’il apparaît à Sainte-Agathe -alias Épineuil-le-Fleuriel.

    La maison natale se trouve 35 avenue Alain-Fournier et est signalée par une plaque. Rue Eudes de Sully est située la mairie-école où les parents Fournier vivent et enseignent de 1903 à février 1908 (leur fils est alors à Sceaux et à Paris), et qui est devenue dans le roman la maison de la mère d’Augustin Meaulnes.

    Une quinzaine de kilomètres plus loin, à Nançay - le "Vieux Nançay" dans Le Grand-Meaulnes -, se trouve la maison de Florent Raimbault, l’oncle d’Alain-Fournier.

    Située dans la rue Meaulnes en face de l’église, elle est devenue dans le roman la maison de "L’oncle Florentin". Elle abrite aujourd’hui non pas le "magasin universel" décrit dans le livre, mais un magasin de cadeaux.
    En face de l’auberge Les Meaulnes, où se tient maintenant une bijouterie, habitait alors madame Charpentier, la grand-mère paternelle d’Alain-Fournier, qui y tenait une épicerie.

    Si La Chapelle-d’Angillon et Épineuil sont les premiers lieux qui aient marqué la vie et l’oeuvre d’Alain-Fournier, l’une et l’autre ont été également transformées par Paris, et en particulier par l’apparition, le 1er juin 1905 devant le Grand-Palais, d’Yvonne de Quiévrecourt.
    Même si elle n’est pas, à elle seule, l’inspiratrice du Grand Meaulnes, elle accompagne sa conception qui dure de 1905 à 1913. Le 1er juin, séduit par sa beauté, il la suit jusque chez elle. Il l’aborde le 11 juin mais ils ne se reverront plus. En 1906, elle ne répond pas au désir qu’il a de la revoir. Elle se marie en 1907. Il apprend en 1909 qu’elle a deux enfants et ne la revoit qu’en 1913.

    Il a connu deux autres femmes, mais il est toujours amoureux d’elle. Il renonce à entretenir une simple relation d’amitié et la quitte pour toujours…

    Autres demeures de l’auteur
    L’auteur du Grand Meaulnes a connu en vingt-huit ans différentes adresses :
    - Epineuil-le-Fleuriel, entre 1891 et 1898,
    - Paris, où il est pensionnaire au lycée Voltaire,
    - Brest, où, il est lycéen en 1901, avec le souhait de devenir marin,
    - Bourges, où il obtient son baccalauréat en 1902 après avoir renoncé à la marine.
    - En 1903, il entame des études supérieures au lycée Lakanal à Sceaux pour devenir enseignant. Il y rencontre Jacques Rivière, qui épousera sa soeur Isabelle.
    - Il demeure ensuite à Paris - sauf en 1908 et 1909 lorsqu’il effectue son service militaire.

    Une de ses adresses parisiennes est 196 rue de la Roquette. En 1906, il habite 60 rue Mazarine. Cette année-là et la suivante, il échoue deux fois au concours d’entrée de l’Ecole normale. En 1908, il emménage 24 rue Dauphine. En 1910, il devient journaliste pour Paris Journal. Il habite ensuite 2 rue Cassini.
  • Trayenko
    1 février 2026

    Trayenko Gñen Lif Paillalef Painemal, femme-médecine Mapuche (3/3)

    15 min
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    Son travail de femme médecine est de soigner les gens spirituellement, physiquement et Psychologiquement. Elle les aide à se connecter à Notre Mère la Terre. Elle s’occupe d’elle avec sa médecine constituée de plantes médicinales mais aussi d'un Kumtrum (tambour)
    Trayenko s’occupe aussi de faire connaitre et de préserver la culture et la Nation Mapuche.
    « Mapu veut dire: "Terre" et Che signifie "le peuple, les gens".


    Les Mapuche sont donc le "Peuple de la Terre".
    Sa famille est très ancienne :
    Par son Père, elle est de descendance Machi (chaman) depuis dix-neuf générations.
    Du côté de sa Mère, elle a hérité de plusieurs lignées "d’autorité Ancestrale". Cela signifie, qu'elle a différentes fonctions:

    - Gñisol Toki : la Plus haute autorité, les dirigeants politiques
    - Lonkos : maires du village
    - Machis : femme médecine (chamane)
    Trayenko se bat pour le respect de sa Nation et de ses traditions et pour l’autonomie du peuple Mapuche.


    En tant que guérisseuse, la lutte pour la Protection de cette médecine ancestrale passe nécessairement par la protection des rivières et des forêts qui meurent chaque jour davantage du fait de la déforestation.
    Depuis plusieurs générations, les Mapuche font reconnaître leurs droits à la propriété des terres.
    Malheureusement les gouvernements chiliens successifs ont souvent voulu les reprendre et, bien qu'ils aient souvent réussi à les confisquer, les Mapuche essayent de les récupérer par voie judiciaire.
    Pour ce peuple racine, c’est important de retrouver les espaces naturels préservés car c’est la connexion avec la

    Mère Terre, respectée, comme un membre de la famille car c’est elle qui donne la vie. Pour Trayenko, tous les humains sont ses fils et filles. La terre ne nous appartient pas, c’est nous qui appartenons à la terre.
    Nous luttons depuis 641 ans et avec le gouvernement chilien 241 ans, pour pouvoir retrouver nos terres. La nation mapuche existe depuis 15 000 années,
    « Nous sommes une Nation préexistante »

    La Terre est notre mère. Prends soin d'elle.
    Honorez tous vos ancêtres chaque jour.
    Ouvrez votre cœur et votre âme chaque jour et marchez fort et droit.
    Toute vie est sacrée. Traitez tous les pu Gñen (esprit) qui marchent dans Notre Mapuñuke
    (Mère Terre) avec respect

    Prenez de la Terre ce qui est nécessaire et rien de plus. Faites ce qui doit être fait pour le bien de tous et de vous-même.
  • Trayenko
    25 janvier 2026

    Trayenko Gñen Lif Paillalef Painemal, femme-médecine Mapuche (2/3)

    15 min
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    Son travail de femme médecine est de soigner les gens spirituellement, physiquement et Psychologiquement. Elle les aide à se connecter à Notre Mère la Terre. Elle s’occupe d’elle avec sa médecine constituée de plantes médicinales mais aussi d'un Kumtrum (tambour)
    Trayenko s’occupe aussi de faire connaitre et de préserver la culture et la Nation Mapuche.
    « Mapu veut dire: "Terre" et Che signifie "le peuple, les gens".


    Les Mapuche sont donc le "Peuple de la Terre".
    Sa famille est très ancienne :
    Par son Père, elle est de descendance Machi (chaman) depuis dix-neuf générations.
    Du côté de sa Mère, elle a hérité de plusieurs lignées "d’autorité Ancestrale". Cela signifie, qu'elle a différentes fonctions:

    - Gñisol Toki : la Plus haute autorité, les dirigeants politiques
    - Lonkos : maires du village
    - Machis : femme médecine (chamane)
    Trayenko se bat pour le respect de sa Nation et de ses traditions et pour l’autonomie du peuple Mapuche.


    En tant que guérisseuse, la lutte pour la Protection de cette médecine ancestrale passe nécessairement par la protection des rivières et des forêts qui meurent chaque jour davantage du fait de la déforestation.
    Depuis plusieurs générations, les Mapuche font reconnaître leurs droits à la propriété des terres.
    Malheureusement les gouvernements chiliens successifs ont souvent voulu les reprendre et, bien qu'ils aient souvent réussi à les confisquer, les Mapuche essayent de les récupérer par voie judiciaire.
    Pour ce peuple racine, c’est important de retrouver les espaces naturels préservés car c’est la connexion avec la

    Mère Terre, respectée, comme un membre de la famille car c’est elle qui donne la vie. Pour Trayenko, tous les humains sont ses fils et filles. La terre ne nous appartient pas, c’est nous qui appartenons à la terre.
    Nous luttons depuis 641 ans et avec le gouvernement chilien 241 ans, pour pouvoir retrouver nos terres. La nation mapuche existe depuis 15 000 années,
    « Nous sommes une Nation préexistante »

    La Terre est notre mère. Prends soin d'elle.
    Honorez tous vos ancêtres chaque jour.
    Ouvrez votre cœur et votre âme chaque jour et marchez fort et droit.
    Toute vie est sacrée. Traitez tous les pu Gñen (esprit) qui marchent dans Notre Mapuñuke
    (Mère Terre) avec respect

    Prenez de la Terre ce qui est nécessaire et rien de plus. Faites ce qui doit être fait pour le bien de tous et de vous-même.
  • Trayenko
    18 janvier 2026

    Trayenko Gñen Lif Paillalef Painemal, femme-médecine Mapuche (1/3)

    15 min
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    Son travail de femme médecine est de soigner les gens spirituellement, physiquement et Psychologiquement. Elle les aide à se connecter à Notre Mère la Terre. Elle s’occupe d’elle avec sa médecine constituée de plantes médicinales mais aussi d'un Kumtrum (tambour)
    Trayenko s’occupe aussi de faire connaitre et de préserver la culture et la Nation Mapuche.
    « Mapu veut dire: "Terre" et Che signifie "le peuple, les gens".


    Les Mapuche sont donc le "Peuple de la Terre".
    Sa famille est très ancienne :
    Par son Père, elle est de descendance Machi (chaman) depuis dix-neuf générations.
    Du côté de sa Mère, elle a hérité de plusieurs lignées "d’autorité Ancestrale". Cela signifie, qu'elle a différentes fonctions:

    - Gñisol Toki : la Plus haute autorité, les dirigeants politiques
    - Lonkos : maires du village
    - Machis : femme médecine (chamane)
    Trayenko se bat pour le respect de sa Nation et de ses traditions et pour l’autonomie du peuple Mapuche.


    En tant que guérisseuse, la lutte pour la Protection de cette médecine ancestrale passe nécessairement par la protection des rivières et des forêts qui meurent chaque jour davantage du fait de la déforestation.
    Depuis plusieurs générations, les Mapuche font reconnaître leurs droits à la propriété des terres.
    Malheureusement les gouvernements chiliens successifs ont souvent voulu les reprendre et, bien qu'ils aient souvent réussi à les confisquer, les Mapuche essayent de les récupérer par voie judiciaire.
    Pour ce peuple racine, c’est important de retrouver les espaces naturels préservés car c’est la connexion avec la

    Mère Terre, respectée, comme un membre de la famille car c’est elle qui donne la vie. Pour Trayenko, tous les humains sont ses fils et filles. La terre ne nous appartient pas, c’est nous qui appartenons à la terre.
    Nous luttons depuis 641 ans et avec le gouvernement chilien 241 ans, pour pouvoir retrouver nos terres. La nation mapuche existe depuis 15 000 années,
    « Nous sommes une Nation préexistante »

    La Terre est notre mère. Prends soin d'elle.
    Honorez tous vos ancêtres chaque jour.
    Ouvrez votre cœur et votre âme chaque jour et marchez fort et droit.
    Toute vie est sacrée. Traitez tous les pu Gñen (esprit) qui marchent dans Notre Mapuñuke
    (Mère Terre) avec respect

    Prenez de la Terre ce qui est nécessaire et rien de plus. Faites ce qui doit être fait pour le bien de tous et de vous-même.
  • Frédéric Brémaud et Paolo Raffaelli
    11 janvier 2026

    Paolo Raffaelli et Frédéric Brémaud, Le Haut-fer ou la mémoire de José Giovanni et Lino Ventura dans les Vosges

    15 min
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    Frédéric Brémaud est né en France en 1973. Après des études en tous genres à la Rochelle (F) et à Newcastle Upon Tyne (G-B), il intègre le Centre national de la Bande Dessinée et de l'Image où il est chargé de créer des liens sur l'image entre les pays francophones. Il partage aujourd'hui son temps entre l'Italie et la France. Il scénarise des albums de bande dessinée pour des éditeurs franco-belges: Le Lombard, Albin Michel, Bamboo, Vents d'Ouest, etc. Il collabore aussi à l'étranger avec diverses maisons d'édition et à plusieurs magazines. Parallèlement, il est aussi scénariste de dessins animés et il prépare un court-métrage de cinéma en Italie.

    Hector Valentin hérite d’une exploitation forestière dans les Vosges. Isolé car « étranger », voyant son bien convoité, il se retrouve vite seul contre tous. Il fait alors travailler des prisonniers en liberté conditionnelle. La gestion de ces hommes n’est pas facile, mais Hector arrive à souder sa petite communauté, jusqu’à ce qu’éclate le drame qui va précipiter la fin de cette belle aventure humaine.
  • Sébastien Bonetti
    21 décembre 2025

    Sébastien Bonetti, De Longwy 78 à Bures, en passant par l'éternité

    15 min
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    Sébastien Bonetti est journaliste au Républicain Lorrain à Longwy. Il est aussi journaliste, photographe et scénariste. Il est né en Lorraine dans une famille d'origine belgo-italienne, d'ouvriers et de mineurs de fer.
    Après des études supérieures en géologie, puis l'obtention d'un diplôme d'études approfondies en Sciences de l'Information et de la Communication, il commence sa carrière de journaliste en presse quotidienne régionale mais aussi, en parallèle, il écrit des articles dans la presse alternative militante à partir de 2008, dans des médias nationaux indépendants comme Fakir, Offensive, Z, Bastamag, Reporterre, CQFD et A-Rivista, pour lesquels il signe des reportages nationaux et internationaux.

    Il écrit et participe également à l'écriture de différents ouvrages collectifs sur l'immigration ou l'écologie. Photographe à ses heures (il est l'auteur de plusieurs expositions à Paris et en Lorraine), il découvre l'univers de l'audiovisuel en réalisant le documentaire A Bure pour l'éternité, projeté dans plus de 70 cinémas et centres culturels de France, et collabore avec ses images à des émissions sur Canal + et Arte. C'est son ami S. Jean-Noël Pierre, avec qui il a déjà travaillé sur A Bure pour l'éternité, qui l'a sensibilisé à l'histoire méconnue et néo-coloniale de l'archipelle des Chagos. Passionné par les écrits du penseur américain Noam Chomsky depuis de nombreuses années, il a été happé par cette aventure, dont l'objectif central sera de médiatiser l'un des grands drames du XXe siècle.
    Dans son documentaire Absolutely Must Go, il relate l'histoire d'un peuple effacé de la carte du monde et déporté. De 1967 à 1973, en pleine Guerre froide, la famille Bancoult et près de 2000 autres Chagossiens sont dépossédés de leurs terres du fait du gouvernement britannique dont ils sont un Dominion.


    Dans son nouvel essai, il se fait historien des luttes ouvrières et syndicales, enquête sur ce que fut la CFDT des années 1970, autogestionnaire et libertaire, c'est-à-dire pleine d'énergie et créative. Tout le contraire de ce qu'elle est devenue. La vraie question est pourquoi est-elle devenue ce qu'elle est aujourd'hui? Ce grand cadavre à la renverse, cette auxiliaire des puissants. Pourquoi est-on passé d'un syndicat de lutte créatif, déterminé et opiniatre, viscéralement anticapitaliste mais ouvert sur la vitalité du monde à un syndicat de collaboration patronale? Cela ne s'expliquerait-il pas par les choix réalistes des directions successives, de plus en plus réalistes c'est-à-dire de plus en plus collaboratives vis-à-vis des forces de l'argent? C'est en tout cas mon hypothèse.
    Hiver 1978.

    Alors que le gouvernement de Raymond Barre vient d’annoncer un vaste plan de restructuration de l’industrie siderurgique entrainant une suppression massive de 21000 emplois, des milliers de personnes se jettent dans les rues de Longwy en défense de « leurs » usines.
    De toutes les organisations qui prennent part à la bataille, la section locale de la CFDT est l’une des plus actives. Héritière de la tumultueuse décennie post-68, elle contribue à sortir la lutte des lieux de travail et à élargir le champ des revendications en questionnant le sens de la production industrielle et la place des minorites dans l’univers siderurgique.

    De l’occupation du crassier à l’enlèvement de Johnny Hallyday, de l’emprunt de la Coupe de France à la création d’une radio libre, du piratage de la television aux attaques du commissariat local, les actions que mene la CFDT propulsent Longwy à la une de l’actualité nationale durant plusieurs mois.

    S’appuyant sur le témoignage de nombreux membres de l’organisation et sur de multiples archives, ce livre entend rendre compte de la vie de la CFDT Longwy au cours de cette periode.
  • Sébastien Bonetti
    14 décembre 2025

    Sébastien Bonetti, La mémoire de nos luttes à l'assaut du ciel rouge

    15 min
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    Sébastien Bonetti est journaliste au Républicain Lorrain à Longwy. Il est aussi journaliste, photographe et scénariste. Il est né en Lorraine dans une famille d'origine belgo-italienne, d'ouvriers et de mineurs de fer.
    Après des études supérieures en géologie, puis l'obtention d'un diplôme d'études approfondies en Sciences de l'Information et de la Communication, il commence sa carrière de journaliste en presse quotidienne régionale mais aussi, en parallèle, il écrit des articles dans la presse alternative militante à partir de 2008, dans des médias nationaux indépendants comme Fakir, Offensive, Z, Bastamag, Reporterre, CQFD et A-Rivista, pour lesquels il signe des reportages nationaux et internationaux.

    Il écrit et participe également à l'écriture de différents ouvrages collectifs sur l'immigration ou l'écologie. Photographe à ses heures (il est l'auteur de plusieurs expositions à Paris et en Lorraine), il découvre l'univers de l'audiovisuel en réalisant le documentaire A Bure pour l'éternité, projeté dans plus de 70 cinémas et centres culturels de France, et collabore avec ses images à des émissions sur Canal + et Arte. C'est son ami S. Jean-Noël Pierre, avec qui il a déjà travaillé sur A Bure pour l'éternité, qui l'a sensibilisé à l'histoire méconnue et néo-coloniale de l'archipelle des Chagos. Passionné par les écrits du penseur américain Noam Chomsky depuis de nombreuses années, il a été happé par cette aventure, dont l'objectif central sera de médiatiser l'un des grands drames du XXe siècle.
    Dans son documentaire Absolutely Must Go, il relate l'histoire d'un peuple effacé de la carte du monde et déporté. De 1967 à 1973, en pleine Guerre froide, la famille Bancoult et près de 2000 autres Chagossiens sont dépossédés de leurs terres du fait du gouvernement britannique dont ils sont un Dominion.


    Dans son nouvel essai, il se fait historien des luttes ouvrières et syndicales, enquête sur ce que fut la CFDT des années 1970, autogestionnaire et libertaire, c'est-à-dire pleine d'énergie et créative. Tout le contraire de ce qu'elle est devenue. La vraie question est pourquoi est-elle devenue ce qu'elle est aujourd'hui? Ce grand cadavre à la renverse, cette auxiliaire des puissants. Pourquoi est-on passé d'un syndicat de lutte créatif, déterminé et opiniatre, viscéralement anticapitaliste mais ouvert sur la vitalité du monde à un syndicat de collaboration patronale? Cela ne s'expliquerait-il pas par les choix réalistes des directions successives, de plus en plus réalistes c'est-à-dire de plus en plus collaboratives vis-à-vis des forces de l'argent? C'est en tout cas mon hypothèse.
    Hiver 1978.

    Alors que le gouvernement de Raymond Barre vient d’annoncer un vaste plan de restructuration de l’industrie siderurgique entrainant une suppression massive de 21000 emplois, des milliers de personnes se jettent dans les rues de Longwy en défense de « leurs » usines.
    De toutes les organisations qui prennent part à la bataille, la section locale de la CFDT est l’une des plus actives. Héritière de la tumultueuse décennie post-68, elle contribue à sortir la lutte des lieux de travail et à élargir le champ des revendications en questionnant le sens de la production industrielle et la place des minorites dans l’univers siderurgique.

    De l’occupation du crassier à l’enlèvement de Johnny Hallyday, de l’emprunt de la Coupe de France à la création d’une radio libre, du piratage de la television aux attaques du commissariat local, les actions que mene la CFDT propulsent Longwy à la une de l’actualité nationale durant plusieurs mois.

    S’appuyant sur le témoignage de nombreux membres de l’organisation et sur de multiples archives, ce livre entend rendre compte de la vie de la CFDT Longwy au cours de cette periode.
  • Théophile Choquet
    7 décembre 2025

    Théophile Choquet, comédien du souffle des mots et de l'esprit des lieux (3/3)

    15 min
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    Théophile Choquet est comédien de vocation c’est-à-dire que l’on ressent lorsqu’on le voit jouer la marque de cet appel vers le Sacré. Théophile signifie celui qui aime Dieu. L’étymologie des noms fait parfois signe et comporte  des prémonitions troublantes comme « ces suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers ». Eh bien, c’est comme cela que joue Théophile et les comédiens qui sont de sa famille d’esprit.  

    C’est un artiste de théâtre qui rôde dans les parages des mystiques, dans les parages des voix mortes qui se sentirent appelées par l’infini, qu’il ressuscite. Il joue et met en scène des pièces de théâtre très diverses, des pièces métaphysiques aux pièces plus intimistes, en France et dans le monde entier. Artiste de théâtre complet, protéiforme et polymorphe, son travail s'articule entre les spectacles très diversifiés qu'il présente au public : seul en scène théâtraux, lectures poétiques et littéraires, aussi bien que des stages et conférences sur les arts du spectacle. 
    Sur scène il se produit à Paris et dans toute la France (Festival d'Avignon, Opéra National du Rhin à Strasbourg, Orchestre de Normandie…) . Il a été invité à présenter ses spectacles dans le monde entier et déjà il transmet sa manière d’aborder l’art dramaturgique dans des ateliers et autres master class en Angleterre, en Allemagne, au Brésil, en Argentine, au Chili, en Norvège, au Danemark, ou en Roumanie où il a partagé une conférence sur son expérience de la scène et un stage de théâtre à l'Université de Targû-Mures, où il a fait siennes les recommandations des maîtres zen : « Essaie d’être aussi beau et présent sur scène qu’une vache dans un pré ».  

    Né à Metz en 1991, enfant comédien dès l'âge de 5 ans au sein d'une troupe de théâtre amateur, le Théâtre de Verny, il y restera durant dix ans avant d'entrer au Conservatoire d’art dramatique de Metz à 15 ans, puis à 18 ans au Conservatoire de Strasbourg. Vivant à Paris depuis 2013, il est diplômé d’un Master en études théâtrales à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Formé à différents registres de théâtre, son jeu scénique est la somme de plusieurs courants et influences qu’il a étudié en France et dans le monde. Théâtre classique, théâtre physique et danse. La recherche artistique de Théophile Choquet porte une vision ouverte du théâtre, mêlant littérature et poésie, souvent dans des lieux atypiques (églises, monuments historiques, bibliothèques, bateaux).
    Il parle couramment anglais, espagnol, portugais, et se produit dans différents pays et dans différentes langues. 

    Membre de l’Association Rodez-Antonin Artaud, qui met en avant l'oeuvre-vie du poète et homme de théâtre à travers des activités depuis Rodez (Aveyron), vers Paris. Antonin Artaud lui-même artiste total a marqué l’histoire du théâtre et de la littérature dans le monde entier. Théophile Choquet a notamment présenté des conférences sur Artaud et son théâtre de la cruauté en Norvège, au Brésil, en Argentine, au Chili, et pour le théâtre national du Mexique.

    Juillet 2024 : Akedia, le diable au désert, mise en scène de Francesco Agnello, avec Jules Meary et Théophile Choquet est présenté au Festival d'Avignon.


    En 2020, le spectacle Bossuet, Sermons & Oraisons est créé à l’occasion des 800 ans de la Cathédrale de Metz, et repris en 2021. 

    Théophile Choquet qui a été formé aux Conservatoires de Metz et de Strasbourg est à la fois un artiste qui honore ses racines mosellanes comme dans 57 - Inventaire de la vie d’un ouvrier mosellan où à partir d’une véritable enquête menée en Moselle par le dramaturge Philippe Minyana, sur scène Théophile et Philippe Jacq font parler les archives et objets du quotidien d'Oscar Bild, un ouvrier Mosellan, décédé à la fin des années 90. Théophile Choquet a beaucoup joué les textes de Philippe Minyana, notamment le monologue Tu devrais venir plus souvent. L’auteur lui a confié un texte inédit, constitué de faits et d’images du quotidien, mais qui ainsi rassemblés, tressent la vision allégorique d’un territoire et de son histoire récente. Que reste-t-il d’une vie ? Porter à la scène l’histoire intime d’un ouvrier Lorrain, devient un acte artistique et politique, où la petite histoire individuelle rejoint à plus grande échelle l’histoire d’une région brutalement dépossédée de son passé sidérurgique, de sa culture ouvrière car les maîtres avaient trouvés ailleurs des esclaves moins chers. Cette pièce est relate l’une des tribulations de cette histoire de l’aliénation collective de tout une classe sociale niée jusque dans son existence-même. Telle est la langue des dominants qui aboutit toujours au meurtre du réel à leur profit.  Théophile sait qu’on ne peut vraiment rencontrer les autres cultures et le monde qu’à partir de cet infracassable noyau de nuit qu’est l’Amour de nos origines, de la terre des ancêtres peuplée des spectres qu’il faut apaiser et honorer afin de porter cet Amour et cette paix à travers les nombreux pays où il a voyagé en résidence d’artiste comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique ou le Brésil. De cette veine cosmopolite et interculturelle, il tire un jeu raffiné et puissant qu'il met au service de pièces qui, souvent, ont partie liée au mystères de la foi, de l'ascétisme et du sacré qui est aussi l’autre nom de ce qui n’en a pas.   C'est le cas des pièces Akedia, le Diable au désert du frère Adrien Candiard, les Fioretti où qui sont le produit d’une complicité et d’une communion d’Esprit avec Jules Meary, son partenaire sur scène et d’un compagnonnage avec le metteur en scène Francesco d’Agnello.


    Théophile est également diplômé d’un Master recherche en études théâtrales à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle. A l’invitation de différentes institutions, il présente des récitals de poésie et solos de théâtre contemporain. Il s’est produit récemment avec l’Orchestre de Normandie, à la Maison de la culture du Japon et à la Bibliothèque de la Sorbonne à Paris.
    A l’automne 2018, il achève une démarche artistique entamée en 2014 autour des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre. Il se consacre aussi au partage de l’œuvre du poète Antonin Artaud (1896-1948). Tout au long du mois de septembre, une grande tournée en Amérique du Sud l’a amené à présenter des spectacles et des conférences autour de l’œuvre d’Artaud qui tutoie la folie et place la mort au cœur de la condition humaine, au Brésil, en Argentine et au Chili.


    « Il faut croire à un sens de la vie renouvelé par le théâtre, et où l’homme impavidement se rend le maître de ce qui n’est pas encore, et le fait naître. Et tout ce qui n’est pas né peut encore naître pourvu que nous ne nous contentions pas de demeurer de simples organes d’enregistrement.
    Aussi bien, quand nous prononçons le mot de vie, faut-il entendre qu’il ne s’agit pas de la vie reconnue par le dehors des faits, mais de cette sorte de fragile et remuant foyer auquel ne touchent pas les formes. Et s’il est encore quelque chose d’infernal et de véritablement maudit dans ce temps, c’est de s’attarder artistiquement sur des formes, au lieu d’être comme des suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers. »
    Antonin Artaud, Le Théâtre et son double, 1938, préface 

  • Théophile Choquet
    30 novembre 2025

    Théophile Choquet, comédien du souffle des mots et de l'esprit des lieux (2/3)

    15 min
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    Théophile Choquet est comédien de vocation c’est-à-dire que l’on ressent lorsqu’on le voit jouer la marque de cet appel vers le Sacré. Théophile signifie celui qui aime Dieu. L’étymologie des noms fait parfois signe et comporte  des prémonitions troublantes comme « ces suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers ». Eh bien, c’est comme cela que joue Théophile et les comédiens qui sont de sa famille d’esprit.  

    C’est un artiste de théâtre qui rôde dans les parages des mystiques, dans les parages des voix mortes qui se sentirent appelées par l’infini, qu’il ressuscite. Il joue et met en scène des pièces de théâtre très diverses, des pièces métaphysiques aux pièces plus intimistes, en France et dans le monde entier. Artiste de théâtre complet, protéiforme et polymorphe, son travail s'articule entre les spectacles très diversifiés qu'il présente au public : seul en scène théâtraux, lectures poétiques et littéraires, aussi bien que des stages et conférences sur les arts du spectacle. 
    Sur scène il se produit à Paris et dans toute la France (Festival d'Avignon, Opéra National du Rhin à Strasbourg, Orchestre de Normandie…) . Il a été invité à présenter ses spectacles dans le monde entier et déjà il transmet sa manière d’aborder l’art dramaturgique dans des ateliers et autres master class en Angleterre, en Allemagne, au Brésil, en Argentine, au Chili, en Norvège, au Danemark, ou en Roumanie où il a partagé une conférence sur son expérience de la scène et un stage de théâtre à l'Université de Targû-Mures, où il a fait siennes les recommandations des maîtres zen : « Essaie d’être aussi beau et présent sur scène qu’une vache dans un pré ».  

    Né à Metz en 1991, enfant comédien dès l'âge de 5 ans au sein d'une troupe de théâtre amateur, le Théâtre de Verny, il y restera durant dix ans avant d'entrer au Conservatoire d’art dramatique de Metz à 15 ans, puis à 18 ans au Conservatoire de Strasbourg. Vivant à Paris depuis 2013, il est diplômé d’un Master en études théâtrales à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Formé à différents registres de théâtre, son jeu scénique est la somme de plusieurs courants et influences qu’il a étudié en France et dans le monde. Théâtre classique, théâtre physique et danse. La recherche artistique de Théophile Choquet porte une vision ouverte du théâtre, mêlant littérature et poésie, souvent dans des lieux atypiques (églises, monuments historiques, bibliothèques, bateaux).
    Il parle couramment anglais, espagnol, portugais, et se produit dans différents pays et dans différentes langues. 

    Membre de l’Association Rodez-Antonin Artaud, qui met en avant l'oeuvre-vie du poète et homme de théâtre à travers des activités depuis Rodez (Aveyron), vers Paris. Antonin Artaud lui-même artiste total a marqué l’histoire du théâtre et de la littérature dans le monde entier. Théophile Choquet a notamment présenté des conférences sur Artaud et son théâtre de la cruauté en Norvège, au Brésil, en Argentine, au Chili, et pour le théâtre national du Mexique.

    Juillet 2024 : Akedia, le diable au désert, mise en scène de Francesco Agnello, avec Jules Meary et Théophile Choquet est présenté au Festival d'Avignon.


    En 2020, le spectacle Bossuet, Sermons & Oraisons est créé à l’occasion des 800 ans de la Cathédrale de Metz, et repris en 2021. 

    Théophile Choquet qui a été formé aux Conservatoires de Metz et de Strasbourg est à la fois un artiste qui honore ses racines mosellanes comme dans 57 - Inventaire de la vie d’un ouvrier mosellan où à partir d’une véritable enquête menée en Moselle par le dramaturge Philippe Minyana, sur scène Théophile et Philippe Jacq font parler les archives et objets du quotidien d'Oscar Bild, un ouvrier Mosellan, décédé à la fin des années 90. Théophile Choquet a beaucoup joué les textes de Philippe Minyana, notamment le monologue Tu devrais venir plus souvent. L’auteur lui a confié un texte inédit, constitué de faits et d’images du quotidien, mais qui ainsi rassemblés, tressent la vision allégorique d’un territoire et de son histoire récente. Que reste-t-il d’une vie ? Porter à la scène l’histoire intime d’un ouvrier Lorrain, devient un acte artistique et politique, où la petite histoire individuelle rejoint à plus grande échelle l’histoire d’une région brutalement dépossédée de son passé sidérurgique, de sa culture ouvrière car les maîtres avaient trouvés ailleurs des esclaves moins chers. Cette pièce est relate l’une des tribulations de cette histoire de l’aliénation collective de tout une classe sociale niée jusque dans son existence-même. Telle est la langue des dominants qui aboutit toujours au meurtre du réel à leur profit.  Théophile sait qu’on ne peut vraiment rencontrer les autres cultures et le monde qu’à partir de cet infracassable noyau de nuit qu’est l’Amour de nos origines, de la terre des ancêtres peuplée des spectres qu’il faut apaiser et honorer afin de porter cet Amour et cette paix à travers les nombreux pays où il a voyagé en résidence d’artiste comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique ou le Brésil. De cette veine cosmopolite et interculturelle, il tire un jeu raffiné et puissant qu'il met au service de pièces qui, souvent, ont partie liée au mystères de la foi, de l'ascétisme et du sacré qui est aussi l’autre nom de ce qui n’en a pas.   C'est le cas des pièces Akedia, le Diable au désert du frère Adrien Candiard, les Fioretti où qui sont le produit d’une complicité et d’une communion d’Esprit avec Jules Meary, son partenaire sur scène et d’un compagnonnage avec le metteur en scène Francesco d’Agnello.


    Théophile est également diplômé d’un Master recherche en études théâtrales à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle. A l’invitation de différentes institutions, il présente des récitals de poésie et solos de théâtre contemporain. Il s’est produit récemment avec l’Orchestre de Normandie, à la Maison de la culture du Japon et à la Bibliothèque de la Sorbonne à Paris.
    A l’automne 2018, il achève une démarche artistique entamée en 2014 autour des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre. Il se consacre aussi au partage de l’œuvre du poète Antonin Artaud (1896-1948). Tout au long du mois de septembre, une grande tournée en Amérique du Sud l’a amené à présenter des spectacles et des conférences autour de l’œuvre d’Artaud qui tutoie la folie et place la mort au cœur de la condition humaine, au Brésil, en Argentine et au Chili.


    « Il faut croire à un sens de la vie renouvelé par le théâtre, et où l’homme impavidement se rend le maître de ce qui n’est pas encore, et le fait naître. Et tout ce qui n’est pas né peut encore naître pourvu que nous ne nous contentions pas de demeurer de simples organes d’enregistrement.
    Aussi bien, quand nous prononçons le mot de vie, faut-il entendre qu’il ne s’agit pas de la vie reconnue par le dehors des faits, mais de cette sorte de fragile et remuant foyer auquel ne touchent pas les formes. Et s’il est encore quelque chose d’infernal et de véritablement maudit dans ce temps, c’est de s’attarder artistiquement sur des formes, au lieu d’être comme des suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers. »
    Antonin Artaud, Le Théâtre et son double, 1938, préface 

  • Emmanuel Pierrat
    23 novembre 2025

    Emmanuel Pierrat, "Je crois en l'athéisme"

    15 min
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    Comme son homonyme architecte qui, jadis, fit bâtir la cathédrale de Metz, Emmanuel Pierrat semble avoir signé un pacte avec le Diable pour que celui-ci lui accordat le don d'ubiquité, afin de se multiplier et de croître en écriture, dans les arts, au barreau avec tout ce que le monde compte de curiosa et de prestiges, de vanités peut-être. Homme de tous les réseaux et de toutes les sociétés naguère secrètes, il est partout et semble doué de tous les talents. Les muses l'ont pourvu de tous les dons sauf de celui de la paresse. Mais le Diable frelate tout car tout ce qui brille n'est pas de l'or et l'or du diable achète votre âme. Sera-t-il assez habile alchimiste pour transmuter son destin? Qui peut le dire?
  • Théophile Choquet
    16 novembre 2025

    Théophile Choquet, comédien du souffle des mots et de l'esprit des lieux (1/3)

    15 min
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    Théophile Choquet est comédien de vocation c’est-à-dire que l’on ressent lorsqu’on le voit jouer la marque de cet appel vers le Sacré. Théophile signifie celui qui aime Dieu. L’étymologie des noms fait parfois signe et comporte  des prémonitions troublantes comme « ces suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers ». Eh bien, c’est comme cela que joue Théophile et les comédiens qui sont de sa famille d’esprit.  

    C’est un artiste de théâtre qui rôde dans les parages des mystiques, dans les parages des voix mortes qui se sentirent appelées par l’infini, qu’il ressuscite. Il joue et met en scène des pièces de théâtre très diverses, des pièces métaphysiques aux pièces plus intimistes, en France et dans le monde entier. Artiste de théâtre complet, protéiforme et polymorphe, son travail s'articule entre les spectacles très diversifiés qu'il présente au public : seul en scène théâtraux, lectures poétiques et littéraires, aussi bien que des stages et conférences sur les arts du spectacle. 
    Sur scène il se produit à Paris et dans toute la France (Festival d'Avignon, Opéra National du Rhin à Strasbourg, Orchestre de Normandie…) . Il a été invité à présenter ses spectacles dans le monde entier et déjà il transmet sa manière d’aborder l’art dramaturgique dans des ateliers et autres master class en Angleterre, en Allemagne, au Brésil, en Argentine, au Chili, en Norvège, au Danemark, ou en Roumanie où il a partagé une conférence sur son expérience de la scène et un stage de théâtre à l'Université de Targû-Mures, où il a fait siennes les recommandations des maîtres zen : « Essaie d’être aussi beau et présent sur scène qu’une vache dans un pré ».  

    Né à Metz en 1991, enfant comédien dès l'âge de 5 ans au sein d'une troupe de théâtre amateur, le Théâtre de Verny, il y restera durant dix ans avant d'entrer au Conservatoire d’art dramatique de Metz à 15 ans, puis à 18 ans au Conservatoire de Strasbourg. Vivant à Paris depuis 2013, il est diplômé d’un Master en études théâtrales à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Formé à différents registres de théâtre, son jeu scénique est la somme de plusieurs courants et influences qu’il a étudié en France et dans le monde. Théâtre classique, théâtre physique et danse. La recherche artistique de Théophile Choquet porte une vision ouverte du théâtre, mêlant littérature et poésie, souvent dans des lieux atypiques (églises, monuments historiques, bibliothèques, bateaux).
    Il parle couramment anglais, espagnol, portugais, et se produit dans différents pays et dans différentes langues. 

    Membre de l’Association Rodez-Antonin Artaud, qui met en avant l'oeuvre-vie du poète et homme de théâtre à travers des activités depuis Rodez (Aveyron), vers Paris. Antonin Artaud lui-même artiste total a marqué l’histoire du théâtre et de la littérature dans le monde entier. Théophile Choquet a notamment présenté des conférences sur Artaud et son théâtre de la cruauté en Norvège, au Brésil, en Argentine, au Chili, et pour le théâtre national du Mexique.

    Juillet 2024 : Akedia, le diable au désert, mise en scène de Francesco Agnello, avec Jules Meary et Théophile Choquet est présenté au Festival d'Avignon.


    En 2020, le spectacle Bossuet, Sermons & Oraisons est créé à l’occasion des 800 ans de la Cathédrale de Metz, et repris en 2021. 

    Théophile Choquet qui a été formé aux Conservatoires de Metz et de Strasbourg est à la fois un artiste qui honore ses racines mosellanes comme dans 57 - Inventaire de la vie d’un ouvrier mosellan où à partir d’une véritable enquête menée en Moselle par le dramaturge Philippe Minyana, sur scène Théophile et Philippe Jacq font parler les archives et objets du quotidien d'Oscar Bild, un ouvrier Mosellan, décédé à la fin des années 90. Théophile Choquet a beaucoup joué les textes de Philippe Minyana, notamment le monologue Tu devrais venir plus souvent. L’auteur lui a confié un texte inédit, constitué de faits et d’images du quotidien, mais qui ainsi rassemblés, tressent la vision allégorique d’un territoire et de son histoire récente. Que reste-t-il d’une vie ? Porter à la scène l’histoire intime d’un ouvrier Lorrain, devient un acte artistique et politique, où la petite histoire individuelle rejoint à plus grande échelle l’histoire d’une région brutalement dépossédée de son passé sidérurgique, de sa culture ouvrière car les maîtres avaient trouvés ailleurs des esclaves moins chers. Cette pièce est relate l’une des tribulations de cette histoire de l’aliénation collective de tout une classe sociale niée jusque dans son existence-même. Telle est la langue des dominants qui aboutit toujours au meurtre du réel à leur profit.  Théophile sait qu’on ne peut vraiment rencontrer les autres cultures et le monde qu’à partir de cet infracassable noyau de nuit qu’est l’Amour de nos origines, de la terre des ancêtres peuplée des spectres qu’il faut apaiser et honorer afin de porter cet Amour et cette paix à travers les nombreux pays où il a voyagé en résidence d’artiste comme l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique ou le Brésil. De cette veine cosmopolite et interculturelle, il tire un jeu raffiné et puissant qu'il met au service de pièces qui, souvent, ont partie liée au mystères de la foi, de l'ascétisme et du sacré qui est aussi l’autre nom de ce qui n’en a pas.   C'est le cas des pièces Akedia, le Diable au désert du frère Adrien Candiard, les Fioretti où qui sont le produit d’une complicité et d’une communion d’Esprit avec Jules Meary, son partenaire sur scène et d’un compagnonnage avec le metteur en scène Francesco d’Agnello.


    Théophile est également diplômé d’un Master recherche en études théâtrales à l’Université Paris III Sorbonne nouvelle. A l’invitation de différentes institutions, il présente des récitals de poésie et solos de théâtre contemporain. Il s’est produit récemment avec l’Orchestre de Normandie, à la Maison de la culture du Japon et à la Bibliothèque de la Sorbonne à Paris.
    A l’automne 2018, il achève une démarche artistique entamée en 2014 autour des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre. Il se consacre aussi au partage de l’œuvre du poète Antonin Artaud (1896-1948). Tout au long du mois de septembre, une grande tournée en Amérique du Sud l’a amené à présenter des spectacles et des conférences autour de l’œuvre d’Artaud qui tutoie la folie et place la mort au cœur de la condition humaine, au Brésil, en Argentine et au Chili.


    « Il faut croire à un sens de la vie renouvelé par le théâtre, et où l’homme impavidement se rend le maître de ce qui n’est pas encore, et le fait naître. Et tout ce qui n’est pas né peut encore naître pourvu que nous ne nous contentions pas de demeurer de simples organes d’enregistrement.
    Aussi bien, quand nous prononçons le mot de vie, faut-il entendre qu’il ne s’agit pas de la vie reconnue par le dehors des faits, mais de cette sorte de fragile et remuant foyer auquel ne touchent pas les formes. Et s’il est encore quelque chose d’infernal et de véritablement maudit dans ce temps, c’est de s’attarder artistiquement sur des formes, au lieu d’être comme des suppliciés que l’on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers. »
    Antonin Artaud, Le Théâtre et son double, 1938, préface 

  • Emmanuel Pierrat
    9 novembre 2025

    Emmanuel Pierrat, L'Affaire Céline

    15 min
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    En 2021, Le Monde révélait au grand public la découverte de 6 000 feuillets inédits de Céline, dont Guerre et Londres, parus depuis chez Gallimard. Emmanuel Pierrat, avocat de Jean-Pierre Thibaudat, l'homme qui a conservé et décrypté ces feuillets durant 40 ans, raconte les dessous de cet incroyable aventure littéraire.

    Le 5 août 2021, la une du Monde annonce la réapparition de six mille feuillets manuscrits de Louis-Ferdinand Céline que l'on croyait détruits. Ils étaient en possession d'un ancien journaliste de Libération, Jean-Pierre Thibaudat, qui a d'abord contacté, en juin 2020, les deux héritiers de la veuve de l'écrivain, sans lien de parenté avec elle. Cette découverte provoque un immense émoi dans le monde des lettres, en France comme à l'étranger.

    Et les inédits Guerre, Londres et La Volonté du roi Krogold, qui paraissent bientôt chez Gallimard, rencontrent un vif succès.
    Jean-Pierre Thibaudat, menacé de poursuites pour recel, a remis le " trésor " à la police judiciaire, laquelle finira par classer le dossier sans suite. Il ne révélera qu'en août 2022 de qui il tenait ces pages qu'il a passé des années à déchiffrer : travail colossal, pourtant ignoré par les ayants droit.

    Toutefois, nombre d'interrogations subsistent. Céline a-t-il su que ses manuscrits avaient été sauvés ? Pourquoi les centaines de feuillets inédits de Casse-pipe ne sont-ils pas publiés en tant que tels ? Les manuscrits seront-ils un jour accessibles aux chercheurs ? Le procès que veulent intenter les descendants de la fille de Céline – qui avait renoncé à la succession en 1961 – a-t-il une chance d'aboutir ?
    Qu'en est-il, enfin, du " dossier juif " constitué par Céline pour écrire ses pamphlets antisémites ?

    Autant de questions examinées par l'un des principaux protagonistes de l'incroyable " affaire Céline " qui débute en juin 1944, ici racontée dans son intégralité.
  • Guillaume Dezaunay
    2 novembre 2025

    Guillaume Dezaunay, La Justice, réparatrice, restaurative et transformative

    15 min
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  • Guillaume Dezaunay
    26 octobre 2025

    Guillaume Dezaunay, Dieu est Justice sociale

    15 min
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    Nul ne peut servir deux maîtres... Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent » (Mt 6, 24). À travers les nombreuses paraboles des intendants, l'Évangile ne se prive pas de critiquer vigoureusement l'asservissement par l'argent et s'oppose à la propriété comme jouissance exclusive, de même qu'il rejette le pouvoir perçu comme maîtrise d'autrui. Selon le Christ, nos biens et nos statuts ne nous appartiennent pas vraiment mais sont des dons à partager. Notre autorité ne légitime pas notre domination mais oblige au service des autres.

    Dans bien des cas, pourtant, cet enseignement n'est guère accueilli ; pour nombre de chrétiens une foi authentique s'accommode fort bien de privilèges indécents. Comment briser la logique mortifère de l'appropriation et de la privatisation du monde ? S'inspirant des textes évangéliques, Guillaume Dezaunay invite à raviver en nous la soif de justice, à participer à la construction d'un autre régime économique et à déployer une spiritualité de la désappropriation et de la mise en commun. Jusqu'à parler d'un « Christ rouge ».

    Auteur et Professeur agrégé de philosophie, Guillaume Dezaunay enseigne cette discipline dans un lycée à Metz ainsi qu'en maison d'arrêt. Il est l'auteur d'un roman publié en 2018 aux éditions Balland : La mort est un problème à résoudre.
  • Ramutis Petniunas
    19 octobre 2025

    Ramutis Petniūnas, l'âme lituanienne à Metz

    11 min
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    Merci à la traductrice Lituanienne Asat Dambrauskaite, épouse de Philippe Cossalter et co-commissaire d’une exposition sélectionnée parmi cent projets, dans le cadre de la Saison de la Lituanie en France. « J’ai découvert, à Vilnius, cette installation de 250 crucifix lituaniens qu’il fallait absolument montrer. » « En Lituanie, il y a un art de la croix », poursuit Philippe Cossalter. « On les retrouve partout, dans la campagne, dans les maisons… Au XIXe siècle, les Russes ont voulu enlever les traces du catholicisme qui faisaient tache dans un monde orthodoxe et les croix sont devenues, par réaction, un art national. »

    Installée dans l’ancien chœur de la chapelle, l’installation de Ramutis Petniūnas a été le point de départ pour réunir d’autres objets de dévotion religieuse, comme ce Christ pensif qui fut transporté dans une charrette sur l’avenue principale de Vilnius, en 1977, pour recevoir la bénédiction d’un prêtre opposé au régime soviétique. Ramutis Petniūnas a revisité chacune de ces douze sculptures en bois représentant des saints, accompagnées également d’un texte de l’écrivaine Solveiga Masteikaité. 

    À l’étage, douze sculptures en bois réalisées par des créateurs de croix lituaniens, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, ont été revisitées par Ramutis Petniūnas ; ce dernier prenant le soin d’ajouter un petit ourson à une Pietà, une bulle de cristal à l’archange Michel, ou un chariot de supermarché à sainte Madeleine. Dans ce parcours, l’art contemporain trouve aussi toute sa place, avec le retable monumental de l’artiste alsacienne Mina Mond, les deux Madones en textile de l’artiste lituanienne Indra Marcinkeviciene, ou ces figures sculptées de sainte Barbe par les artistes messins Jean-Marie Wunderlich et Philippe Buiatti. Mais c’est dans l’ancien confessionnal qu’on termine, seul(e) sa visite pour entendre « la Prière de la parole juste », prononcée par le poète lituanien Sigitas Geda en 1991, un an après l’indépendance de son pays.

  • Philippe Cossalter
    12 octobre 2025

    Philippe Cossalter, la chapelle Sainte Blandine : un nouveau lieu d'art à Metz

    15 min
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    La Chapelle Sainte-Blandine est la chapelle désacralisée de l’ancien hôpital Sainte-Blandine situé à Metz. Le lieu se destine à présent à la culture, aux arts, à la musique, au théâtre, aux expositions et aux spectacles. Les locaux peuvent aussi être loués pour des évènements privés ou professionnels.

    Philippe Cossalter et Asta Dambrauskaite sont deux professeurs de droit passionnés de culture. Ils ont décidé de prendre en charge la restauration de la Chapelle Sainte-Blandine pour la transformer en lieu d’art au cœur de la ville de Metz. Leurs passions complémentaires pour les arts graphiques en particulier la sculpture et la peinture, pour la musique, la littérature et la poésie, trouvent un nouvel écrin dans la Chapelle.
  • Yann Porte et le Rabbin Gabriel Hagai
    5 octobre 2025

    Le Rabbin Gabriel Hagai, un mystique Juif pour la Paix et la Justice envers les Palestiniens (2/2)

    15 min
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    L'une de mes rencontres les plus marquantes d'un été qui, pourtant, n'en manqua pas s'est déroulé lors du festival anarcho-chrétien des Poussières à Goshen près de Dijon. Le Rabbin (pas si) orthodoxe Gabriel Hagai condamne sans ambiguïté ce qu'il nomme lui-même "la politique génocidaire de l'Etat d'Israël et le sionisme en tant qu'idéologie colonialiste". Ce kabbaliste iconoclaste ne craint pas d'adopter une position ferme et courageuse qui lui vaut d'être persona non grata en Israël. Dans son ouvrage, Itinéraire d'une initiation, il affirme: "Ce n’est pas nous qui attendons le Messie, mais le Messie qui nous attend. Pour répondre a cette attente, seul l’établissement d’un monde de justice et d’amour hatera la rédemption – car la promesse faite au peuple juif possède une valeur universelle".

  • Yann Porte et le Rabbin Gabriel Hagai
    28 septembre 2025

    Le Rabbin Gabriel Hagai, un mystique Juif pour la Paix et la Justice envers les Palestiniens (1/2)

    15 min
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    L'une de mes rencontres les plus marquantes d'un été qui, pourtant, n'en manqua pas s'est déroulé lors du festival anarcho-chrétien des Poussières à Goshen près de Dijon. Le Rabbin (pas si) orthodoxe Gabriel Hagai condamne sans ambiguïté ce qu'il nomme lui-même "la politique génocidaire de l'Etat d'Israël et le sionisme en tant qu'idéologie colonialiste". Ce kabbaliste iconoclaste ne craint pas d'adopter une position ferme et courageuse qui lui vaut d'être persona non grata en Israël. Dans son ouvrage, Itinéraire d'une initiation, il affirme: "Ce n’est pas nous qui attendons le Messie, mais le Messie qui nous attend. Pour répondre à cette attente, seul l’établissement d’un monde de justice et d’amour hatera la rédemption – car la promesse faite au peuple juif possède une valeur universelle".

  • Affiche d'"Akedia, le diable au désert"
    21 septembre 2025

    Le Diable au désert : Théophile Choquet, Jules Meary et Francesco d'Agnello

    15 min
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    D'après Adrien Candiard. Merci à Teresa Padova de m'avoir conseillé cette pièce Carmel de Plappeville 9 mars 2025.

    La pièce écrite par le frère dominicain Adrien Candiard ! « Akedia, le diable au désert » raconte la confrontation entre un moine ermite et le diable. Francesco Agnello met en scène cette pièce de théâtre au sein de laquelle s’oppose la sagesse d’un Père du désert face aux ruses du démon. L'acédie est la mélancolie, la dépression qui peut s'emparer des moines et les faire douter de leur vocation. Cette pièce est une magnifique mise en scène des dangers et de la difficulté du combat spirituel.
  • Yann Porte et Ernst Zürcher
    14 septembre 2025

    Ernst Zürcher, Les arbres, intermédiaires entre visible et invisible

    15 min
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    Ernst Zürcher, né en 1951, est un ingénieur forestier suisse, professeur et chercheur en sciences du bois. Il est l'auteur d'essais dont la particularité est une approche sensible et un intérêt marqué pour les caractéristiques mystérieuses et imperceptibles des arbres.

    Ernst Zürcher a d'abord suivi une formation professionnelle d'ingénieur forestier à l'École polytechnique fédérale de Zurich, avant de soutenir une thèse sur la morphologie des arbres et l'anatomie du bois. Il a enseigné à l'École polytechnique fédérale de Zurich, ainsi qu'à l'École polytechnique fédérale de Lausanne puis à la Haute École spécialisée bernoise dont il devient professeur émérite et chercheur en sciences du bois. Il étudie plus particulièrement les structures temporelles des arbres (chronobiologie) et les influences du milieu sur l'anatomie de leurs bois.


    A la retraite, Ernst Zürcher continue les conférences pour défendre les forêts, pour démontrer son impact sur l'humanité, et sur la santé notamment. Il explique les connexions entre la faune et la flore. Il vulgarise les concepts de bioacoustique et de sylvosphère.

    Scientifique atypique qui lie le pragmatisme à la spiritualité, il est parfois considéré comme un poète.

    Ernst Zürcher met en avant les liens qui selon lui unissent les êtres humains et les arbres, soulignant les bienfaits dont les arbres sont la source. Son approche a suscité le scepticisme de certains de ses confrères, devant cette véritable spiritualité de l'arbre qu'il met en évidence. Il bénéficie aussi du soutien du botaniste Francis Hallé même si le spiritualisme de ce dernier est beaucoup moins marqué.

    Pour Ernst Zürcher, la santé matérielle et spirituelle de l’Humanité est indissociable de celle des forêts. Et en cela, il s'inscrit dans des traditions culturelles et spirituelles animistes ou totémiques très anciennes présentes sur tous les continents.



    Ernst Zürcher explore ainsi au cours de ses recherches les liens qui peuvent unir le nombre d'or et la forme des cônes des conifères, les états de l'eau, et considère la forêt dans son ensemble comme un organisme à part entière, un tout interconnecté. Aussi bien dans ses publications que dans ses interventions publiques, il met souvent en évidence la pertinence de la démarche anthroposophique de Rudolf Steiner basée sur le maintien réciproque des espèces. Tout est un mais pas n'importe comment. Des énergies subtiles circulent pour assurer l'équilibre et l'harmonie de chaque espèces et de chaque individu au sein de la biosphère, du vivant et même de l'univers. Il prône la nécessité de restituer une place sensible aux arbres dans nos vies, y compris et surtout en ville. Il défend l'idée du respect mutuel entre tous les êtres vivants de l'écosystème, à savoir la faune et la flore, pour mieux vivre ensemble. Et la forêt est une véritable source d'inspiration pour y parvenir. Son travail met en évidence que les arbres sont bénéfiques à la santé et que la sylvothérapie est une discipline pertinente issue de traditions ancestrales, notamment japonaises comme le Shinrin-Yoku.

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