JavaScript is required
©RCF NOTRE DAME

Entre Cabarets, Café-concert et Music-Hall

Une émission présentée par Philippe Soler

Philippe Soler nous invite à un voyage entre Cabarets, Café-concerts, Music-hall, entre chansons d’époques, « La Belle époque », chansons divertissantes, grivoises, raffinées, poétiques, prosaïques, amoureuses, désespérées, chansons réalistes, surréalistes. Romances oubliées d’un autre temps ou alors, refrains intemporels à jamais ancrés dans nos mémoires. Et qui dit chansons, dit chanteurs ou chanteuses, à la voix pleine ou éraillée, à la voix qui traine, à la voix qui beugle, à la voix au timbre poignant. A ces moineaux, à ces Piafs, à ces aigles vêtus de noir. Du Chat noir au Cabaret de l’Ecluse, de Montmartre à Saint-Germain-des-Prés, découvront un demi-siècle de chansons, de poésies.

Partager
Flux RSS

Episodes

  • photo philippe soler
    8 août 2026

    De chez Patachou à l'Echelle de Jacob

    59 min
    Pour accéder aux contrôles du player, appuyer sur Alt + p une fois le player ouvert

    A la fin des années 1940, combien de cabarets vont fleurir, de La Rose Rouge au Bateau Ivre, en passant par l’Échelle de Jacob, La Fontaine des Quatre-Saisons. Combien d'artistes vont s'essayer, face à un public attentif, ou pas, mais toujours respectueux, public qui aura ce besoin de découvrir de nouveaux horizons, avec cette conscience d'être face à un immense territoire qui s'ouvre à lui, une nouvelle manière de faire, de dire, de chanter les choses, grâce à l'apparition de ce que l'on appellera, les « auteurs-compositeurs-interprètes ». Une chanson plus engagée, plus directe, aux nombreuses facettes. 

     

    Elle s’appelait Henriette Ragon. Elle ouvrira un salon de thé à Montmartre, au 13 rue du Mont-Cenis. Pour animer ce lieu, elle engagera un accordéoniste et ira jusqu'à pousser la chansonnette, avec un répertoire de titres réalistes, quelques chansons gouailleuses, sans oublier les refrains de salle de garde. La voix est magnifique, avec une gamme d'inflexions passant de la rugosité à la douceur. Patachou était d’une intelligence rare. Dotée d'une grande générosité, elle ouvrira son cabaret aux autres, cabaret qui du reste sera très prisé, durant ces années 1950. Elle adorait découvrir de nouveaux talents. Et ils seront nombreux à débuter chez Patachou, nombreux à lui être redevable.

     

    En ce début des années 1950, la carrière d’un certain Georges Brassens ne décolle pas. Notre chanteur, totalement désespéré, est prêt à tout plaquer. Alors un soir, on tente le tout pour le tout. Brassens est embarqué avec sa guitare, dans la 2CV d'un journaliste de Paris Match, Pierre Galante, direction le cabaret de Patachou. Brassens n’en mène pas large. Mort de peur, il refuse de monter sur le podium, préférant s’installer à la table pour présenter ses chansons. Et là, ce sera le choc. Patachou captera immédiatement l'importance de ce qui est en train de se passer. Non seulement elle comprendra dès les premières notes, qu'elle a à faire à quelqu'un hors du commun, mais elle se projettera. Elle verra l'immense artiste en devenir. Immédiatement, elle lui prendra quelques chansons, et l'invitera à venir chanter, dès le surlendemain, dans son cabaret. Et puis, elle le présentera à Jacques Canetti, directeur artistique de la firme de disques Philips/Polydor. Et grâce à ce coup de pouce, Brassens sera propulsé sur le devant de la scène. Une véritable bombe pour l'époque !

     

    Et puis il y aura « L’Échelle de Jacob » métaphore symbolique pour un cabaret qui a servira de tremplin à de jeunes artistes.

    Une soirée passée, au cabaret de l’Échelle de Jacob, était synonyme de dépaysement. Ambiance feutrée, intimité, le temps était comme suspendu. La maîtresse des lieux, Suzy Lebrun, une ancienne coiffeuse, native de Normandie, personnage haut en couleur, triviale mais attachante, avait un flair, un sens artistique très sûr, pour ce qui est du choix des artistes. Son cabaret ne désemplira pas et sera synonyme de laboratoire, les artistes venant essayer leurs dernières chansons, leurs derniers numéros, face à un public exigeant. Passer dans un cabaret de cette envergure était une épreuve redoutable, l'épreuve de vérité, le face le face avec le public, où la moindre émotion, sensation, frisson, tout comme l'indifférence, se percevait dans le regard de l'autre. Il y avait une proximité avec le public, qui ne laissera aucune chance à la médiocrité.

     

    Chansons entendues au cours de ce voyage :

     

    Patachou

    Domino

    Philips 1960

     

    Patachou

    Les amoureux des bancs publics (Brassens)

    Philips 1954

     

    Georges Brassens

    Hécatombe 

    Philips Récital à la Villa d’Este 21 décembre 1953

     

    Georges Brassens

    La marine (Paul Fort)

    Philips 1953

     

    Patachou

    Les croquants (Brassens)

    Philips Olympia 1955

     

    Patachou

    Parce que (Aznavour) 

    Philips 1954

     

    Charles Aznavour

    Viens pleurer au creux de mon épaule

    Ducretet-Thomson 1955

     

    Yves Montand

    Un gamin de Paris

    Odéon 78 tours 1951

     

    Cora Vaucaire

    Rien à craindre (Prévert)

    Pathé 1965

     

    Cora Vaucaire

    Comme au théâtre 

    Canetti Récital Théâtre de la ville 1973

     

    Michèle Arnaud

    Comme une amourette

    Pathé 1962

     

    Pia Colombo

    La valse à mille temps (Brel)

    Philips 1959

     

    Jacques Brel

    L’air de la bêtise

    Philips 1957

     

    Jacques Brel

    Madeleine

    Barclay Récital Cologne 7 décembre 1963

     

     

     

  • photo philippe soler
    1 août 2026

    Dans les caves de Saint-Germain-des-Prés

    59 min
    Pour accéder aux contrôles du player, appuyer sur Alt + p une fois le player ouvert

    Et si nous partions faire un tour, à travers les rues de Saint-Germain-des-Prés, ce quartier, ou plutôt ce village, qui deviendra à partir de 1945, l'un des plus emblématiques centre intellectuel et artistique européen. 

     

    Dans ces années, Saint-Germain-des-Prés était loin d’être le lieu élégant et touristique que l'on connaît aujourd'hui. C'était un endroit, certes vivant, bruyant, mais ô combien pauvre. Les immeubles étaient noircis par le charbon, et les rues portaient encore, les cicatrices des années de guerre. Autour de l'église, s’agglutinaient des libraires, des maisons d'édition, des cafés, des caves humides, lesquelles avaient servi d'abri durant l'occupation, des caves transformées en Clubs, en Cabarets. 

     

    A la libération, nos poètes vont changer de visage. Ils auront pour nom, Jacques Prévert, Boris Vian, et Saint-Germain-des-Prés deviendra synonyme de liberté. On appellera la chose, existentialisme, une ambiance, plus qu'une philosophie. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir seront porteurs de cette idéologie, prenant leurs quartiers au Café de Flore, entraînant avec eux, une jeunesse avide de changements.

     

    Mais, ce qu'il y aura de marquant dans cette aventure, ce sera la bande son de Saint-Germain-des-Prés, le Jazz. Et pour être plus précis, deux styles de jazz, lesquels vont s'opposer, s'affronter, pour se faire gentiment la guéguerre. Le Be-Bop avec Charlie Parker et Dizzy Gillespie. Le New Orleans avec Claude Luter, accompagné de Monsieur Sidney Bechet.

     

    C'est toute une génération, privée de son adolescence, qui rattrapera le temps perdu, dans les cafés, dans les caves, bravant les interdits, imposés par quatre années de privations, avec deux figures majeures à sa tête, Juliette Gréco et Boris Vian. 

     

     

    Chansons et Titres entendus au cours de ce voyage :

     

    Léo Ferré

    A Saint-Germain-des-Prés

    Chant du Monde 1953

     

    Sidney Bechet

    Petite Fleur

    Vogue 21 janvier 1952

     

    Boris Vian

    Je suis snob

    Philips 1956

     

    Juliette Gréco

    La fourmi

    Philips Olympia 1955

     

    Charlie Parker et Dizzy Gillespie

    Bloomdido

    Verve 6 juin 1950

     

    Rex Stewart et Duke Ellington

    Swing Baby Swing

    RCA 7 juillet 1937

     

    Duke Ellington

    In a sentimental mood

    Capitol

    14 avril 1953

     

    Boris Vian et l’Orchestre du Tabou

    Basin Street Blues

    INA 25 octobre 1947

     

    Bud Powell

    There will never be another you

    RCA 5 octobre 1956

     

    Miles Davis

    Ascenseur pour l’échafaud

    Fontana 1958

     

    Philippe Clay

    Juste le temps de vivre (Poème de Boris Vian)

    Philips 1956

     

    Boris Vian

    La java des bombes atomiques

    Philips 1956

     

    Boris Vian

    Complainte du progrès 

    Philips 1956

     

    Juliette Gréco

    Il n’y a plus d’après 

    Philips 1960

     

    Claude Luter et son Big band

    Tiger Rag

    Verve 1960

     

     

     

     

  • photo philippe soler
    25 juillet 2026

    Les années d'occupation. Prévert et la Rose Rouge

    59 min
    Pour accéder aux contrôles du player, appuyer sur Alt + p une fois le player ouvert

    Pour ce troisième voyage, revivons les années d’occupation. En mai 1940, les Allemands percent la ligne Maginot, donnant le coup d'envoi à une débâcle, qui durera trois semaines. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, à Paris, une certaine France continuera de se divertir. Les cabarets ne désempliront pas, l'Alcazar rouvrira ses portes, et le tour de chant continuera de triompher. Il faut bien distraire le Parisien, il faut bien distraire l'Allemand. 

     

    Maurice Chevalier nous chantera « Paris sera toujours Paris » La chanson française continuera de conjuguer l'amour, ou plutôt, le désespoir sentimental, et nos refrains baigneront dans un climat nostalgique. 

     

    Et puis dans ces années, il sera de bon ton d’être zazou. Les jeunes afficheront une attitude, totalement « je m'en foutiste », insouciants par rapport aux drames qui se jouent, défiants par là même les autorités, qu'elles soient allemandes, ou françaises. 

     

    N’oublions pas le regard du poète, Jacques Prévert. La chanson française est en train de rompre les amarres, avec les refrains de papa. Une nouvelle poésie, une nouvelle manière de dire se met en place, laquelle verra son apogée dans les cabarets « Rive gauche ». Des nouvelles voix, des nouveaux physiques vont apparaître. La jeunesse est à la recherche d'un nouveau style d'expression, et le cabaret de « La Rose rouge » en sera la parfaite illustration. On pouvait y goûter ce mélange de poésie, de théâtre, de mimes, de chansons, la chanson engagée. Léo Ferré, Raymond Queneau, Juliette Gréco, Francis Lemarque, les Frères Jacques. 

     

    Chansons entendues au cours de ce voyage :

     

    Zaz

    Paris sera toujours Paris

    Warner 2014

     

    Charles Trenet

    Que reste-t-il de nos amours

    Columbia 78 tours 1943 

     

    Lucienne Delyle

    Mon amant de Saint Jean

    Columbia 78 tours 1942 

     

    Georges Brassens

    Je suis swing

    Philips 1976

     

    Django Reinhardt et Stéphane Grapelli

    La marseillaise

    Swing 78 tours 1946

     

    Roche et Aznavour

    Le feutre taupé

    Polydor 78 tours 1948

     

    Damia

    Tout fout le camp

    Columbia 78 tours 1939

     

    Les Frères Jacques

    Barbara (Prévert)

    Polydor 1949

     

    Mouloudji

    Les feuilles mortes (Prévert)

    Disc AZ 1970

     

    Les Frères Jacques

    Inventaire (Prévert)

    Polydor 1949

     

    Bourvil

    Pour sur

    Pathé 78 tours 1946

     

    Boris Vian

    Le cinématographe

    Philips 1955

     

    Leo Ferré

    Le piano du pauvre

    Odéon 1954

     

    Raymond Queneau

    Exercices de style

    Yves Robert et les Frères Jacques

    Philips 1954

     

    Juliette Gréco

    Si tu t’imagines (Queneau)

    Philips 1959

     

    Yves Montand

    Toi, tu ne ressembles à personne

    Odéon 78 tours 1952

     

    Les Frères Jacques

    Le général Castagnetas

    Polydor 1954

     

  • photo philippe soler
    18 juillet 2026

    A l'époque du Boeuf sur le toit

    58 min
    Pour accéder aux contrôles du player, appuyer sur Alt + p une fois le player ouvert

    Pour ce deuxième voyage, transportons-nous, dans un lieu ô combien légendaire « Le Bœuf sur le toit » lieu mythique, lieu unique, qui deviendra à partir de 1922, l’adresse incontournable des artistes de l'entre-deux-guerres, tous genres confondus, lieu de rendez-vous de l'intelligentsia, symbole de l'effervescence de ces années folles. Jean Cocteau dira que « Le Bœuf sur le toit » n'aura été ni un bar, ni un restaurant, ni un cabaret mais une halte, un prestigieux amalgame de forces et de merveilles, un de ces saloon où se réunissaient les chercheurs d'or, et l’or dont il parlait, était l’or de l'esprit.

     

    Imaginons réunis au « Bœuf sur le toit » Cocteau, Radiguet, Picasso, Coco Chanel, Brancusi, Marie Laurencin, Max Jacob, Erik Satie, Mistinguett, Maurice Chevalier, Arthur Rubinstein, Charlie Chaplin. Champagne et whisky couleront à flot et on y dansera le Rag-Time, le Fox-Trot, accompagné au piano par Jean Wiener, lequel maîtrisera toutes ces danses, avec la complicité de Clément Doucet.

     

    Et puis il y aura la chanson réaliste. La période de l'entre-deux-guerres est à considérer comme l'âge d'or de ce genre, porté par des voix féminines telles que Berthe Sylva, Eugénie Buffet, Marie Dubas, Fréhel, Lys Gauty, Damia, la Môme Piaf. Mais deux d’entre elles, hanteront la scène du Bœuf sur le toit, avec un charisme à nul autre pareil, Yvonne George et Marianne Oswald. Yvonne George, une artiste, une comédienne de la chanson difficilement classable. Beaucoup trop intelligentsia pour le public du music-hall, où elle se fera siffler. Marianne Oswald qui fascinera autant qu'elle dérange, avec une voix qui ne ressemblera à aucune autre, avec ce parlé-chanté propre au théâtre allemand, influencé par la mouvance expressionniste, style déclamatoire que Schoenberg utilisera dans son Pierrot lunaire. Elle collaborera de près avec Kurt Weill, pour devenir en France sa première ambassadrice.

     

    C’est aux alentours de 1935, qu’un changement d'une importance majeure, va s’opérer dans la chanson française. L'introduction du swing dans nos couplets, et cela grâce à une musicienne du nom de Mireille, une femme qui se fera une place en toute discrétion, mais sans qui, la chanson à venir, la chanson moderne n'aurait pas été ce qu'elle a été. Lui emboitera le pas, un jeune narbonnais, qui saura jouer avec les mots, en les juxtaposant avec des images, celles d'un gris boulanger, celles d'un facteur qui s'envole. Une poésie que Jean Cocteau associera au surréalisme. Aisance rythmique, capacité à jouer avec les temps, à scatter, il sera le premier sur notre sol français, à le faire de cette manière. Il influencera les générations à venir, les Brassens, les Aznavour. Trenet, le premier auteur-compositeur-interprète français, inspiré par cette pulsation nouvelle, par cette extraordinaire joie de vivre. Et Jean Cocteau écrira, qu'avant Charles Trenet tout bégayait, tout trainait et que grâce à lui, désormais, plus rien ne traîne !

     

    Entrée des artistes :

     

    Duke Ellington

    Jubilee Stomp

    RCA 78 tours 26 mars 1928

     

    Darius Milhaud

    Le Bœuf sur le toit 

    Orchestra National de France

    Leonard Bernstein, direction

    EMI 1978

     

    Jean Wiener et Clément Doucet

    Souvenirs du Bœuf sur le toit

    Pathé 78 tours 10 mai 1935

     

    Yvonne George

    J’ai pas su y faire

    Columbia 78 tours 7 juin 1928

     

    Juliette

    J’ai pas su y faire

    Alxandre Tharaud, piano

    Erato 2012

     

    Fréhel

    Ou sont tous mes amants

    Columbia 78 tours 5 décembre 1935

     

    Lys Gauty

    Le chaland qui passe

    Columbia 78 tours 14 juin 1933

     

    Damia

    La mauvaise prière

    Columbia 78 tours 11 juin 1935

     

    Claire Waldoff

    Oh wie praktisch

    Electrola 78 tours 1926

     

    Kurt Weill

    La complainte de Mackie

    Lotte Leynna, chant 

    CBS 1957

     

    Marianne Oswald

    En m’en foutant

    Columbia 78 tours 14 juin 1932

     

    Kurt Weill

    Surabaya Johnny

    Marianne Oswald, chant

    Columbia 78 tours 11 janvier 1933

     

    Kurt Weill

    La complainte de Mackie

    Louis Armstrong, vocal et trompette 

    CBS 1955

     

    Gilles et Julien

    La balade du cordonnier

    Columbia 78 tours 15 janvier 1933

     

    Pills et Tabet

    C’est un jardinier qui boite

    Columbia 78 tours 23 mai 1933

     

    Charles Trenet et Johnny Hess

    Tout est au Duc

    Orchestre dirigé par Fred Adison

    Gramophone 78 tours 18 septembre 1936

     

    Charles Trenet

    En quittant la ville

    Columbia 78 tours 18 janvier 1938

     

    Edith Piaf

    Les mômes de la cloche

    Polydor 78 tours 18 décembre 1935

     

    Edith Piaf

    J’ai dansé avec l’amour

    Polydor 78 tours 27 mai 1941

     

    Django Reinhardt et Alix Combelle

    Les yeux noirs

    Swing 78 tours 19 décembre 1940

     

    Joséphine Baker

    You’re driving me crazy

    Orchestre dirigé par Edmond Matthieu

    Columbia 78 tours 30 juin 1931

     

    Jean Wiener et Clément Doucet

    Chopinata

    Columbia 78 tours 14 décembre 1925

     

     

     

     

     

     

     

  • photo philippe soler
    11 juillet 2026

    A travers les rues de Montmartre, du Chat noir au Lapin agile.

    59 min
    Pour accéder aux contrôles du player, appuyer sur Alt + p une fois le player ouvert

    Pour ce premier voyage, nous déambulerons dans les rues de Montmartre, ce quartier synonyme de bohème, peuplé en ce début de 20ème siècle de personnages hauts en couleur, tels que Picasso, Max Jacob, Erik Satie, Utrillo. 

     

    Au sortir du métro Blanche, nous nous trouvons au pied de la Butte, boulevard de Clichy et là, le Cabaret du Moulin Rouge s’offre à nous. Inauguré en 1889, il deviendra le haut lieu du divertissement populaire parisien. Les soirées y seront festives et une nouvelle danse inspirée du quadrille y prendra ses quartiers, le French cancan. Des artistes comme Jeanne Avril, la Goulue, Ferdinand le Désossé, Yvette Guilbert resteront à jamais ancrés dans l'histoire de ce Moulin Rouge, tous immortalisés par les affiches et les tableaux de Toulouse-Lautrec. 

     

    Et puis nous pousserons la porte d'un cabaret légendaire, haut lieu de rencontres « Le Chat noir ». Fondé par Rodolphe Salis, un ancien élève des beaux-arts, le Chat noir était l'adresse incontournable de la vie de bohème de l'entre deux siècles. Ce beuglant, objet de scandale sera fréquenté par l'élite artistique, littéraire, scientifique, politique de l'époque, venue de l'Europe entière. Les amateurs d'absinthes y seront nombreux, amateurs de facéties avec des ombres chinoises, des silhouettes se profilant aux murs. On y chantera, on y dansera la valse, des valses langoureuses, des valses sentimentales, avec au piano, cela dépendra des soirs, deux jeunes compositeurs du nom d’Erik Satie et de Claude Debussy. La chanteuse étoile du Chat noir, une authentique icône, chérie, idolâtrée, aura pour nom Paulette Darty. 

     

    Tout en haut de Montmartre, à l'angle de la rue des Saules, on trouvera le Lapin agile posé là, tel une étrange petite chaumière, semblable à une maison de Noël, où chacun viendra écouter la chanson de son attendrissement. C'est un peu avant 1900 que Frédé, figure symbolique et incontournable de Montmartre, donnera une impulsion artistique et déterminante, à ce cabaret. Des écrivains, des poètes, des musiciens, des comédiens, des sculpteurs, tous alors inconnus vont se côtoyer, se critiquer, se moquer, s'entraider. Ces inconnus s'appelleront Picasso, Utrillo, Derain, Braque, Modigliani, Apollinaire, Max Jacob, André Salmon, Francis Carco. Et autour de la guitare du père Frédé chacun jouera, chantera, récitera ses refrains, ses quatrains, ses rengaines.

     

    C'est sur cette butte de Montmartre, que va germer la chanson réaliste. Tout commencera avec Aristide Bruant, cet homme imposant, que l'on voit sur les affiches de Toulouse Lautrec, affublé d'un gilet noir, d'une écharpe rouge, d'un large chapeau, sans oublier son bâton. Ce visuel participera à immortaliser l'image du Paris populaire, du Paris bohème, les chansons de Bruant utilisant l'argot Montmartrois. 

     

    Et enfin, on ne pourra quitter ce quartier, sans passer par le Bateau-Lavoir, sans s'arrêter avec un brin de nostalgie devant cette cité d'artistes, qui deviendra à partir de 1904, la résidence des peintres, des poètes parisiens, sans parler de quelques étrangers, dont pas mal d'espagnols du reste. Picasso y prendra ses quartiers. Max Jacob, Utrillo, Matisse seront de la partie, sans oublier l'Apollinaire lequel viendra en voisin se joindre à la bande. Le bateau-lavoir, le lieu de rendez-vous des artistes dans la dèche, dans la misère. Une bâtisse ô combien sinistre, respirant la détresse, l'abandon, sale, branlante, poussiéreuse. Des malles feront office de chaises, on se partagera une paillasse, mais peu importe. C'est l'époque où peintres et poètes, s'enthousiasmeront, s’influenceront tour à tour, et cela n'aura pas de prix.

     

    Chansons entendues au cours de ce voyage :

     

    Barbara

    Le père Noël et la petite fille (Brassens)

    Odéon 1960

     

    Yvette Guilbert

    Le fiacre (Xanroff)

    La Voix de son maître 78 tours 1934

     

    Barbara

    Les amis de Monsieur (Fragson)

    Philips Olympia 1969

     

    Barbara

    Elle vendait des petits gâteaux (Mayol)

    Philips Olympia 1969

     

    Paulette Darty

    Amoureuse

    Polydor 78 tours 1930

     

    Juliette

    Je te veux (Satie)

    Alexandre Tharaud, piano

    Harmonia Mundi 2009

     

    Mistinguett

    Ça c’est Paris

    Odéon 78 tours 1927

     

    Mistinguett

    Mon homme

    Columbia 78 tours 1938

     

    Billie Holiday

    My man

    Oscar Peterson, piano

    Verve 1952

     

    Cora Vaucaire

    Frédé

    Pathé 1953 

     

    Aristide Bruant

    5 minutes chez Bruant

    Odéon 78 tours 1910

     

    Patachou

    Nini peau de chien (Bruant)

    Philips 1958 

     

    Edith Piaf

    L’orgue des amoureux (Carco)

    Columbia 78 tours 1949

     

    Juliette Gréco

    La chanson de Margaret (Mac Orlan)

    Philips 1964

     

    Léo Ferré

    L’esprit de famille

    Chant du monde 78 tours 1950

     

    Claude Nougaro

    Rimes

    Philips 1981

     

    Cora Vaucaire

    La complainte de la butte

    Pathé 1955

     

    Charles Aznavour

    La bohème

    Barclay 1965 

Vous avez parcouru 5 épisodes sur 5

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.