
Dialogue
Mieux comprendre le monde, dans lequel nous sommes invités à vivre en chrétiens, grâce aux travaux des historiens, des sociologues et des artistes ainsi qu’à travers la réflexion philosophique. C'est ce que vous proposent Monserrata Vidal et Sarah Brunel.
Episodes
19 juillet 2026Pour une philosophie de la naissance
Y a-t-il plus matière à étonnement que la naissance, notre naissance ? L'expérience inaugurale de l'humain qui ouvre les yeux sur le monde rejoint l'attitude philosophique par excellence qu'est l'étonnement. Il y a d'innombrables raisons pour un philosophe de se pencher sur la naissance - le rapport au corps, la fragilité, la finitude, le déterminisme, la démocratie, le nationalisme... Et pourtant, ce n'est qu'au cours du XXe siècle, avec Hannah Arendt et Paul Ricœur, que l'on a pensé la naissance.
Que signifie naître ? Nous n’avons aucun souvenir de notre naissance et pourtant elle scelle, irréversiblement, le début de notre vie. Elle nous ancre dans un lieu, une époque, une famille, une religion, une culture : mais exister n’est-ce pas avoir la possibilité de renaître ?
Pour nous aider à poser un regard philosophique sur la naissance, Sarah Brunel reçoit Olivier Abel, philosophe, professeur de philosophie et d'éthique à la Faculté de théologie protestante de Montpellier, spécialiste de Paul Ricœur. Il est l'auteur de l'essai "La naissance - Qu’est-ce que ça change ?" (éd. Labor et Fides, 2024).
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18 juillet 2026Le sport, une pratique corporelle et spirituelle ?
Qu’est-ce que le sport ? Selon le dictionnaire de l’Académie française, le sport est une activité physique en plein air ou en salle "pratiquée dans des conditions données ou selon des règles définies, qui peut donner lieu à des compétitions de tous niveaux". Ainsi on peut pratiquer un sport de compétition ou de loisir, un sport individuel comme le tennis ou un sport collectif comme le football. Si on fait quelque chose pour le sport, on le fait pour le plaisir ou de manière désintéressée mais si on dit, C’est du sport ou Il va y avoir du sport, on insiste sur l’effort à accomplir, voire le combat à affronter.
C’est peut-être le paradoxe de cette activité physique : plaisir et souffrance, mise à l’épreuve du corps et de soi-même, exercice individuel et pratique sociale. Pourquoi pratiquons-nous un sport ? Pourquoi sommes-nous par exemple si nombreux à regarder un match de rugby dans un stade ou sur un écran ? Qu’ est-ce que l’évolution du sport nous apprend sur nous même et sur notre monde ? Bref, peut-on rendre raison du sport et lui redonner tout son sens ?
Sarah Brunel reçoit Jean-Luc Marion, philosophe de renommée internationale, membre de l’Académie française, lauréat du prestigieux prix Ratzinger, penseur de la phénoménologie, de la métaphysique et de la théologie chrétienne, auteur notamment de "La raison du sport" (éd. Grasset, 2026).
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29 juin 2026Stanislas Breton, un des philosophes et théologiens les plus originaux du XXe siècle (2/2)
"Je suis un homme du Moyen Âge romain, né dans un faubourg d’Athènes, sous un arbre de Judée", écrit Stanislas Breton, dans son ouvrage autobiographique "De Rome à Paris" (1992). Cette formule décrit assez bien la façon dont ce prêtre, philosophe et théologien, a fait se rencontrer les cultures et les écoles de pensée. Une audace qui a fait de lui l’un des théologiens les plus originaux du XXe siècle. "Son œuvre, extrêmement originale, arrive à décrire un creuset commun à une multitude de thèmes, de textes, d’auteurs, de traditions, de questions, d’intérêts, qui pourrait donner l’impression d’une œuvre dispersée alors qu’en fait, elle est extrêmement unifiée." C'est ainsi qu'en parle Jérôme de Gramont, philosophe, enseignant à l’Institut catholique de Paris, auteur de "Stanislas Breton - Un portrait philosophico-philosophique" (éd. Cerf, 2023), au micro de Sarah Brunel.
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22 juin 2026Stanislas Breton, un des philosophes et théologiens les plus originaux du XXe siècle (1/2)
"Je suis un homme du Moyen Âge romain, né dans un faubourg d’Athènes, sous un arbre de Judée", écrit Stanislas Breton, dans son ouvrage autobiographique "De Rome à Paris" (1992). Cette formule décrit assez bien la façon dont ce prêtre, philosophe et théologien, a fait se rencontrer les cultures et les écoles de pensée. Une audace qui a fait de lui l’un des théologiens les plus originaux du XXe siècle. "Son œuvre, extrêmement originale, arrive à décrire un creuset commun à une multitude de thèmes, de textes, d’auteurs, de traditions, de questions, d’intérêts, qui pourrait donner l’impression d’une œuvre dispersée alors qu’en fait, elle est extrêmement unifiée." C'est ainsi qu'en parle Jérôme de Gramont, philosophe, enseignant à l’Institut catholique de Paris, auteur de "Stanislas Breton - Un portrait philosophico-philosophique" (éd. Cerf, 2023), au micro de Sarah Brunel.
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15 juin 2026Jean Lasserre, l'ami français de Dietrich Bonhoeffer
Dans un monde où les conflits et les violences sont de plus en plus présents et inquiétants, il est urgent de connaître des grandes figures au service de la paix. Parmi elles, Jean Lasserre (1908-1983). Pasteur de l’Eglise réformée de France, il s’est engagé contre la torture, la peine de mort, l’armement nucléaire ou en faveur de l’objection de conscience. Un aspect de sa vie nous intéresse en particulier : son amitié avec Dietrich Bonhoeffer, résistant au nazisme exécuté le 9 avril 1945 au camp de Flossenbürg. Quel sens donner à cette amitié entre le pasteur français défenseur de la non-violence et le théologien allemand qui va renoncer au pacifisme pour rejoindre la conjuration contre Hitler ?
Sarah Brunel reçoit Frédéric Rognon, pasteur de l’Église protestante unie de France (EPUdF), professeur de philosophie à la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg, directeur de publication de la revue Foi & Vie, auteur de "Jean Lasserre - L’ami non-violent de Dietrich Bonhoeffer" (éd. Ampelos, 2026)
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18 mai 2026L'invention du travail (1/2) Le travail, une malédiction divine ?
Quand pourrons-nous partir à la retraite, cesser enfin de travailler ? Derrière les inquiétudes que soulève la réforme des retraites, à nouveau à l'ordre du jour en France, se trouve une question intemporelle. Pourquoi faut-il travailler ? Les textes les plus anciens sur les origines de l'humanité abordent la question du travail. À la fois malédiction divine et moyen de rédemption, il est aussi, dans le Nouveau Testament, présenté comme un service que se rendent les êtres humains entre eux. Pour en parler, Monserrata Vidal reçoit l'historien Olivier Grenouilleau, auteur de "L’invention du travail" (éd. Cerf, 2022).
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4 mai 2026Comment vivre avec l'absence ?
Toute expérience humaine fondamentale, vécue dans la poésie comme dans la musique, dans l’amour ou la foi, n’est-elle pas traversée par un manque, une nostalgie, une attente qui la creuse et la nourrit, qui la fragilise ou l’intensifie ? Sarah Brunel reçoit Anne-Claire Désesquelles, docteur en philosophie, enseignante en khâgne au lycée du Parc (Lyon) et musicienne. Elle est l'auteure de "L’Absence" (éd. Vrin, 2024).
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"Je cherche Dieu ! Je cherche Dieu !" s’écrit l’insensé du "Gai savoir" de Nietzsche, celui qui s’exclame : "Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! Comment nous consolerons-nous" (trad. Henri Albert). Des mots qui ne cesse de nous interpeller. Que cherche-t-on quand on cherche Dieu ? Croit-on pour être consolé ? Croire en Dieu, est-ce chercher, douter, traverser la certitude ou l’incertitude ? Est-ce être confiant ou inquiet ? Pour parler de la croyance en Dieu, Sarah Brunel reçoit Marion Muller-Colard, théologienne et directrice des éditions Labor et Fides, où elle publie "Croire qu'est-ce que ça change ?" en 2025.
Droits image: Marion Muller-Colard ©éditions Labor et Fides
13 avril 2026La part des femmes 2/2
Des siècles de christianisme ont répandu l'idée étrange que le mal était entré dans le monde par la faute d'une femme. On a ainsi occulté des figures féminines remarquables de la Bible. Sylvaine Landrivon nous invite à revisiter la lecture de l'Ancien et du Nouveau Testament et nous montre qu'au contraire ils ne justifient pas les structures patriarcales de l'Eglise.Droits image: ©RCF
6 avril 2026La part des femmes 1/2
Des siècles de christianisme ont répandu l'idée étrange que le mal était entré dans le monde par la faute d'une femme tandis que des figures majeures de la Bible ont été occultées ou noircies.Quels biais de lecture ont présidé à telles interprétations des Ecritures justifiant ainsi les structures patriarcales de l'Eglise? Sylvaine Landrivon nous montre au contraire que le Nouveau et l'Ancien Testament ivitent au contraire à une pleine égalité entre les femmes et les hommes.Droits image: ©RCF
Un événement, c'est ce qui surgit et que l'on n'attendait pas. Nos vies sont ponctuées par des événements. Certains d'entre eux nous transforment. Parler de la résurrection du Christ comme d’un événement, c’est lui donner un caractère réel. En faire quelque chose destiné à transformer la réalité de nos vies. Explications de Sœur Marie-Aimée Manchon, moniale des Fraternités monastiques de Jérusalem, philosophe et chargée d’enseignement à la Faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris (ICP) et au Collège des Bernardins.
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23 mars 2026La faim, une expérience fondamentale pour comprendre notre incarnation
La faim est une expérience originaire, commune à de nombreux êtres vivants. La faim peut être une épreuve, une souffrance mais aussi une expérience simple et heureuse, condition de nos capacités de renouvellement comme expression de notre finitude. Quelle est la signification de la faim pour nous-même ainsi que pour notre relation aux autres êtres vivants ? En quel sens la faim est-elle une expérience fondamentale pour notre humanité ? Nos savantes constructions théoriques, nos représentations théologiques, nos structures sociales et économiques ne reposeraient-elles pas sur la relation que nous entretenons, d’oubli ou de remémoration, de violence ou de douceur, avec cette donnée originaire, vivante, matricielle, notre incarnation ?
Sarah Brunel reçoit Jérôme Thélot, écrivain et traducteur, professeur émérite de littérature à l’université Lyon 3, et auteur de "L'autorité de la faim. Poétique première" (éd. Manucius, coll. Le marteau sans maître, 2025). Ancien élève et proche du poète Yves Bonnefoy, lecteur de René Girard, Jérôme Thélot propose une poétique qui questionne l’origine de la parole et des affects, ainsi que la représentation de la violence dans l’histoire, en puisant dans la poésie, la peinture, et dans une approche philosophique de la vie inspirée de la pensée de Michel Henry.
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9 mars 2026Un art de vivre en temps de catastrophe, ce qu'en dit Simone Weil 1/2
Droits image: Simone Weil en 1921.
Comment le souffle de la vie, dans sa continuité comme dans sa fragilité, peut-il venir animer la peinture ? Comment la douleur du corps ou la souffrance de l'âme peuvent-elles atteindre un paroxysme et éclater dans un cri, clamant ainsi son caractère injustifiable, inacceptable ? On a parlé de faute, de châtiment, mais que dire si nous sommes sourds à ce cri qui n'est coupable de rien ? Comment l'innocent peut-elle être blessée, abimée, meurtrie, et par quelle voix peut-elle se faire entendre ? La peinture comme la poésie peuvent nous rendre témoin de cette violence injustifiable et souvent réduite au silence.
Sarah Brunel reçoit Jérôme Thélot, écrivain, professeur de littérature à l'université de Lyon, auteur de "La peinture et le cri - De Botticelli à Francis Bacon" (éd. L'Atelier Contemporain), et dont l'œuvre se situe dans une intime résonance avec celle du poète Yves Bonnefoy. Il propose une méditation profonde avec une grande finesse d'analyse, une attention délicate aux œuvres. Il sait les faire parler et former notre regard. Il ouvre aussi une profondeur philosophique sur l'histoire de la peinture.
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9 février 2026Les hérétiques, avec Denis Moreau (2/2)
Pélagianisme, arianisme, adoptianisme, marcionisme, novatianisme, gnosticisme, millénarisme, quiétisme… Parce qu’elles charrient un imaginaire puissant, souvent lié à l’Inquisition ou au passé trouble de l’Église catholique, les hérésies continuent de fasciner. Mais si on s’intéresse en profondeur à ces thèses que la religion chrétienne a condamnées, la perspective est toute autre. Le philosophe catholique Denis Moreau, qui s’y est intéressé de près, considère que l’étude des hérésies l’a fait réfléchir sur sa foi chrétienne. "Les hérésies, ce sont d’excellents aliments pour venir nourrir la réflexion d’un chrétien." Il publie "Tous hérétiques ? Sur l'actualité de quelques débats chrétiens" (éd. Seuil, 2025). Il montre comment certaines hérésies continuent de circuler dans le catholicisme, et d’autres dans la société, en version sécularisée.
Droits image: ©Jean-Matthieu Gautier / Hans Lucas
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