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Xavier de Maupeou, évêque des paysans sans terres au Brésil
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Xavier de Maupeou, évêque des paysans sans terres au Brésil

Un article rédigé par Béatrice Soltner - RCF,  -  Modifié le 1 juillet 2020
Grand Témoin Xavier de Maupeou, évêque des paysans sans terres au Brésil
Parce qu'il a encouragé les paysans du Brésil à vivre une expérience de foi, de libération, au contact de l'Évangile, Dom Xavier de Maupeou a été taxé de communiste. Il raconte son histoire.
RCF / Béatrice Soltner - Mgr Xavier de Maupeou RCF / Béatrice Soltner - Mgr Xavier de Maupeou

C'est le témoignage d’un homme de 80 ans qui a passé sa vie auprès des plus démunis du Brésil. Dom Xavier de Maupeou était un tout jeune prêtre ordonné pour le diocèse du Mans quand il est parti en Amérique latine en 1962. Aujourd'hui retraité, l'évêque émérite du diocèse de Viana vit toujours dans l'archidiocèse métropolitain de São Luís do Maranhão, qui correspond à la région apostolique du "Nord-Est V" (selon la Conférence nationale des évêques du Brésil). Malgré la maladie de Parkinson qui l'atteint, il a publié "Un Français évêque au Brésil questionne son Église" (éd. Karthala, 2017). Et continue à vivre sa vocation d’homme et de prêtre.
 

"J'ai découvert le choix prioritaire des pauvres et en même temps la grandeur de Dieu"

 

de la Jeunesse ouvrière des quartiers pauvres...

Son expérience en Algérie lui a avait inspiré l'idée d'une vie de mission hors de France. Entré au séminaire en 1957, Xavier de Maupeou est ordonné en 1962. Quelques mois après, il est envoyé comme prêtre fidei donum au Brésil. Un monde qui lui était inconnu "mais tellement plein de vie, tellement grand, tellement accueillant" que tout de suite il a ressenti "de l'amour pour ce pays".

Sa mission : évangéliser la jeunesse ouvrière et lancer une Action catholique ouvrière (ACO) dans les quartiers populaires dans l'État du Maranhão. Il se souvient des baraques en bois sur pilotis où vivaient les populations ouvrières, au-dessus des terres marécageuses et polluées. Des quartiers où l'Église n'allait pas. "J'ai commencé à découvrir combien l'Église était loin des préoccupations des gens." Les habitudes du clergé d'alors se résumaient à une pastorale traditionnelle, confesser et dire la messe. Une Église confinée qui lui a fait prendre conscience de la nécessité d'aller à la rencontre des populations.

 

... aux paysans sans terre

Ce que Xavier de Maupeou a découvert au Brésil, à partir de 1968 environ, c'est un système d'évangélisation nommé le desobriga, pour "se désobliger". En d'autres termes : s'acquitter auprès du prêtre en lui versant de l'argent pour les sacrements qu'il venait célébrer de communauté en communauté, à la saison sèche. Aux yeux du Français cela était "insupportable". Avec un autre prêtre, il a entrepris de préparer la prédication avec les paysans. Dans le but de les "aider à réfléchir sur l'Évangile, pour qu'ils puissent forger leur foi, qu'ils aient une foi adulte". Ce qu'on lui a reproché par la suite. "Que les gens prennent conscience, réfléchissent, commencent à dialoguer, aient des réponses, c'était considéré comme une révolte contre le pouvoir établi. Donc on me traitait de communiste."

Mgr Xavier de Maupeou a fait partie de la grande aventure des communautés ecclésiales de base (CEB) qui ont fleuri au sein du peuple des paysans brésiliens, un peuple opprimé dont il a partagé les combats. Pour ces populations souvent spoliées de leur terre, l’Évangile est apparu véritablement comme une bonne nouvelle de libération et de justice. C’est pour cette raison que Mgr Xavier de Maupéou devenu évêque de Viana (dans l'État du Maranhão.) Il a été le coordinateur de la Commission pastorale de la terre (CPT) et dans l'État de Maranhão.

 

Xavier de maupeou ou "le choix prioritaire des pauvres"

Pour comprendre l'homme de foi qu'est Xavier de Maupeou il faut revenir à ses origines. Ses racines, c'est la Bretagne, la Vendée, et "un milieu profondément catholique". Élevé dans le respect et la crainte de Dieu, Xavier de Maupeou est un catholique de l'Ouest de la France, né à Saumur en 1935 et qui a passé toute sa jeunesse à Nantes. Sa famille lui a appris la nécessité du partage et la préoccupation pour les pauvres.

Puis il y eut plus tard la découverte de l'islam qui l'a profondément marquée. Il la doit à son affectation au 4e régiment de Spahis à cheval. Chef de peloton, il avait sous ses ordres des Tunisiens ou des Algériens. À leur contact s'est posée pour lui la question radicale de sa foi et de son identité chrétienne : "Je suis chrétien, qu'est-ce que ça veut dire être chrétien ?" En Algérie, il a aussi rencontré "le monde des pauvres", comme il le nomme. "J'ai découvert le choix prioritaire des pauvres et en même temps la grandeur de Dieu."

 

Émission d'archive diffusée en juin 2017

 

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