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"Voici ton fils. Voici ta mère" (Jn 19, 25-34)
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"Voici ton fils. Voici ta mère" (Jn 19, 25-34)

Un article rédigé par Bernard Devert (50596) - RCF, le 6 juin 2022  -  Modifié le 6 juin 2022
Prière du matin "Voici ton fils. Voici ta mère" (Jn 19, 25-34)

"Voici ton fils. Voici ta mère"

Méditation de l'évangile (Jn 19, 25-34) par le père Bernard Devert

Chant final: "Stabat Mater RV 621 (Stabat Mater Dolorosa)" de Antonio Vivaldi

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
  près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
  Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
« Femme, voici ton fils. »
  Puis il dit au disciple :
« Voici ta mère. »
Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
  Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé,
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
« J’ai soif. »
  Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
  Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
« Tout est accompli. »
Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.
  Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
  Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
  Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
  mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Source : AELF

Méditation Père Bernard Devert

Près de la Croix où se meurt le Fils de l’Homme, se tiennent Marie la vivante, Marie sa sœur, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine. Leur présence signe leur profonde fidélité alors qu’un seul des disciples est là, Jean, le plus jeune.

A mort, à mort, hurlèrent les mêmes qui avaient acclamé le Fils de l’homme. La Croix se révèle paradoxalement l’oasis de la foi dans les déserts piétinés par l’insoutenable légèreté de l’être, épris d’une telle volonté de domination qu’il ne supporte pas qu’elle soit mise à mal par la force de l’amour.

Alors que Le Fils de Dieu sombre sous les coups qui lui sont portés, Il ne porte aucun jugement. Son silence est traversé par la parole du pardon qui éveille un espace infini d’amour. Tout est ouvert, comme en témoignera le bon larron.

Comment ne pas entendre Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».

Ce drame demeure tant l’amour qui grandit la vie est si souvent crucifié.

François d’Assise, qui a si bien compris l’Evangile, nouspartage ces mots si denses : « l’Amour n’est pas aimé ». Comment peut-il l’être de la part de ceux qui veulent posséder, se protéger alors qu’aimer, c’est donner, se donner.

Les bourreaux n’ont pas eu le courage de la désobéissance, mais ils auront au moins reconnu, quand tout fut achevé, qu’ils avaient participé à l’assassinat du Prophète : « oui, vraiment, Il était le Fils de Dieu ».

Dans les ténèbres qu’ils traversaient, il leur fut donné de saisir le déjà-là d’une clarté.

Les scribes, enfermés dans les Ecritures, ont voulu fermer le Livre pour en garder la pleine possession ; ils savaient ! Or la foi ne relève ni d’un savoir ni d’un pouvoir, mais d’une transformation des regards.

Il est de ces relations si constructives d’un avenir que, pour en saisir la portée et l’infini, seule l’intelligence du cœur s’en révèle la clé.

Marie au pied de la Croix, une Mère à qui son Fils demande une nouvelle maternité pour l’offrir à tous les hommes. Voici ton fils, mon frère, et à ce fils, voici ta Mère, notre Mère.

Alors que la Croix apparaissait pour la multitude la destruction de la vie, elle traduit une nouvelle annonciation faite à Marie qui risque, parce qu’elle est existentiellement Mère, ce ‘fiat’ : « Qu’il me soit fait selon la Parole ».

L’Evangéliste nous dit qu’à partir de cette heure-ci, le disciple la prit chez lui.

L’hospitalité n’est-elle pas toujours ce moment où celui qui est reçu et celui qui reçoit se découvrent réciproquement les hôtes ; alors, les différences s’effacent pour laisser place à la fraternité. Tout commence, recommence quand l’espérance fleurit.

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