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« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)

Un article rédigé par Père Joseph Leleu (63141) - RCF, le 19 août 2026 - Modifié le 19 août 2026
Prière du matin« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? » (Mt 20, 1-16)

Méditation par Père Joseph Leuleu

Chant final : "Pulcherrima rosa" de Ian Garbarek & The Hilliard Ensemble

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    « Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
    Il se mit d’accord avec eux
sur le salaire de la journée : un denier,
c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
    Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
    Et à ceux-là, il dit :
“Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.”
    Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
    Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
“Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?”
     Ils lui répondirent :
“Parce que personne ne nous a embauchés.”
Il leur dit :
“Allez à ma vigne, vous aussi.”

    Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
“Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.”
    Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
    Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
    En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
    “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !”
     Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
“Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
    Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
    n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?”
     C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »

Source : AELF

Méditation Père Joseph Leleu

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? »

Cette parabole, et cette phrase du maître du domaine pourraient nous guider lorsque nous prenons le temps, le soir par exemple, de relire notre journée bien remplie.

C’est bien sûr de l’envie qu’il est question dans cette parabole, l’envie qui est un « péché capital ». Saint Thomas d’Aquin enseigne sur ce sujet que « l’envie s’attriste du bien d’autrui ». Assez habilement, ce grand docteur de l’Eglise oppose l’envie à la miséricorde, qui, elle « s’attriste du mal d’autrui ».

Nous comprenons mieux la situation des ouvriers de la première heure, et la cause de leur renvoi. En fait, il n’y aurait pas de mal à s’étonner que tous reçoivent autant, c’est normal que cela nous interroge. Ce qui est mal, en revanche, c’est de s’attrister du bien d’autrui. Cette attitude intérieure ferme le cœur à la miséricorde du maître que nous observons dans sa générosité. Ainsi, les ouvriers de la première heure perdent tout le bénéfice de leur travail.

En effet, le travail à la vigne du maître n’est pas un simple labeur attendant un salaire. Travailler à la vigne du Seigneur nous transforme, œuvrer au règne de Dieu nous transforme, et nous dispose à accueillir plus largement l’amour de Dieu, en particulier au terme de notre vie.

Au fond, le maître donne autant à chacun, mais la capacité du cœur à recevoir dépend du travail fourni pendant la journée. Qui a peu travaillé a peu préparé son cœur à la miséricorde. Comme le dit souvent Thomas d’Aquin : « toute chose est reçue à la mesure de celui qui reçoit. »

Le problème des ouvriers envieux, c’est que par ce dernier acte d’envie, ils gâchent tout le fruit de leur dur et bon labeur.

Mais l’inverse est vrai également, et saint Pierre l’enseigne en sa lettre : « la charité couvre une multitude de péchés. »

Plutôt que de nous attrister du bien d’autrui, travaillons, aujourd’hui encore, à l’œuvre de Dieu, au bien de nos frères et sœurs, et à cultiver la miséricorde à travers toutes nos actions.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Prière du matin
©RCF
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