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Successeur de saint François, Bonaventure a été appelé le docteur séraphique pour la finesse de sa théologie
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Successeur de saint François, Bonaventure a été appelé le docteur séraphique pour la finesse de sa théologie

Un article rédigé par Jean-Luc Moens - 1RCF Belgique, le 1 septembre 2022  -  Modifié le 1 septembre 2022

Successeur de saint François, Bonaventure a été appelé le docteur séraphique pour la finesse de sa théologie.

St Bonaventure St Bonaventure

Histoire

 

Jean de Fidanza, le futur Bonaventure, est né dans la petite ville de Bagnoregio entre 1218 et 1222. On sait peu de choses sur son enfance. Il semble qu’il ait été très malade vers l’âge de 4 ans. Il est guéri miraculeusement suite à un vœu que sa maman fait à saint François qui vient à peine de mourir pour obtenir la guérison de son fils.

 

Etudes et amitiés


En 1236, son père qui est médecin l’envoie étudier à Paris. En 1243, il demande à entrer chez les Franciscains où il prend le nom de frère Bonaventure. Très vite, les supérieurs de Bonaventure le renvoie aux études. Il étudie la théologie avec Alexandre de Hales, grand théologien franciscain, qui a une très grande admiration pour son disciple Bonaventure au point de dire de lui qu’on l’aurait cru préservé du péché originel. 


Frère Bonaventure suit donc ses cours de théologie. Il étudie les grands théologiens de son temps. Il vit au contact des maîtres et des étudiants qui affluent à Paris de toute l'Europe. C’est ainsi que Bonaventure se lie d’amitié avec un autre étudiant, saint Thomas d’Aquin. Ils sont tous les deux, avec le franciscain Dun Scott, parmi les 3 grands théologiens scholastiques du Moyen-âge, tous les trois docteurs de l’Église. Par ces amitiés, ils se soutiennent mutuellement dans une saine émulation pour répondre à l’appel de Dieu. Il est beau de voir dans ce cas-ci un franciscain et un dominicain s’entraider pour devenir des saints !


On raconte que Thomas vient un jour rendre visite à son ami Bonaventure pour lui demander quels sont les livres dans lesquels il puise sa grande science. Bonaventure montre quelques ouvrages, mais son ami reste incrédule. Alors, Bonaventure prend le crucifix qui est sur sa table de travail et dit :

Voilà l’unique source de ma doctrine ; c’est dans ces plaies sacrées que je puise mes lumières !

 

On sait aussi que Bonaventure invoque systématiquement l’Esprit Saint avant de travailler ses cours de théologie, qui par ailleurs, se nourrissent aussi de sa prière fervente. Ceci explique la chaleur, l’onction divine et la compréhension des mystères divins qui marquent l’œuvre de saint Bonaventure et l’ont fait appeler le docteur séraphique.


Pendant ses études, – je cite ici une catéchèse de Benoît XVI – Bonaventure « mûrit sa propre réflexion personnelle et une sensibilité spirituelle de grande valeur qu'au cours des années suivantes, il sut transcrire dans ses œuvres et dans ses sermons, devenant ainsi l'un des théologiens les plus importants de l'histoire de l'Église. » Il est significatif de rappeler le titre de la thèse qu'il défend pour être habilité à l'enseignement de la théologie : c’est Questions sur la connaissance du Christ. Ce sujet montre le rôle central que le Christ joue dans la vie et dans l'enseignement de Bonaventure. BXI affirme que c’est le signe que toute la pensée du docteur séraphique est profondément christocentrique. 

 

Une nouvelle forme de vie consacrée


En 1248, Bonaventure obtient donc sa licence en théologie et il peut enseigner à la Sorbone sur la chair de théologie réservée aux Franciscains. En 1256, il doit quitter son poste à l’université lorsque monte l’opposition du clergé de Paris contre les Ordres mendiants qui sont encore nouveaux dans le paysage de l’Église. Les Franciscains et les Dominicains sont donc chassés. Les deux amis, Bonaventure, le franciscain, et Thomas d’Aquin, le dominicain, doivent quitter l’université. J’ai déjà évoqué précédemment cette opposition que les jeunes Ordres mendiants ont rencontré dans l’Église de leur temps. Aujourd’hui, les Franciscains et les Dominicains sont bien installés dans le paysage ecclésial et on imagine mal ce qui a pu se passer. Mais à l’époque, leur nouveauté pose question : ils vivent de mendicité, ils ne sont plus attachés à un couvent par un vœu de stabilité et sortent dans les rues pour prêcher – toutes choses nouvelles pour l’époque. Il faut aussi reconnaître qu’il y a dans cette opposition des motifs de faiblesse humaine, comme l'envie et la jalousie. Les théologiens établis cherchent à mettre en évidence des obstacles. Par exemple, ils mettent même en doute l’authenticité de la vie consacrée dans les ordres mendiants, la validité de leurs vœux de chasteté, pauvreté et obéissance.

C’est pourquoi Bonaventure écrit une défense de la nouvelle forme de vie consacrée des ordres mendiants intitulée La perfection évangélique. « Dans cet écrit, dit Benoît XVI, il démontre comment les ordres mendiants, spécialement les frères mineurs, en pratiquant les vœux de chasteté et d'obéissance, suivaient les conseils de l'Évangile lui-même. » Permettez-moi de souligner que cette difficulté de reconnaître les nouvelles formes de vie consacrée est récurrente dans l’Église qui est toujours très prudente avant de s’engager. Saint François de Sales et saint Vincent de Paul en ont fait l’expérience avec la fondation des Visitandines et des Filles de la Charité. Je vous en ai déjà parlé dans cette série d’émissions.  Aujourd’hui aussi, la consécration de vie vécue dans les communautés nouvelles n’a pas encore reçu la reconnaissance d’une vraie vie consacrée. Mais ceci est un autre problème. Revenons à saint Bonaventure...

 

Retour à l'université et unité de l'ordre des Franciscains


En 1257, les ordres mendiants sont réintégrés à la Sorbone. Bonaventure peut revenir à l’université. Il y obtient son doctorat en théologie cette même année, comme d’ailleurs son ami Thomas d’Aquin. C’est aussi en 1257 que la vie de Bonaventure change radicalement : il est élu ministre général de l’Ordre des Franciscains. Il se met immédiatement sous la protection de la sainte Vierge pour l’exercice de sa charge. Il a aux alentours de 35 ans. Il se retrouve à la tête d’un grand nombre de frères, entre 30.000 et 35.000 Franciscains répartis dans le monde entier. Le grand défi auquel Bonaventure doit faire face, c’est l’unité de l’ordre. Vous imaginez bien qu’avec un aussi grand nombre de frères, il y avait de grandes différences dans l’interprétation de la règle de saint François, règle qu’il avait écrite pour un nombre restreint de frères.

Pour résoudre ce problème, Bonaventure a fait deux choses.
Tout d’abord, il fait adopter en 1260 au chapitre général de Narbonne un texte législatif qui réglemente la vie quotidienne des frères mineurs. Ensuite, il écrit une vie de François d’Assise qui permet de recueillir le charisme de saint François de la manière la plus authentique possible.

À ce propos, on raconte une anecdote savoureuse, lié à l’amitié de Bonaventure et Thomas d’Aquin. Un jour, Thomas vient rendre visite à son ami Bonaventure. À travers sa porte entr’ouverte, Thomas l’aperçoit en extase, hors de lui-même et élevé de terre, pendant qu’il travaille à la vie de son saint fondateur. Thomas se retire alors discrètement en disant cette parole :

Laissons un saint faire la vie d’un saint.

Missions diplomatiques

Bonaventure, en plus de sa charge de ministre des Franciscains, reçoit différentes missions diplomatiques de la part des papes. En 1267, Bonaventure crée la première confrérie de pénitents, appelée Confrérie du Gonfalon, dont l’objet est l’amour du Christ et la proclamation de la foi catholique. En 1273, Bonaventure est forcé d’accepter l’évêché d’Albano, au sud de Rome. Il est nommé par le pape Grégoire X qui le fait aussi cardinal. On raconte cet épisode amusant : quand les envoyés du pape arrivent dans le couvent de Bonaventure avec le chapeau de cardinal, ils trouvent Bonaventure, le général des Franciscains, en train de faire la vaisselle avec quelques-uns de ses frères ! Bonaventure accroche le fameux chapeau rouge à une branche d’arbre et continue la vaisselle comme si de rien n’était.


Le pape Grégoire X charge aussi Bonaventure de préparer le deuxième concile de Lyon dont un des objectifs est de réconcilier les Églises d’Occident et d’Orient. C’est là qu’il meurt le 14 juillet durant le concile.

 

Bonaventure est canonisé en 1482 par Sixte IV, un pape franciscain, et proclamé docteur de l’Église en 1587 par un autre pape franciscain, le pape Sixte Quint.
 

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