Sœur Catherine Aubin : « La joie, c'est la certitude de n'être jamais seule »
Sœur Catherine Aubin est l'invitée du podcast Portrait sur RCF Notre Dame pour un témoignage d'une grande profondeur spirituelle. Marquée par la perte tragique de sa sœur, la religieuse dominicaine raconte comment elle a transformé sa colère en une foi enracinée. À travers ses livres et son parcours, elle nous invite à redécouvrir la joie chrétienne, non pas comme une absence de douleur, mais comme une présence constante qui nous accompagne au cœur même de nos vulnérabilités.
Basilique Notre-Dame de Lourdes en arrière-planReligieuse au sein de la congrégation des Dominicaines, Sœur Catherine Aubin est une voix reconnue de la spiritualité chrétienne. Docteur en théologie et psychologue de formation, elle a longtemps enseigné à l'Université Pontificale Saint-Thomas-d'Aquin à Rome. Auteure de nombreux ouvrages, elle explore particulièrement la place du corps dans la prière et la figure de la Vierge Marie, transmettant avec passion une foi ancrée dans l'écoute et la consolation.
Deux expériences fondatrices
Le parcours de foi de Catherine Aubin s'est dessiné très tôt dans un "bain familial" catholique pratiquant. Deux moments d'enfance ont scellé sa vocation. D'abord, l'écoute en boucle d'un disque racontant la vie d'une religieuse qui lui fait dire : « Plus tard je serai religieuse ». Ensuite, vers 6 ou 7 ans, lors d'une promenade, elle vit une véritable « explosion de joie » dans la nature. Pour elle, c'est la certitude immédiate de l’existence de Dieu.
Traverser le traumatisme
Mais la vie n'est pas qu'une suite de certitudes. Alors qu'elle est étudiante, un drame vient tout bousculer : sa sœur Élisabeth, 22 ans, meurt dans l'incendie de sa maison. Sœur Catherine se souvient d'une intuition bouleversante juste avant le drame, précisément 24 heures avant, au moment de lui prêter un manteau : « Donne-lui, parce que si jamais elle meurt, tu le regretteras toute ta vie ».
Le choc est immense. Dans sa révolte, elle fait un choix déterminant : « J’ai eu la chance, quand je me suis révoltée contre Dieu, de lui parler à lui et non pas de me révolter avec moi-même ». C’est lors d’un pèlerinage diocésain à Lourdes, en s'occupant des malades aux piscines, qu’elle trouve un « baume de consolation ». Ce lieu de « lavage intérieur » lui permet de cicatriser son deuil et de répondre, peu après ses études, à l'appel de la vie religieuse.
Le sens caché des épreuves
Pour Sœur Catherine Aubin, notre identité ne se construit pas sur nos succès. « Ce ne sont pas nos réussites qui comptent, c’est vraiment le creux de nos vies, le creux où on a pu se réconcilier avec nos faiblesses, les ouvrir, ouvrir nos vulnérabilités ». Elle est convaincue que les moments de vide et d’interrogation sont précisément ceux où l'on retrouve le sens de sa vie.
Dans ses livres, comme "Prier avec Marie" ou "Prier avec son corps", elle rappelle que la joie est une réalité profonde, et non superficielle. En prenant l'exemple de Jésus qui parle de joie juste avant d'être condamné, elle souligne que la joie n'est pas l'absence de souffrance. C'est la « familiarité » et « l’intimité » avec le Christ et les saints. « La joie, c’est cette certitude de n’être jamais seule. Les épreuves ne changent pas, mais on les vit autrement ».


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