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« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce...» (Mt 16, 21-27)

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce...» (Mt 16, 21-27)

Un article rédigé par Père Sébastien Antoni (50468) - RCF, le 30 août 2026 - Modifié le 30 août 2026
Prière du matin« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce...» (Mt 16, 21-27)

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Mt 16, 21-27)

Méditation par le Père Sébastien Antoni

Chant Final : "La Croix seule me suffit" de Hillsong

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus commença à montrer à ses disciples
qu’il lui fallait partir pour Jérusalem,
souffrir beaucoup de la part des anciens,
des grands prêtres et des scribes,
être tué, et le troisième jour ressusciter.
    Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches :
« Dieu t’en garde, Seigneur !
cela ne t’arrivera pas. »
    Mais lui, se retournant, dit à Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tu es pour moi une occasion de chute :
tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

    Alors Jésus dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix
et qu’il me suive.
    Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra,
mais qui perd sa vie à cause de moi
la trouvera.
    Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
si c’est au prix de sa vie ?
Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
    Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges
dans la gloire de son Père ;
alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

Source : AELF

Méditation  Père Sébastien Antoni

« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix, et qu'il me suive. » Je remâche ce verset qui en fit trébucher plus d'un, dont moi-même. J'ai quelques difficultés avec la promotion de l'abnégation. On nous a longtemps prêché l'apologie du sacrifice, et je ne vois pas les chrétiens plus dévoués en ce domaine que mon contemporain lambda. 

Il demeure pourtant un parti pris absolu : une parole d'Évangile est une porte de salut. Elle est donnée pour notre croissance, Dieu luttant avec nous contre ce qui nous menace. Si Jésus m'invite à me renier moi-même et à porter ma croix, c'est donc comme une perspective de joie.

Jésus, d'ailleurs, ne contraint personne. « Si quelqu'un veut... » Il invite, puis il passe devant, sans se retourner pour voir s'il est suivi, parce qu'il ne veut pas douter de notre amour. La liberté reste entière, et nous pourrons manquer notre heure aussi souvent que nous le voudrons.

J'ai toujours compris la croix comme l'aboutissement du récit de la tentation. Au désert, par trois reprises, Jésus renonce à une toute-puissance qui lui aurait épargné la faim comme la mort. Elle lui aurait épargné aussi, à l'autre bout de son ministère, la Croix. Prendre sa croix, c'est renoncer à la toute-puissance. Me renier moi-même s'entend alors comme la condition de la vraie liberté : savoir ce que je suis et ce que je ne suis pas, accepter de participer à une histoire qui ne s'écrit jamais de ma main seule. C'est renoncer à l'illusion d'optique d'un esprit replié sur lui-même et qui s'accorde une importance démesurée. 

Il nous reste à porter notre croix dans la confiance que n'être pas tout, aux yeux de Dieu, ne signifie pas n'être rien. Celui qui s'y risque commence à vivre, en suivant le Maître, une étrange folie qui est la plus douce des sagesses. Il se perd lui-même des yeux, n'ayant de regard que pour Celui qui marche devant. Il perd sa vie en tant que sienne, parce qu'il laisse Dieu libre de la prendre pour en faire une parole ou un silence. Et voilà l'admirable échange : l'homme s'est fait perdant, et il s'est laissé gagner par Dieu.

Ce que le Christ attend de nous, c'est un sillon de bonté creusé au long des jours, un chemin d'amour qui mène à Dieu. Avant même de mobiliser nos forces vives, l'essentiel est de laisser Dieu nous aimer autant qu'il veut nous aimer, lui qui est déjà en nous la source de toute réponse. L'Esprit est là, qui murmure : « Viens vers le Père ! » et qui nous montre chaque jour Jésus marchant sur la route, devant nous, tout près, sans se retourner.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Prière du matin
©RCF
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