« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-36)
« Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-36)<
Médiation par le Père Michel Quesnel
Chant Final : "Northern Lights" de OLA GJEILO
alexandra-seinetÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
Jésus avait nourri la foule dans le désert.
Aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive,
pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées,
il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.
Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre,
elle était battue par les vagues,
car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux
en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples furent bouleversés.
Ils dirent :
« C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole :
« Seigneur, si c’est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit :
« Viens ! »
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur
et, comme il commençait à enfoncer, il cria :
« Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit
et lui dit :
« Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ;
ils firent avertir toute la région,
et on lui amena tous les malades.
Ils le suppliaient de leur laisser seulement
toucher la frange de son manteau,
et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.
Source : AELF
Méditation Père Michel Quesnel
Jésus envoie ses disciples pour qu’ils le précèdent sur l’autre rive. Cela anticipe la situation dans laquelle nous sommes. Nous sommes envoyés. Jésus n’est pas loin de nous, mais il n’est pas visible.
Nous sommes envoyés dans un milieu qui est parfois hostile, comme l’est l’eau du lac de Tibériade quand il fait nuit, que les vagues sont fortes et que le vent est contraire. Conscient de nos difficultés, Jésus peut alors se faire plus proche. Marcher sur les eaux, c’est un privilège divin : « A lui seul il déploie les cieux, il marche sur la crète des vagues », peut-on lire dans le livre de Job (9, 8). Lorsque Jésus se nomme alors que les disciples croient voir un fantôme, il déclare « C’est moi », que l’on peut aussi traduire par « Je suis ». Et, à la fin, les passagers ne s’y trompent pas : « Vraiment, tu es Fils de Dieu. »
Simon Pierre, le premier du groupe des Douze, est le moins glorieux de tous les disciples présents. Matthieu seul rapporte cet épisode. Pierre provoque Jésus en lui demandant de l’appeler à le rejoindre sur les eaux, mais il finit par se laisser gagner par la peur et, au lieu de dominer les eaux tumultueuses, il commence à enfoncer.
Dans cette page d’évangile, Matthieu interroge les disciples, et il interroge l’Eglise. Jésus envoie ses disciples dans un monde hostile ; il peut sembler absent, mais il n’est jamais loin. Et finalement, il monte dans la barque avec eux. Matthieu interroge également l’Eglise en la personne de Pierre. Si elle veut faire comme Dieu, à savoir dominer les eaux et le monde, elle fait fausse route.


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