Sanctuaire du Mont-Saint-Michel : une synergie renforcée entre les différents acteurs pour mieux accueillir les pèlerins
2,8 millions de visiteurs sont venus au Mont-Saint-Michel en 2025, parmi eux de nombreux pèlerins. Comment les différents acteurs du sanctuaire travaillent-ils ensemble pour accueillir au mieux les pèlerins et faire découvrir le message de saint Michel ?
Don Pierre Doat, frère Théophane, Sœur Emilie et François Veldekens se retrouvent régulièrement pour travailler ensemble sur les projets du sanctuaire du Mont-Saint-Michel ©RCF MancheC’est le sanctuaire le plus visité de France. 2,8 millions de visiteurs sont venus au Mont-Saint-Michel en 2025, parmi eux de nombreux pèlerins ou futurs pèlerins. « On estime qu’il y a entre 5 et 10 % des visiteurs qui viennent spécifiquement dans une démarche de pèlerinage. Cela inclut les groupes qui sont de plus en plus nombreux, leur nombre augmentant de 20 % par an depuis trois ans, et les individuels qu’on a plus de mal à quantifier. Certains viennent pour faire du tourisme, mais se retrouvent au confessionnal ou à l’abbaye pour la messe », explique Don Pierre Doat, recteur du sanctuaire depuis trois ans.
Trois communautés pour accueillir les pèlerins au Mont
Pour accueillir les pèlerins et assurer une présence priante sur le Mont, trois communautés cohabitent sur le Mont. Les Fraternités de Jérusalem sont installées depuis 25 ans sur la Merveille. « On a pris le relais des moines bénédictins à l’abbaye. Nous sommes deux communautés, une communauté de frères et une communauté de sœurs. On vit et on prie à l’abbaye », nous détaille Sœur Emilie, prieure des sœurs de Jérusalem au Mont. La communauté Saint-Martin, elle, est arrivée il y cinq ans et prend en charge le rectorat du sanctuaire, au niveau de l’église Saint-Pierre. « L’église Saint-Pierre, qui était autrefois l’église paroissiale du village, est devenue au cours de l’histoire le cœur du sanctuaire, le lieu sur le Mont propre à la dévotion à saint Michel, le lieu où se rendent les pèlerins et les visiteurs pour se tourner vers l’archange », explique Don Pierre Doat. La communauté sacerdotale Saint-Martin s’est également vu confier les paroisses entourant le Mont.
À 6,5 kilomètres du Mont-Saint-Michel, se trouve le prieuré d’Ardevon. « C’est une distance très agréable, car ça permet aux personnes de loger à une distance à pied du Mont », explique François Veldekens, l’intendant du lieu, qui compte 100 lits en dortoir et trois hectares de terrain pour accueillir des tentes jusqu’à 1 000 personnes. « On a accueilli 10 000 personnes en 2025. »
Une synergie renforcée entre les acteurs
Les trois entités disposent de solutions différentes pour accueillir et notamment loger les pèlerins. Le Prieuré est fait pour accueillir des groupes de pèlerins ou des individuels sous tente ou sous un toit. À la Maison du pèlerin, au niveau du rectorat, il y a quelques chambres pour accueillir les pèlerins qui viennent à pied, tandis que les Fraternités disposent de deux hôtelleries de cinq chambres pour accueillir des retraitants sur plusieurs jours. « On a des propositions qui sont différentes, on ne se fait pas concurrence, on se complète », résume Don Pierre Doat. «Régulièrement on se retrouve pour collaborer et travailler ensemble, ça crée un beau dynamisme et un beau témoignage ecclésial aussi», ajoute Frère Théophane, prieur des frères de Jérusalem au Mont. « Tous les jeudis matin, on se retrouve avec les salariés du sanctuaire pour prier l’office à saint Michel, pour pouvoir porter toutes les intentions qui nous sont confiées, et on partage ensuite un café pour apprendre à mieux se connaître et travailler ensemble », explique Sœur Emilie. « En tout, le rectorat et le Prieuré comptent une dizaine d’employés. Ce qui n’est pas beaucoup pour un sanctuaire de cette taille-là », admet Don Pierre Doat, mais le sanctuaire peut heureusement compter sur un grand nombre de bénévoles.
On se retrouve pour collaborer et travailler ensemble, ça crée un beau dynamisme et un beau témoignage ecclésial aussi
Depuis plusieurs années, la collaboration entre les trois entités s’intensifie. « Si certains services sont déjà mutualisés comme l’accueil des groupes, nous travaillons actuellement à créer un site internet commun aux trois réalités pour simplifier la venue des pèlerins. Cela va rendre visible une collaboration qui existe déjà », explique Frère Théophane.
Faire connaître le message du Mont-Saint-Michel
En s’appuyant sur cette nouvelle synergie, le sanctuaire aimerait développer l’accueil de pèlerins locaux. «Dans la région, le Mont-Saint-Michel n'apparaît plus comme un lieu de pèlerinage à cause de la fréquentation touristique qui fait peur. Mais il y a quelques décennies toutes les paroisses du diocèse de Coutances venaient en pèlerinage au Mont. Ça s’est arrêté dans les années 70, 80 à cause de l’afflux touristique. Cependant on a la joie de voir que de plus en plus de groupes du diocèse viennent au sanctuaire : groupes d’aumônerie, jeunes professionnels, rencontre de doyennés», explique Don Pierre Doat désireux de voir revenir plus de paroisses normandes, notamment grâce aux modalités d’accueil du Prieuré d’Ardevon.
Les gens viennent par le biais d’une grande organisation et reviennent ensuite en famille
François Veldekens, intendant du Prieuré, se réjouit du nombre de grands pèlerinages qui s’organisent : «Les gens viennent par le biais d’une grande organisation mais reviennent ensuite en famille car ils ont découvert quelque chose ici, ils ont été touchés par la grâce de saint Michel ». Le Prieuré projette d’accueillir des camps scouts l’été, en récupérant des terrains supplémentaires. Pour attirer les pèlerins, Frère Théophane compte sur l’intérêt grandissant pour les anges dans la société actuelle. « Il y a 20 ans on venait en pèlerinage pour le Mont. Avec le retour de la place des anges, avec les derniers livres publiés Le Roman des Anges, la Stratégie des Anges ( NDLR : écrits par Don Pierre Doat), cela éveille le désir de venir au Mont, non pas seulement pour le Mont, mais aussi pour découvrir les anges, ce qu’ils ont à nous dire de Dieu et de notre place ici-bas. »
La proximité des anges, saint Michel comme le messager de la miséricorde, la prière pour les défunts et aussi la notion même du combat spirituel, ce sont les quatre piliers du message du sanctuaire
Un enjeu partagé par Don Pierre Doat : « L’important, c’est que les gens identifient le message propre de ce sanctuaire. Quelle est la grâce qu’on vient demander ici au Mont-Saint-Michel ? La proximité des anges, saint Michel comme le messager de la miséricorde, la prière pour les défunts et aussi la notion même du combat spirituel, ce sont les quatre piliers du message du sanctuaire. Notre mission en tant que sanctuaire c’est d’abord de vivre nous-mêmes de ce message, c’est pour cela que la présence des Fraternités est vraiment vitale pour le sanctuaire ». Des fraternités qui fêteront cette année leurs 25 ans de présence sur le Mont.
Pèlerinage au Mont-Saint-Michel en 2025
- Du 8 au 10 mai 2026, grand pèlerinage de la France au Mont-Saint-Michel
- Le 8 mai 2026, Saint Michel de Printemps, le pèlerinage des Petits Miquelots
- Pèlerinages des mères de famille du 29 au 31 mai 2026
- Pèlerinage des pères de famille au Mont-Saint-Michel 26 au 28 juin 2026
- Pèlerinage diocésain des grèves le 23 juillet 2026
- Pèlerinage du 15 août jusqu’à Tombelaine
- Le Triduum de saint Michel autour du 29 septembre


Comment l'Église annonce aujourd'hui la bonne nouvelle qu'est l'Évangile du Christ ici en Normandie ? Acteurs paroissiaux, membres de mouvements chrétiens ou bien pôles spirituels à l'image des sanctuaires ou des communautés religieuses, les bonnes volontés sont nombreuses au service de leurs frères et de Dieu.
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