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Saint Antoine de Padoue
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Saint Antoine de Padoue

Un article rédigé par Jean-Luc Moens - 1RCF Belgique, le 14 juin 2022  -  Modifié le 15 juin 2022

Sa sainteté a tellement impressionné ses contemporains qu'il a été canonisé 11 mois après sa mort. Un record !

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Histoire

 

Saint Antoine est né à Lisbonne en 1195. Son prénom de baptême est Ferdinand.


Vers l’âge de 15 ans, il entre au monastère des chanoines de saint Augustin de Saint-Vincent à Lisbonne. Au bout de deux ans, il demande à être transféré au monastère de Sainte Croix de Coimbra, la maison-mère de l’Ordre. Il est ordonné prêtre à l’âge de 25 ans et exerce son ministère dans les églises et paroisses qui dépendent de son monastère.
En 1220, il découvre les Franciscains. Avec la permission de ses supérieurs, il quitte les chanoines de saint Augustin au printemps 1220 et devient franciscain. Il prend le nom d’Antoine. Son rêve est d’évangéliser au Maroc et de mourir martyr. Malheureusement dès son arrivée au Maroc, il tombe gravement malade, il doit rentrer mais une tempête oblige son navire à débarquer en Sicile. Il est accueilli par les frères franciscains de Messine qui l’invitent au chapitre général convoqué par François à Assise à la Pentecôte 1221.


Une fois le chapitre terminé, chacun rentre chez soi et Antoine se retrouve tout seul. Il est finalement envoyé à l’ermitage de Montepaolo, près de Forlì, pour célébrer la messe aux Frères. En septembre 1222, à Forlì, des Frères Franciscains et Dominicains célébraient ensemble des ordinations sacerdotales. Au moment de la conférence, le frère Gardien – c’est ainsi qu’on nomme le supérieur de la communauté franciscaine locale - demande aux Frères Dominicains de prendre la parole, mais ils refusent. Il demande alors au frère Antoine qui accepte après quelque résistance. Tous les frères présents sont alors émerveillés par le talent de frère Antoine et sa connaissance des Écritures. Du coup, le frère Gratien lui confie la charge de la prédication à Rimini et dans toute la région où sévit l’hérésie cathare. C’est ainsi que frère Antoine parcourt les villes et les villages en prêchant.


Lorsqu’en Antoine arrive à Rimini, personne ne veut l’écouter. Les gens ont reçu l’ordre de l’éviter. Les places sont vides. Personne dans les églises. Antoine décide alors d’aller prêcher au bord du fleuve : « Puisque vous prouvez que vous êtes indignes de la parole de Dieu, dit-il, voici, je me tourne vers les poissons pour troubler votre incrédulité. » Et il se mit à prêcher aux poissons la grandeur et la magnificence de Dieu. Chose extraordinaire : pendant son sermon, les poissons affluent, ils sortent la tête de l’eau et suivent avec attention les paroles du saint. La population de Rimini assiste au miracle. Les gens sont sous le choc. Beaucoup de convertissent.
Toujours à Rimini, a lieu un second miracle fameux. C’est le miracle de la mule. L’objet du miracle est l’eucharistie. En effet, l’hérésie cathare ne reconnaît pas l’eucharistie, la présence réelle du Christ dans le pain et le vin consacré. Un homme nommé Bonfillo met Antoine au défi : « Si toi, Antoine, tu peux prouver par un miracle que dans la communion des croyants il y a, si voilé soit-il, le vrai corps du Christ, alors j'abjurerai toute hérésie, et je soumettrai aussitôt à la foi catholique. » Antoine accepte le défi et c’est Bonfillo lui-même qui énonce l’épreuve. Il va faire jeûner sa mule pendant 3 jours. Ensuite, il va l’amener sur la place et la mettre en présence de bon fourrage. Si l’animal refuse la nourriture pour se prosterner devant le Saint Sacrement, il croira et se fera catholique.


Le jour dit, toute la ville est présente. Antoine a jeûné pendant ces trois jours. Il est là avec l’ostensoir et l’hostie consacrée. Il s’adresse à la mule :

En vertu et au nom du Créateur, que moi, aussi indigne que je suis, tiens dans mes mains, je te le dis, animal et je t'ordonne de t'approcher promptement avec humilité et de lui payer la due vénération, afin que les méchants hérétiques apprennent clairement de ce geste que toute créature est soumise à son Créateur.

 

La mule refuse alors le fourrage, et la voilà qui baisse la tête et s'agenouille devant le sacrement du corps du Christ en signe d'adoration. Voyant cela, toute la foule s’agenouille en adoration, y compris Bonfillo qui se convertit selon sa promesse.


Antoine parcourt ainsi les routes de l’Italie du Nord, puis du sud de la France jusqu’à Limoges ranimant les communautés désemparées, confondant les hérésies et ramenant clercs et fidèles à la vérité de l’Évangile. Il a trois atouts qu’il utilise dans ses évangélisations : sa connaissance de la théologie, son art oratoire qui l’a fait appeler « le marteau infatigable des hérétiques » et les miracles qui confirment ses paroles : bilocations, guérisons, faits inexplicables.

 

Antoine fonde plusieurs communautés franciscaines en France. Il est gardien du couvent de Limoges pendant un an jusqu’en 1227. À la mort de saint François en 1226, il est nommé supérieur provincial de Milan et du Nord de l’Italie pour 3 ans. Il décide de s’installer à Padoue d’où il part visiter les différents couvents de sa province.


En 1230, au cours d’un séjour à Padoue, frère Antoine met par écrit tout le matériel qu’il a utilisé pendant ses pérégrinations : ses sermons, les matériaux pour ses prédications… Ce travail lui vaudra le titre de Docteur de l’Église en 1946. On l’appelle le Docteur évangélique. Alors qu’il se repose dans la communauté franciscaine de Camposampiero, il est surpris en conversation avec l’Enfant Jésus Enfant. Découvert, Antoine demande de ne rien dire. Cet épisode explique pourquoi on représente toujours saint Antoine avec l’Enfant Jésus dans ses bras.

 

Mais vous avez certainement une question : pourquoi invoque-t-on saint Antoine de Padoue pour retrouver les objets perdus ?

 

Cette habitude de prier pour retrouver les objets perdus vient d’un épisode de la vie d’Antoine. Un jour, un novice voulant quitter l’Ordre dérobe à Antoine son psautier, annoté de sa main. C’est le livre qu’Antoine utilise pour ses cours d’Écriture sainte. C’est donc une grosse perte. Antoine demande au Seigneur de retrouver son psautier. Le novice, repentant, rapporte alors l’ouvrage. Antoine a retrouvé son objet perdu.


Le 13 juin 1231, un vendredi, Antoine est pris de malaise. On le transporte dans sa communauté de Padoue sur un char à bœufs. En chemin, le convoi s’arrête dans le petit couvent de l’Arcella, aux faubourgs de la ville de Padoue. C’est là qu’Antoine rend son âme à Dieu en disant : « Je vois mon Seigneur ». Il meurt d’épuisement à l’âge d’environ 36 ans.
Il est canonisé 11 mois seulement après sa mort, le 30 mai 1232, un record du monde !

 

La vie de saint Antoine nous montre combien Dieu est maître des événements

 

Antoine voulait mourir martyr au Maroc ? Dieu s’arrange pour le faire revenir en Italie. Antoine voulait vivre caché par humilité ? Son supérieur lui demande une homélie qui change sa vie et en fait un missionnaire itinérant ce qui a été sa vraie vocation.
Nous aussi, interrogeons-nous quand les événements ne se passent pas comme nous l’avions prévu. Peut-être est-ce un signe de Dieu. Dieu a toujours un meilleur plan !


 

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