"Résister aujourd'hui" : que nous disent Spinoza et Teilhard de Chardin ?
Guerres, dérives illibérales, fake news, montée des extrêmes… Le contexte géopolitique actuel rappelle les années 1930. Que signifie résister aujourd'hui ? Spinoza et Teilhard de Chardin nous offrent des clés de lecture étonnamment actuelles.
Résister aujourd'hui : Spinoza, Teilhard de Chardin et les leçons de l'histoire © M e r v e Un contexte qui rappelle les heures sombres de l'histoire
L'invasion de l'Ukraine par la Russie de Poutine, le désengagement américain vis-à-vis de l'Europe, la progression des partis d'extrême droite dans de nombreux pays européens : les signaux d'alarme se multiplient. Difficile de ne pas penser aux années 1930, lorsque les démocraties européennes tardèrent à s'opposer à la montée du nazisme. Les accords de Munich de 1938, symbole d'un renoncement collectif face à Hitler, semblent résonner avec une troublante actualité.
À ces menaces s'ajoutent des formes de conflits inédites : la cyberguerre et la prolifération des fausses informations fragilisent les démocraties de l'intérieur, en manipulant l'opinion publique. Et la xénophobie croissante à l'égard des migrants fait écho, sous une autre forme, à l'antisémitisme de l'ère Vichy.
La résistance : un héritage à réactualiser
En France, la Résistance évoque un idéal incarné par une minorité courageuse, très peu nombreuse en 1940. Mais cette posture héroïque appartient-elle uniquement au passé ? Face aux dérives contemporaines, la question se pose avec une urgence nouvelle : comment résister aujourd'hui ?
Résister ne signifie pas nécessairement prendre les armes. Cela commence peut-être par refuser la désinformation, par maintenir une pensée critique, par ne pas céder à la peur de l'autre.
Ce que nous enseignent Spinoza et Teilhard de Chardin
Deux penseurs, séparés par trois siècles, se rejoignent sur un point fondamental : le souci de l'autre est au cœur de toute résistance véritable.
Pour Spinoza, la puissance d'agir d'un individu ne se développe pas dans l'isolement mais dans la rencontre et la coopération avec autrui. La résistance n'est pas un acte solitaire : elle naît d'une dynamique collective, d'une joie partagée qui augmente notre capacité à agir sur le monde.
Teilhard de Chardin, lui, voyait dans l'évolution de l'humanité une convergence progressive vers plus de conscience et d'unité. Pour lui, résister au repli, à la haine et à la désunion, c'est participer à ce mouvement d'humanisation que rien, pas même la violence de l'histoire, ne peut définitivement interrompre.
Tous deux nous invitent à la même posture : tourner son regard vers l'autre, non par idéalisme naïf, mais comme condition première de toute action résistante efficace.
Résister aujourd'hui : un choix à portée de chacun
À l'heure où les populismes prospèrent sur la peur et le rejet, où les algorithmes favorisent l'entre-soi et la colère, résister prend des formes concrètes et quotidiennes : s'informer rigoureusement, dialoguer avec ceux qui pensent différemment, refuser les raccourcis de la haine, s'engager dans la vie de la cité.
La résistance n'est pas réservée aux héros. Elle commence dans les choix ordinaires de chaque jour.


Associée avec Hilaire Giron, Ancien Président de l'Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin, coproducteur de ces émissions aux côtés de Jean-Philippe Sellès, notre radio a souhaité consacrer une série de chroniques autour de la personne et de la pensée du Père Teilhard de Chardin. Sous forme de chronique individuelle ou d’interviews de personnalités, l’émission est centrée sur l’actualité de la pensée de Teilhard dans le monde interconnecté d’aujourd’hui.




