Prix du livre de la liberté intérieure 2026, la sélection (7/7) : "L'homme qui lisait des livres", de Rachid Benzine
Le prix du livre de la liberté intérieure 2026, organisé par le Jour du Seigneur sur France 2, sera remis le 9 septembre, avec RCF Notre Dame. Parmi les sept ouvrages en sélection, "L’homme qui lisait des livres", de Rachid Benzine aux éditions Julliard.
©Astrid di Crollalanza / éditions Julliard"L’homme qui lisait des livres" est un roman qui a été remarqué à sa sortie parce que Rachid Benzine est un islamologue franco-marocain connu pour son engagement en faveur du dialogue interreligieux et parce que son roman s’inscrit dans l'actualité au Proche-Orient et de Gaza.
Mais l’histoire se passe exactement dans la bande de Gaza. Le héros, Nabil Al Jaber, est certes libraire à Gaza. C'est là qu'il rencontre un photographe de passage à qui il entreprend de raconter son histoire. On découvre donc celle d'une famille et celle de milliers de Palestiniens depuis 1948 - date à laquelle Nabil est né. Sa naissance coïncide avec le début de la Nakba, l’exode palestinien. Nabil a donc grandi dans des camps de réfugiés. Tout cela se passe avant le 7 octobre 2023.
Ce roman nous fait ressentir l’enfermement, avec des descriptions très concrètes de l'étroitesse des ruelles dans les camps de réfugiés, les bonnes odeurs et les puanteurs qui s’entremêlent. C’est la vie quotidienne avec ses cris d’enfants et par endroit, les ruines. Certes, Nabil a connu l’amitié, l'amour, mais il a grandi comme emmuré par un avenir bouché. On ne divulgue rien en disant que l’histoire se finit sur des larmes qu’il faut sécher.
Et les livres, on se demande à quoi ils peuvent servir dans un tel contexte. Mais c'est justement là tout le propos du roman : dire le caractère vital de la lecture. Que ce soit Shakespeare, la Bible, de Primo Levi, ou l’écrivain palestinien Mourid al-Barghouti… Leurs œuvres éveillent une conscience, donne l’envie de se battre, elles font se sentir vivant même lorsque les velléités d’émancipation s’éteignent, ou que l’on passe 20 ans en prison sans voir son enfant grandir.
La lecture est indubitablement présentée comme une expérience de liberté intérieure. Il faut imaginer le libraire Nabil comme sur la couverture du livre : assis devant sa petite échoppe remplie, saturée, de livres. Rien ne dit qu'il existe une telle librairie aujourd’hui à Gaza car ce qui a inspiré Rachid Benzine c’est la photo d’un libraire au Maroc. La dimension réaliste compte peut-être moins que le message : lire nous humanise, nous donne accès au trésor, a-t-on envie d’ajouter, au trésor de notre liberté intérieure.


RCF Notre Dame est partenaire du Prix du livre de la liberté intérieure, organisé par l'émission Le Jour du Seigneur, sur France 2. Tout au long de l'été dans La Matinale, et avant la remise du prix en septembre 2026, Odile Riffaud vous présente les ouvrages en sélection.





