Prix du livre de la liberté intérieure 2026, la sélection (6/7) : "Souffler sur quelques lueurs", de Claude Plettner
"Souffler sur quelques lueurs", de Claude Plettner, est l’un des sept ouvrages de la sélection du prix du livre de la liberté intérieure, organisé par le Jour du Seigneur sur France 2, avec RCF Notre Dame.
©Hélène Chapoulet / éditions Nouvelle CitéCet essai de spiritualité au titre saisissant est signé Claude Plettner, théologienne, laïque engagée, et qui confie "[s']éprouver agnostique par toute une part [d’elle-même], comme tout croyant qui se respecte !" Il sera question d’une quête spirituelle par temps d’épreuve, d'épreuve ultime.
Claude Plettner a voulu partir de la "sensation collective d’étouffement et d’inquiétude dans notre monde mal en point". C’était le point de départ de son travail, quand elle a appris, en cours d’écriture, qu’elle était malade, atteinte d’un cancer. Elle croise donc dans son ouvrage l’expérience collective d’inquiétude, et celle, intime, de la maladie.
Pendant la canicule ou devant les images des incendies cet été, qui n'a pas éprouvé cette sensation d’étouffement ? Et peut-être aussi l'idée de fin du monde. Comme en écho, il est question dans cet essai d'"asphyxie", d’"issue fatale", de "rétrécissement des possibles". De la fin de notre habitat et de la fin, aussi, du grand récit "de la prospérité, de la croissance" - un récit qui "fait système", dénonce la théologienne et qui, donc, étouffe.
Le souffle, c’est vraiment le grand sujet du livre, au sens concret et spirituel. Alors même, que, dans ce contexte, on pourrait croire justement superflu de se préoccuper de spiritualité. C'est ce que Claude Plettner admet, quand elle traverse la maladie : il n'y a "plus d’intériorité possible", quand le corps est "assoiffé, nauséeux, exténué, perclus"... Elle qui, pourtant, connaît bien la Bible, a connu cette souffrance à vous "assécher l’âme".
Et cela ressemble au cri, dans les Psaumes. Les "quelques lueurs" sur lesquelles souffler, ce sont, pour Claude Plettner, les Écritures saintes. Le grand récit qui, lui, précisément, ne fait pas système, ne se présente pas comme une utopie qui enferme - le nom de Dieu, ces quatre consonnes imprononçables, laissent passer le souffle.
Cette même Bible nous dit qu’il y a toujours un commencement. C’est à René Char que Claude Plettner emprunte le titre de son livre, le célèbre poète et résistant qui écrit : "Souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière. Beaux yeux brûlés parachèvent le don" - pour compléter l’aphorisme dans "Rougeur des Matinaux". La sagesse et l’inconfort : il y a l’idée du risque. C’est le moment de jouir de notre liberté intérieure jusqu’à être capable d’entrevoir un recommencement, une bonne nouvelle.


RCF Notre Dame est partenaire du Prix du livre de la liberté intérieure, organisé par l'émission Le Jour du Seigneur, sur France 2. Tout au long de l'été dans La Matinale, et avant la remise du prix en septembre 2026, Odile Riffaud vous présente les ouvrages en sélection.





