Prix du livre de la liberté intérieure 2026, la sélection (4/7) : "Au bon plaisir de Dieu", de Sylvain Detoc
Parmi les ouvrages en sélection pour recevoir le 9e prix du livre de la liberté intérieure, "Au bon plaisir de Dieu - L'Évangile du bien-être", du dominicain Frère Sylvain Detoc (éd. Cerf). Un essai spirituel sur le rapport au corps dans la tradition catholique. Il aborde la question du bien-être des êtres humains comme quelque chose qui est désiré par Dieu.
©éditions du CerfFrère Sylvain Detoc, que l'on a notamment entendu dans Halte Spirituelle, n’en est pas à son premier livre. Le dominicain installe désormais un style : s’emparer avec humour et exigence de sujets centraux de la foi catholique. Dans "La gloire des bons à rien" (2022), il s'agissait de nous libérer d’une certaine culpabilité. Son livre "Déjà brillent les lumières de la fête" (2023), permettait d’en finir avec une approche triste de la religion.
Avec "Au bon plaisir de Dieu", on reste dans cet état d’esprit optimiste. Le titre est inspiré du livre de Jean d’Ormesson - Sylvain Detoc admet que la formule est un peu désuète mais justement il y a là un élément essentiel de la théologie chrétienne, hérité de la Bible, pensé par les Pères de l’Eglise.
Qu'est-ce que "le bon plaisir de Dieu" ?
Le "bon plaisir de Dieu", c’est sa volonté, son dessein bienveillant. Le mot grec du Nouveau Testament, Eudokia, signifie la pure bienveillance comme seule raison de l’agir divin. Sylvain Detoc cite en épigraphe cette prière : "Dans notre corps, Seigneur, nous éprouvons chaque jour les effets de ta tendresse." Et si ce qui faisait plaisir à Dieu, c’était notre bien-être ?
On connaît les thérapies holistiques qui répondent à notre quête contemporaine de bien-être global, corps et esprit. Le livre de Sylvain Detoc nous met dans une même dynamique, ancrée dans la tradition catholique, qui, en fait, accorde une grande importance au bien-être.
Le corps est envisagé comme ce qui nous permet de vivre l’expérience de créature de Dieu. En réalité, le corps est un vaste sujet, lourd d’enjeux. Sans doute mérite-t-il d’être repensé à notre époque, marquée par le mouvement "metoo" ou la crise des abus. Sylvain Detoc entreprend, lui, de revisiter la place du corps dans cet héritage de la religion catholique.
"Dieu s'est fait chair" : le défi toujours actuel de l'incarnation
Le corps en milieu chrétien, renvoie à l’idée d’incarnation. Sylvain Detoc prend au pied de la lettre l’expression "Dieu s’est fait chair". Il se situe dans cette longue réflexion de la théologie qu’on appelle descendante : jusqu’où Jésus s'est-il incarné en homme ? Il ose aborder l’hygiène, la pudeur, le sommeil, les toilettes.
Dieu s’est incarné en homme, Jésus a tout vécu de notre condition humaine : les chrétiens ont beau entendre cela souvent, la tentation n’est jamais loin de vouloir épargner le divin de ce qui est un peu trop humain. Cela a soulevé d’importants débats au cours des siècles. Le propos du dominicain peut résonner aujourd’hui contre une mise en garde devant une exigence de pureté désincarnée.
La liberté intérieure aurait-elle un rapport avec le corps ?
Nous est-il donné de vivre cette liberté de tout notre être si elle est offerte avec la vie chrétienne ? Peut-on l’éprouver même quand le corps est contraint et sans que ce soit une manière de fuir le réel ? Les grands mystiques font l’expérience de Dieu avec tout leur être. Sans doute parce que le corps est autant qui nous limite et ce qui nous porte, lieu d’expérience de petitesse et de finitude mais aussi de joie d’être au monde.


RCF Notre Dame est partenaire du Prix du livre de la liberté intérieure, organisé par l'émission Le Jour du Seigneur, sur France 2. Tout au long de l'été dans La Matinale, et avant la remise du prix en septembre 2026, Odile Riffaud vous présente les ouvrages en sélection.




